C’est quoi ce score de 39-0 en Coupe d’Essonne U16 ? / SOFOOT.com


Dimanche après-midi, 13h, le premier tour de la Coupe d’Essonne U16 vient de débuter au Stade des prés basques entre l’Entente sportive du plateau de Saclay (D4) et Sainte-Geneviève Sports (D1). Déséquilibrée sur le papier, la rencontre va rapidement tourner à la démonstration. Après quinze minutes de jeu, le tableau d’affichage est sans appel : 0-10 pour Sainte-Geneviève. Les jeunes du SGS, entraînés par Charaf, leur éducateur, finiront par l’emporter 0-39. Explications.

« Cette gifle va plus nous apporter qu’autre chose. Il faut que mes garçons se servent de ce match comme un exemple. » Éducateur de Saclay, Jessy tente de regarder vers l’avant. Il faut dire que la défaite, et surtout le score, sont durs à accepter. 39-0. Une correction. Amputé de ses deux U16, dont le gardien, le club de la ville de Saclay n’était, à vrai dire, pas dans les meilleures dispositions avant cette rencontre. « On n’était que 11 pile, souffle Jessy. J’ai fait monter trois U14 pour qu’ils nous renforcent, on rafistole comme on peut… Au cours du match, on a changé quatre fois de gardien » .

Objectif 40

Déjà en difficulté en Division 4, l’ESPS n’a, en plus, pas été gâtée au tirage du premier tour de la Coupe d’Essonne. Ils sont en effet tombés sur Sainte-Geneviève, le leader de la Division 1. « Quand on a vu le tirage, on a hésité à envoyer l’équipe 1 ou l’équipe 2, reconnaît Charaf, l’éducateur génovéfains. Puis on s’est dit qu’il ne fallait pas manquer de respect à l’adversaire. On savait d’emblée qu’ils étaient largement à notre portée. »

Le coach des U16 a vu juste. Dès les premières minutes, les buts s’enchaînent. Son équipe surdomine le début de rencontre, et les joueurs de Saclay ne voient littéralement pas le jour. C’est tout sauf dû au hasard. Dès l’annonce du tirage et après quelques recherches sur les résultats du club du sud-ouest de Paris sur Google, Charaf a voulu rendre le match attrayant pour ses joueurs : « C’était un match à objectifs. On aime mettre une carotte pour les transcender. Le défi, c’était de mettre 40 buts et que derrière on les récompense avec une soirée pizzas. » Durant deux semaines, à l’entraînement, les Franciliens ont enchaîné les exercices sur l’aspect offensif et la finition, notamment la manière d’attaquer les espaces libres et la passe qui crée le déséquilibre pour ensuite trouver le coéquipier démarqué entre les lignes.


Le résultat est probant, et ce constat laisse un goût amer à Daniel Blouet, le président du club défait, pour qui il n’était pas utile de faire rencontrer deux équipes si différentes à tous points de vue. Un avis que partage à moitié Jessy : « Certes, il y a la Covid-19, mais j’en veux au district d’avoir mélangé toutes les divisions dès le premier tour. Ils auraient pu faire Division 3 – Division 4 et ainsi de suite comme en Coupe de France, pointe l’éducateur de l’ESPS avant de relativiser. Pour les parents, un match comme ça ne sert à rien. De mon point de vue, je pense qu’il a tout de même remis les pieds sur terre à quelques-uns. J’avais préparé mes joueurs, ils savaient que ça allait être dur. »

Un terrain en terre battue comme on les aime et les U16 de l’Entente Sportive du Plateau de Saclay.

Des buts, mais du respect

À la mi-temps, le score est de 0-21. « J’ai dit à mes joueurs que c’était très bien, qu’ils réalisaient une grosse performance, mais que l’objectif était de continuer à être plus tueur, notamment pour préparer le match suivant qui sera bien plus compliqué » , relate Charaf. Le son de cloche est forcément tout autre pour l’entraîneur de Saclay : « Ce que j’ai dit à mes gars ? Simplement que l’on ne déclarerait pas forfait, que l’on n’était pas des personnes qui abandonnaient. Qu’il fallait qu’on donne le maximum jusqu’au bout, quel que soit le nombre de buts qui termineraient au fond de nos filets. »

Toujours en mode rouleau compresseur, les jeunes Franciliens bluffent leur monde. À chaque but inscrit, les enfants génovéfains foncent dans les cages pour récupérer le cuir et jouer. Toujours à 11 contre 11, le match suit son cours dans le respect des règles. Oubliez les sombreros et les petits ponts : Sainte-Geneviève veut faire les choses bien. C’est en tout cas ce que confirme le coach adverse : « C’était une bonne rencontre, l’équipe adverse pratiquait un beau football tout en étant respectueux. » Le respect, c’est une valeur fondamentale que Charaf essaye d’inculquer à ses jeunes : « Mes joueurs ont respecté la consigne jusqu’au bout. Certains prennent le score comme de l’insolence, mais au contraire. Les mecs ont compris que pour honorer les adversaires il fallait marquer le plus de buts possible. »

Moqueries sur les réseaux sociaux

Le coup de sifflet final retentit : 0-39, soit quasiment un but toutes les deux ou trois minutes. Sainte-Geneviève Sports accède ainsi au deuxième tour de la Coupe d’Essonne, tandis que l’Entente sportive du plateau de Saclay sort par la petite porte. Aussi bizarre que cela puisse paraître, avec un peu de second degré, pas de larmes à la fin de la rencontre. « Finalement, je n’en garde pas un mauvais souvenir. Ils visaient les 40 buts, ils ne les ont pas atteints, c’est notre petite victoire, plaisante l’éducateur de Saclay. À la sortie des vestiaires, mes joueurs n’étaient pas si dégoûtés, leurs maillots étaient sales. Je suis fier d’eux, car ils n’ont pas abandonné. » Même élan de fierté pour l’entraîneur du SGS pour qui l’application et l’exigence de ses joueurs a été sans faille sur ce match : « À la fin, certains ont commencé à bouder parce qu’on n’avait pas mis 0-40, c’est là où je me suis dit que mon plan avait fonctionné. Ce qui est génial, c’est qu’on a réalisé un objectif qui, in fine, a soudé le groupe. C’est peut-être le point de départ d’un très bon début de saison. »
Les choses ont en revanche été un peu plus compliquées dans les heures et les jours qui ont suivi, notamment sur les réseaux sociaux. Dès la publication du score par Sainte-Geneviève sur son Twitter, la toile s’est emparée de ce score fleuve, et les commentaires farceurs ont fusé. Une exposition compliquée puisque des joueurs de Saclay ont même reçu des messages privés plus que limites : « Les publications de pages Facebook ont été dures. Certains de mes enfants ont reçu des moqueries, des commentaires pas cools. Ce ne sont que des gamins de 15 ans, il faut se calmer » , rappelle Jessy. « Si ça ne tenait qu’à moi, on n’aurait même pas affiché le score du match sur Twitter. Peu importe l’avis des gens sur Internet, il ne va pas falloir être démoralisé, encourage Charaf, l’éducateur adverse. Dans deux semaines, ce sont peut-être eux qui gagneront 15-0. »

Par Thomas Morlec
Propos recueillis par Thomas Morlec





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