« J’ai l’impression d’être déjà en … / Foot féminin / France / Olympique lyonnais / SOFOOT.com


Élue meilleure joueuse de la dernière finale de la C1 féminine, Delphine Cascarino n’a que 23 ans, mais déjà un palmarès long comme le bras. Avant de recevoir Guingamp, ce vendredi soir à 20h45, et tenter d’enchaîner une sixième victoire de rang, la flèche de l’attaque lyonnaise revient sur une année pas comme les autres et discute du futur, en club comme en sélection.


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Une semaine pile, c’est le temps que tes coéquipières et toi avez eu pour souffler entre votre septième victoire en Ligue des champions et la reprise du championnat. Pas trop dur ?
C’est très bizarre, et physiquement parlant, on est un peu plus fatiguées qu’en temps normal. Avec la reprise de la C1 au moins de juin, on a l’impression d’être déjà en décembre et que les vacances de Noël vont arriver. Alors que non en fait, on n’en est qu’à la cinquième journée de championnat et il nous reste encore plein de matchs avant la trêve.
Malgré tout, cela n’a pas eu l’air de trop vous perturber, puisque vous êtes déjà seules en tête de la D1 avec quinze points pris sur quinze possibles et seulement un but encaissé.
On essaie de rester au top malgré les départs de joueuses comme Lucy Bronze à Manchester City, Alex Greenwood à Manchester United ou Shanice van de Sanden à Wolfsburg. En plus de ça, on a encore beaucoup de blessées. Mais ce qui fait notre force avant tout, c’est qu’on a une profondeur de banc suffisante pour les remplacer et c’est ce qui explique qu’on ne se laisse pas arrêter. On l’a vu contre Dijon, une équipe qui nous a posé des problèmes ces deux dernières années, et qu’on vient de battre 2-0. Ça nous rend optimistes pour la suite. À Lyon, on a l’habitude de ne jamais gagner avec la même équipe, je n’ai donc pas d’inquiétudes pour le reste de la saison.

Qu’est-ce qui explique votre constance malgré les changements récurrents que tu évoques ?
C’est l’ossature du groupe. On a des cadres comme Amandine (Henry), Wendie (Renard), Sarah (Bouhaddi), ou Amel (Majri) qui sont là depuis des années et savent bien accueillir les nouvelles. D’un côté, elles n’ont pas le choix que de devoir s’adapter à nous, mais finalement, on remarque que la cellule recrutement fait du bon boulot, car elles finissent toujours par bien s’intégrer dans le plan de jeu du coach.


Ce vendredi, vous recevez Guingamp qui, après une saison honorable, est actuellement relégable. Tout va très vite dans le football, on le sait, mais qui sont les adversaires dont vous vous méfiez particulièrement cette année ?
Déjà, sans hésiter, le PSG. Montpellier aussi, comme d’habitude, même si elles sortent d’une grosse défaite contre Paris justement (4-0, N.D.L.R.). Mais il faudra aussi faire attention à Bordeaux, qui a fait un gros recrutement et réussi à tenir le PSG en échec (0-0, lors de la deuxième journée, N.D.L.R.). Étant donné que ma sœur jumelle Estelle y joue, je connais leurs objectifs et je sais qu’elles ambitionnent au moins la troisième place (désormais qualificative pour la Ligue des champions, N.D.L.R.). Déjà la saison dernière, elles avaient des chances de finir derrière nous, mais le confinement est malheureusement venu les couper dans leur élan, c’est dommage. Après, de manière générale, le niveau des équipes continue de se renforcer, c’est bénéfique pour la compétitivité du championnat.

Rappelons que tu n’as que 23 ans, mais que tu as déjà gagné cinq fois la C1 et été récompensée du trophée de meilleure joueuse de la dernière finale. Tu as l’impression d’avoir franchi un cap cette année ?
Ce prix m’a vraiment honorée, et j’ambitionne d’en gagner encore davantage. Mais ce n’est qu’un début parce que je joue dans la meilleure équipe du monde, il faut donc que je me maintienne au niveau des meilleures joueuses du monde. Pour ce qui est de l’équipe de France, je me considère encore comme une jeune parce que je n’ai « que » 23 ans justement. Les cadres, ce sont les joueuses qui sont là depuis un bon bout de temps et ont beaucoup plus de sélections au compteur. Pour autant, cela ne m’empêche pas de me dire que je peux moi-même devenir un jour une cadre à part entière de cette équipe. Quand je vois qu’Eugénie Le Sommer a récemment battu le record de buts en sélection de Marinette Pichon, je me dis c’est quelque chose que je veux atteindre moi aussi.

En parlant des Bleues, comment vit-on le fait que le prochain Euro a été décalé d’un an ?
Comme une déception, forcément. En tant que pro, on a toujours faim de grandes compétitions, et comme on ne s’est pas qualifiées pour les prochains Jeux olympiques, cela veut dire qu’on va devoir attendre encore plus avant de retrouver la scène internationale. L’avantage, c’est que ça nous laisse un peu plus de temps pour préparer notre prochain rendez-vous. Sur le papier, c’est vrai qu’on a toujours l’une des meilleures équipes, mais maintenant, il faut concrétiser ça sur le terrain au bon moment, puisque jusqu’à présent, on n’a jamais terminé dans les trois premières. Aujourd’hui, notre potentiel doit nous permettre de remporter une médaille. Non, encore mieux : une compétition.

Tu as le sentiment de faire partie de la génération qui va faire démarrer un nouveau cycle à la France ?
Oui, en tout cas, c’est comme ça qu’on l’envisage. Certaines d’entre nous ont remporté des titres en U17, en U19 et en U20, donc on a déjà cette expérience de la gagne, même si c’est en catégories de jeunes. À nous désormais d’en faire vraiment profiter les A, parce qu’un titre, c’est vraiment la seule chose qui nous manque. Il faut encore que l’on développe cette complémentarité entre l’ancienne et la nouvelle génération et une fois qu’on aura trouvé la bonne combinaison, ça ne pourra déboucher que sur du positif.

Pas trop déçue que la suite de votre campagne se joue désormais à huis clos ? Cela pourrait venir casser l’engouement qui s’était développé lors du Mondial 2019.
Évidemment, c’est dommage, mais les restrictions ne sont pas là pour rien. Elles sont là pour la santé des Français et il faudra s’habituer à vivre désormais dans une société plus précautionneuse, mais quand ces mesures seront levées, le public sera quand même au rendez-vous pour venir nous voir. Il prendra juste un peu plus de précautions.

Pour finir sur un autre registre, tu t’es récemment engagée comme ambassadrice du WWF. Ta sœur et toi aviez d’ailleurs défini votre première inscription en club comme un geste « féministe » . À l’heure où les footballeuses sont avant tout considérées comme des sportives professionnelles, c’est important pour toi de t’engager sur d’autres fronts en parallèle ?
C’est sûr ! La génération à laquelle j’appartiens a un rôle à jouer tant pour le futur de l’humanité que pour celui de la femme et de ses droits, parce que la place de la femme dans la société peut et doit encore grandir. Si à mon échelle, je peux jouer un rôle d’ambassadrice, j’en suis très fière, mais je n’oublie pas que c’est grâce aux anciennes générations de joueuses qui se sont battues pour qu’on en arrive là aujourd’hui . En tant que footballeuses, on a plus de visibilité que dans d’autres disciplines, et il faut donc profiter du développement du foot féminin pour faire passer des messages aux jeunes filles et pour l’avenir.

Propos recueillis par Julien Duez





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