« Dans le jeu, je me comparerais à Marco Verratti » / Tennis / Roland-Garros / SOFOOT.com


Méconnu du grand public il y a encore quelques jours, Hugo Gaston a fait vibrer la France entière à Roland-Garros. À tout juste vingt ans, celui qui n’avait jamais remporté le moindre match en Grand Chelem avant le tournoi a notamment éliminé Stan Wawrinka, avant de tomber en cinq sets face à Dominic Thiem, troisième joueur mondial, au bout d’un huitième de finale d’anthologie. Mais derrière le mètre 73 et les amorties assassines du 239e joueur mondial, se cache également une passion pour le football. Plus particulièrement pour le Téfécé, lui le natif de la ville rose.

Salut Hugo ! Alors, comment tu te sens après ta folle semaine à Roland-Garros ?
Je suis très content de ce que j’ai fait. Il y a forcément de la déception par rapport au dernier match, mais je suis vraiment heureux de ma semaine. Si on m’avait dit que j’allais faire un huitième de finale à Roland-Garros avant le tournoi, j’aurais signé direct. C’est une grosse fierté.

Du coup ça y est, j’imagine que tu es reconnu dans la rue et que tu es fréquemment arrêté pour prendre des photos ?
Pour être honnête, pas tout à fait car je ne suis pas vraiment sorti dans la rue. On était vraiment dans une bulle à Paris, entre l’hôtel et les taxis. Là, je vais rentrer chez moi à Toulouse donc on verra, mais ce ne sont pas des choses qui me posent forcément problème. C’est plutôt agréable.

En fait tu vas commencer à vivre le quotidien d’un footballeur ?
C’est un peu ça. (Rires.)

Tu as éliminé Maxime Janvier, Yoshihito Nishioka et Stan Wawrinka, tous des joueurs mieux classés que toi, avant de perdre avec les honneurs face à Dominic Thiem, troisième joueur mondial. En fin de compte, tu as fait un parcours de Coupe de France ?
Exactement, j’étais le petit poucet. (Rires.) Je suis arrivé sur le tournoi pour tout donner et prendre un maximum de plaisir. Je vais maintenant essayer de poursuivre dans cette dynamique. Je sais que j’ai le niveau pour battre de très bons joueurs. Il va simplement falloir rester concentré et performant.

Tu as grandi à Toulouse, une ville dans laquelle le football, mais surtout le rugby, sont rois. Comment en es-tu arrivé au tennis ?
Mon père est président d’un club de tennis. On va dire que ça a simplifié les choses. Quand il partait au club, j’allais à chaque fois avec lui. Je demandais à tout le monde de jouer avec moi. J’avais toujours une raquette entre les mains. Je me suis lancé comme ça.

Malgré tout, tu es un grand fan du TFC. Raconte-nous un peu ton rapport avec les Violets.
De manière générale, j’adore regarder tous les sports, donc que ce soit dans le foot ou le rugby, je suis Toulouse de très près, et ce depuis que je suis tout petit. Dès que je peux, je regarde les matchs. C’est ma ville et les résultats sportifs de nos équipes me tiennent très à cœur.

« Outre l’équipe première, je veux vraiment suivre un peu tout le monde. Par exemple, j’ai été voir les jeunes en Gambardella il y a un an, l’année où ils ont perdu en finale contre Saint-Étienne. »

Tu sillonnes la planète tout au long de l’année sur les tournois. Tu trouves quand même du temps pour aller au stade ?
Je n’y vais pas tous les week-ends, mais j’essaie de le faire au maximum. La dernière fois que j’ai dû y aller, c’était la saison passée, contre Montpellier. Même quand je n’y vais pas, je fais au mieux pour me libérer et au moins regarder les matchs à la télévision. Outre l’équipe première, je veux vraiment suivre un peu tout le monde. Par exemple, je suis allé voir les jeunes en Gambardella il y a un an, l’année où ils ont perdu en finale contre Saint-Étienne. C’est toujours sympa d’avoir une équipe de jeunes qui performe.

Comment tu vis la descente aux enfers du club depuis quelques saisons, marquée par quasiment un an sans victoire et une relégation en Ligue 2 ?
C’est triste. Surtout que j’ai plein de potes qui viennent des quatre coins de la France qui passent leur temps à me chambrer. C’est dommage, mais je sais que le club va tout faire pour rebondir le plus rapidement possible. Après, la Ligue 2 est un championnat qui est très compliqué. Ça ne va pas être évident de remonter en Ligue 1, mais je pense qu’on a les joueurs pour le faire.

« Ce qui est plutôt marrant, c’est que le Téfécé a gagné son premier match depuis presque un an, et du coup, ça m’a donné des idées. »

D’ailleurs, ça fait quoi de réussir ta meilleure performance en carrière au moment même où ton équipe connaît peut-être le pire moment de son histoire ?
Ce qui est plutôt marrant, c’est que le Téfécé a gagné son premier match depuis presque un an, et du coup, ça m’a donné des idées. (Rires.) Plus sérieusement, c’est sûr que onze mois sans gagner un match, c’est dur. L’important était de stopper cette série noire pour repartir sur une autre, plus positive espérons-le.
Tu fais énormément d’amorties sur le terrain. Si tu devais comparer ton jeu au tennis avec celui d’un footballeur, ce serait qui ?
Je dirais Marco Verratti. Il aime bien les petits ballons piqués et faire des petits grigris. Moi, c’est un peu pareil. J’aime beaucoup varier mon jeu.

C’est un joueur que tu apprécies ?
Ouais, vraiment. C’est un super joueur. Dès qu’il a le ballon, il est capable de faire une passe qui peut tout changer et amener un but. Bon, après, il râle beaucoup contre l’arbitre. Moi, avant, je m’énervais beaucoup. J’ai beaucoup travaillé pour me calmer. De toute façon, il n’y a pas de secret : pour y arriver, il faut être calme au niveau mental.

« Sur l’entraînement physique, ça nous arrive aussi de faire un match pour bosser l’endurance. Le foot nous sert dans le tennis. »

Et tu joues un peu au foot pour t’amuser ?
Oui, souvent. J’adore ça. Quand j’ai du temps libre, je joue avec des potes. À l’échauffement, on fait aussi parfois des parties de tennis-ballon. Sur l’entraînement physique, ça nous arrive aussi de faire un match pour bosser l’endurance. Le foot nous sert dans le tennis.

Il y a beaucoup de jeunes joueurs qui percent très tôt dans le foot et sur lesquels on fonde beaucoup d’espoir, avant de se perdre en route. Pour faire un parallèle avec toi dans le tennis, après ton excellent Roland, comment vas-tu faire pour ne pas tomber dans ce piège ?
Évidemment, je vais profiter avec ma famille pendant quelques jours, mais je vais surtout rester tranquille et prendre beaucoup de recul. Dans le tennis, on peut très vite monter, comme très vite descendre. Il faut vraiment que je me concentre sur moi-même et sur ce que je peux contrôler pour continuer à progresser.

Quel va être ton programme sur les prochains jours et les prochaines semaines ?
Je vais me reposer jusqu’à lundi, puis attaquer deux semaines d’entraînement à Toulouse. Je pars ensuite sur des tournois en Allemagne, et j’espère enfin jouer Paris-Bercy début novembre, pour le dernier tournoi de la saison.

Propos recueillis par Félix Barbé





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