à jamais les plumés ? / C1 / Gr. C / Porto-Marseille / SOFOOT.com


Zéro point, zéro but, zéro certitude. C’est en gros à quoi ressemble le tableau de bord marseillais avant d’entamer un match aller-retour décisif contre le FC Porto, club si cher à son coach André Villas-Boas. Et à l’Estadio do Dragão, il faudra éviter la blague de trop.

C’était un après-midi où une ville pouvait encore sortir, flâner, rêver. Mardi dernier, place De Gaulle, pendant que le patron du Studio B Café rafistolait sa tonnelle, une question se posait légitimement : « Vous voulez le soleil ou vous voulez l’ombre ? » . Quelques heures plus tard, après une défaite sèche face à Manchester City, la réponse des Olympiens était claire : ils marcheront à l’ombre. Avec zéro points en deux journées, c’est bien le spectre de faire Fanny, comme en 2013, qui ressurgit. « Ce sont nos deux dernières chances pour rêver d’une qualification. On a l’obligation de faire quelque chose contre Porto sur ces deux matches, calculait André Villas-Boas ce lundi. On doit cela à notre club, à nos supporters, il faut faire quelque chose de différent sur l’état d’esprit, sur l’animation. » Au vu des prestations servies jusqu’ici, il y a de fortes chances que l’horizon ne soit pas moins obscur qu’aujourd’hui.

Au Porto du purgatoire

Et pour cause : après ce déplacement au Portugal (pays dans lequel l’OM n’a jamais gagné en sept voyages) face au FC Porto (club contre l’OM n’a jamais gagné tout court), le club phocéen pourrait égaler un triste record en Ligue des champions et Anderlecht ne serait plus seul face à sa honte. Les Belges avaient concédé douze revers consécutifs sur trois éditions successives, entre le 10 décembre 2003 sur la pelouse du Bayern et le 6 décembre 2005 et une victoire contre le Betis grâce à un but de Vincent Kompany. Et encore, les Mauves ont eu la chance de pouvoir connaître le succès lors de leurs campagnes qualificatives. Voilà ce qui pend au nez des Marseillais, dont le dernier souvenir heureux remonte à février 2012 et une victoire contre l’Inter en huitième de finale aller, grâce à un but tardif d’André Ayew. « On a toujours cette obligation de gagner à cause de la grandeur du club et de son passé, reconnaissait Villas-Boas. On ne veut pas battre ce record négatif. »
Sergio Conceição lui ne veut pas s’arrêter à ces stats. « Nous ne nous faisons pas d’illusions avec les chiffres de Marseille, tempérait l’entraîneur des Dragões, passé par Nantes, qui reste lui sur une défaite à Paços de Ferreira (3-2). Marseille évolue dans un championnat plus compétitif que le nôtre et compte plusieurs internationaux dans son effectif, notamment français. » Qu’aura à lui opposer son compatriote ce mardi soir ? André Villas-Boas pourrait ne pas renouveler l’expérience du 3-5-2, revenir à un 4-3-3 un peu plus classique et faire marcher la concurrence. « Le vrai changement pour l’OM, c’est que maintenant il y a de la compétition dans le groupe » , faisait-il remarquer Avec un groupe au complet, Dimitri Payet et Dario Benedetto pourraient aussi retrouver une place de titulaire, en espérant que leur passage sur le banc aura servi d’électrochoc. Le numéro 10 olympien était présente lundi face à la presse avant « cette dernière chance » et sait qu’il doit maintenant assumer son rôle de leader. « C’est une première pour beaucoup de joueurs, mais il faut que l’on apprenne vite, assurait Payet. On est conscients du fait qu’il faut faire beaucoup plus, c’est une compétition exigeante qui demande qu’on soit tous à notre meilleur niveau. »

Maison de campagne

Pour tenter de se rassurer après le non match face à Manchester City, André Villas-Boas et ses hommes n’ont même pas pu profiter de la réception du RC Lens ce week-end, puisque les rangs artésiens étaient décimés par le Covid-19. C’est donc avec les épaules chargées et les têtes basses que les Marseillais ont débarqué sur les rives du Douro. Dans cette ville, le coach portugais est chez lui. « J’y ai passé ma jeunesse, j’y ai ma famille, il y a mon club de coeur, se réjouissait-il. C’est comme retourner à Marseille pour un Marseillais, ce sont deux villes qui ont du charisme. C’est viscéral, comme attachement. » L’enfant du pays est un socio du FC Porto depuis sa naissance et fût introduit dans le staff dès l’âge de 17 ans par Bobby Robson, séduit pas ce gamin à la curiosité sans limite. Il y occupera plus tard le poste de recruteur, avant de revenir par la grande porte en 2010 pour une saison dorée, terminée avec 84,48% de victoires, un formidable triplé national et l’étiquette du coach devenu à 33 ans et 213 jours le plus jeune à avoir gagné une Coupe d’Europe (la Ligue Europa, en l’occurence). Aujourd’hui, AVB y a toujours ses attaches et se rêve même un destin présidentiel à la tête des Azuis e brancos à moyen terme. Mais malgré la dimension affective de ces retrouvailles, le Special Two a tout intérêt à ressortir grandi de ce double date avec son ex, au risque de voir son agenda subitement libéré pour entamer sa future campagne électorale.

Par Mathieu Rollinger





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