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En octobre 2014, John Guidetti et Layvin Kurzawa étaient des espoirs pleins d’insouciance et d’insolence. Si le premier avait eu raison du second sur le terrain et dans l’art du chambrage, les deux regarderont leur sélection à la télévision ce samedi et laissent paraître, malgré des carrières aux antipodes, un sentiment d’échec.


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Aux soldats égarés, la patrie n’est pas toujours reconnaissante. Alors que la France et la Suède se retrouveront ce samedi en Ligue des nations pour un match qui – personne n’est dupe – sera ennuyant comme une rentrée de septembre et ennuyant comme un France-Suède, les deux sélectionneurs ont annihilé tout espoir d’un retour au divertissement sans retenue. Car il y a bien eu deux hommes qui, un jour, ont su dépasser leurs fonctions pour offrir des émotions lors d’un Suède-France et exacerber ce qui fait toute la grandeur et la bassesse du footballeur : cette envie irrépressible de boire les larmes de son adversaire avant même qu’il n’ait versé tout son sang. C’était il y a six ans, au temps de tous les espoirs pour de grands gamins, lors de barrages qualificatifs pour un Euro U21 dont pas grand-monde au-delà de ses acteurs ne doit se rappeler le contenu et l’issue – une victoire de la… Suède. Comme personne ne se souvient d’un tournoi départemental à part celui qui chérit comme au premier jour sa médaille lorsqu’il la retrouve au fond d’une boîte à chaussures.

Du toit de l’Europe à la D2 allemande


Samedi soir, Layvin Kurzawa et John Guidetti ne chausseront donc pas leurs crampons, n’auront pas l’opportunité de rééditer leur salut militaire le sourire aux lèvres, ni même d’échanger un regard qui leur aurait rappelé tout le bonheur qu’ils ont eu un jour à être des espoirs. Et il y a quelque chose de triste à cela. Layvin Kurzawa s’imaginait-il un jour disputer une finale de Ligue des champions ? Sans doute, comme n’importe quel gamin. Mais, même en ayant été – légitimement – considéré à un moment comme le meilleur latéral gauche français, la probabilité qu’il y arrive était infime. La probabilité qu’il ne soit pas considéré comme un candidat crédible à la sélection une semaine après l’avoir disputée l’était tout autant. Et celle qu’il la dispute en étant raillé et considéré comme un quasi-intrus par ses propres supporters l’était encore davantage. John Guidetti a, lui, d’autres genres de « problèmes » , un peu moins vertigineux et plus communs : sa carrière se noie peu à peu dans l’anonymat. Il est un buteur qui ne marque plus – cinq buts en deux saisons –, après avoir, dans sa jeunesse, terrorisé les filets adverses aux Pays-Bas – ce qui peut faire ensuite de vous un immense joueur ou un attaquant lambda, c’est tout le charme de l’Eredivisie – puis en Écosse. Du grand espoir suédois que Manchester City prêtait un peu partout avec succès, il est devenu un indésirable que le Deportivo Alavés prête en deuxième division allemande à Hanovre et se fait réexpédier.

L’espoir est toujours permis

Les paradoxes nourrissent et éreintent les carrières. À presque vingt-huit ans, Layvin Kurzawa n’a jamais été aussi proche des cimes collectives et des bas-fonds personnels. Il a pourtant prolongé récemment son contrat de quatre ans au PSG. Ça peut être le choix confortable d’un homme résigné à ne pas rééquilibrer sa carrière, insensible au fait qu’il faille parfois redescendre pour reconquérir. Ça peut être aussi l’opportunité d’un homme qui croit éperdument en lui, en son talent véritable et en sa bonne étoile, celle d’un joueur qui devait être expédié à Brest en janvier 2013 par son club formateur et qui n’était qu’un remplaçant en Ligue 2 dix-huit mois avant de goûter à la Ligue des champions et à l’équipe de France, la vraie. Guidetti avait, lui, mis les pieds chez les grands bien avant de conquérir l’Euro Espoirs. En 2012, âgé d’à peine vingt ans et pressenti alors pour accompagner Zlatan et sa bande à l’Euro, sa carrière avait failli s’achever à cause d’une grave intoxication alimentaire. Après cet événement malheureux sans lequel sa progression aurait peut-être été tout autre, le protégé de Sven Göran-Eriksson s’était fait tatouer un credo un peu bateau : « On pleure tous, mais quand les larmes sèchent on devient plus fort. » Il s’agirait peut-être de chialer un bon coup dès maintenant : Suède et France auront une nouvelle occasion de se chambrer à l’automne.

Par Chris Diamantaire



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