À Rennes, la faim justifie les moyens / France / Rennes / SOFOOT.com


Très actif sur le marché des transferts cet été, le Stade rennais est le club français qui a le plus dépensé sur ce mercato, devant le Paris Saint-Germain, avec environ 70 millions d’euros d’achat. Au moment de découvrir les joies de la Ligue des champions, le club breton s’est donné les moyens de ses ambitions.


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Sur le terrain comme en coulisses, le Stade rennais fait tout doucement son entrée dans une nouvelle dimension. Au lendemain d’une dernière journée de mercato agitée pour les Rouge et Noir, leaders de Ligue 1 pour encore au moins une dizaine de jours, le trio Nicolas Holveck, Florian Maurice et Julien Stéphan s’est présenté devant une petite vingtaine de journalistes, au Roazhon Park, afin de dresser un premier bilan d’un mercato jugé « très long » par l’entraîneur. Mais qui aura permis au SRFC de se donner les moyens de ses ambitions. La preuve par les chiffres : Rennes est le club français qui a le plus dépensé cet été sur le marché des transferts (un peu de plus de 70 millions d’euros), devant le Paris Saint-Germain (environ 60 millions d’euros d’achats). Rien que ça.
« On a aussi beaucoup vendu, a immédiatement tempéré le président Holveck, rappelant notamment le départ inattendu d’Édouard Mendy contre 25 millions d’euros à Chelsea. On est aujourd’hui le sixième budget en France, il ne faut pas se tromper. On remercie l’actionnaire (la famille Pinault, N.D.L.R.) pour les efforts consentis. Il a assumé le risque covid, qui est loin d’être neutre, en nous permettant d’avancer grâce à son soutien et sans avoir à prendre en compte nos pertes sur la billetterie et tout le reste, qui s’estiment quand même entre dix et quinze millions d’euros. » Un confort assumé par la direction rennaise, qui a piloté un mercato suffisamment sexy pour considérer le Stade rennais comme un nouveau candidat sérieux au podium du championnat de France. En attendant la découverte de la Ligue des champions.

Le record Doku

Entre deux grosses averses, Rennes a aussi présenté trois de ses quatre dernières recrues (Rugani, Dalbert et Gomis) aux médias. Un gardien à quinze millions d’euros et deux renforts défensifs (en prêt) venus tout droit de la Serie A. Mais le symbole de cette nouvelle attractivité rennaise, confirmée par les trois joueurs cités, n’était pas présent dans les coursives du Roazhon Park. Son nom, pourtant inconnu du grand public la semaine dernière, suffit déjà à donner quelques frissons aux supporters bretons : Jérémy Doku, attaquant belge de 18 ans, est devenu lundi la recrue la plus chère de l’histoire du Stade rennais en signant un contrat de cinq ans sur les bords de la Vilaine. Un transfert estimé à 26 millions d’euros (sans les bonus), qui devrait soulager Sévérino Lucas, désormais ancien détenteur de ce fameux record.

«  Il a un potentiel incroyable, ce qu’il est capable de faire à cet âge-là… On compte sur lui dans l’immédiat, je pense qu’il est prêt. » Florian Maurice, sous le charme de Jérémy Doku

Et surtout un choix mûrement réfléchi. « C’est un joueur qu’on suit depuis quelque temps déjà, on a passé des heures à le regarder en vidéo sachant qu’on ne peut plus se déplacer en Belgique pour voir des matchs, a déroulé Florian Maurice, l’air satisfait, mais le visage fatigué. On le connaît depuis la saison passée avec la cellule, qui suit aussi de très près le marché belge. Honnêtement, il a un potentiel incroyable, ce qu’il est capable de faire à cet âge-là… On compte sur lui dans l’immédiat, je pense qu’il est prêt. » Un plaisir partagé par Julien Stéphan, bien décidé à « l’intégrer progressivement » à son groupe et conscient que le joueur allait devoir « digérer » ce transfert. « Il a des caractéristiques assez incroyables en un contre un, il a des qualités de vitesse, d’élimination, mais il ne sait pas faire que ça, a insisté le technicien breton. C’est aussi un joueur qui peut s’inscrire dans un jeu collectif et combiner avec les autres. En tout cas, c’est un profil qui nous manquait dans l’effectif. » Seulement, un mercato n’est jamais parfait.

L’énigme Raphinha

Si le Stade rennais aura plutôt réussi à mener sa barque intelligemment ces trois derniers mois, en bouclant des recrues connaissant la Ligue 1 (Terrier, Aguerd, Guirassy) ainsi qu’en parvenant à conserver une majorité des cadres de l’effectif, contrairement à l’été dernier, il aura eu le droit à un départ inattendu de dernière minute. Celui de Raphinha, pourtant titulaire et buteur dimanche contre Reims, parti en vitesse à Leeds dans les dernières heures du mercato contre un chèque de 17 millions d’euros (plus 6 millions de bonus). « On a essayé de le retenir jusqu’au dernier moment, mais son choix était d’aller en Premier League, on n’a pas souhaité s’y opposer, a indiqué Florian Maurice pour répondre à l’incompréhension générale. Pour faire un deal, il faut que les trois parties soient d’accord, c’était le cas. Il n’y a pas de manques, il a été remplacé par Doku et il ne faut pas oublier qu’il y a des jeunes derrière. »

« Aujourd’hui, on insiste sur l’état d’esprit des joueurs. On veut qu’ils soient concentrés sur le projet du Stade rennais. » Nicolas Holveck pour expliquer le départ de Raphinha

Un avis évidemment partagé par Holveck : « Conserver un joueur contre son gré, ce n’est pas forcément une bonne idée et on l’a tous vécu ici. Aujourd’hui, on insiste sur l’état d’esprit des joueurs qui nous ont rejoint et qui sont là. On veut des joueurs concentrés sur le projet du Stade rennais et qui veulent uniquement jouer pour ce club. » Une façon de tourner la page et de mettre la poussière sous le tapis pour la direction des Rouge et Noir, qui a également assuré pouvoir faire une plus-value avec les bonus inclus dans le transfert du Brésilien, qui avait été acheté pour environ 23 millions d’euros un an plus tôt. Et qui devra trouver une solution pour M’Baye Niang – qui pourrait être prêté à Saint-Étienne comme joker – et Clément Grenier, deux joueurs aux salaires importants qui n’ont pas trouvé de point de chute. Les comptes attendront, il faut désormais se tourner vers la suite d’une saison aussi excitante qu’importante.

Les premières pierres du triumvirat

En attendant de voir les résultats sportifs, en Ligue 1 comme en Ligue des champions, le triumvirat rennais a pu prendre ses marques ces six derniers mois. Comme à chaque conférence de presse cet été, le trio Holveck, Maurice, Stéphan est apparu serein, convaincant et surtout soudé au moment d’évoquer ces longues semaines de travail en commun. « Je suis très satisfait de la manière dont on a fonctionné à trois sur notre premier mercato. C’est une belle satisfaction. Comme je l’ai dit en arrivant, je suis quelqu’un qui est dans le partage, s’est réjoui Florian Maurice. On sent que le club grandit de manière constante depuis plusieurs années, on sent cette attractivité. » De quoi retrouver un peu de calme en interne, en tout cas pour l’instant, après les tensions assumées entre Olivier Létang, l’ancien président rennais limogé en février, et l’entraîneur Julien Stéphan. Rennes s’est donné les moyens de rester en haut de l’affiche, il reste au coach rennais à trouver la bonne formule pour que cela se traduise sur le terrain. « On continue sur l’objectif de vouloir se battre pour les cinq premières places, être européens, a déroulé le président Holveck, sans parler de podium ou d’ambitions démesurées. Il ne faut pas se voir trop beaux. On a seulement joué six matchs, ce n’est pas grand-chose. On sait qu’on va être à la lutte avec des équipes comme Lyon, Marseille, qui vont revenir et qui ont des effectifs importants. On veut se mêler à cette bagarre avec beaucoup d’ambitions, mais aussi pour asseoir le projet pour les années à venir. » Qu’on se le dise, le Stade rennais n’a plus envie de faire rire.

Par Clément Gavard, à Rennes
Tous propos recueillis par CG





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