Heureux de te revoir, Fred Antonetti / France / Metz / SOFOOT.com


Ça y est, Frédéric Antonetti est de retour sur les bancs de Ligue 1. L’entraîneur du FC Metz retrouvera les pelouses ce dimanche au stade Raymond-Kopa pour le déplacement de son équipe à Angers. En décembre 2018, il s’était mis en retrait du football pour s’occuper de sa femme, à l’époque gravement malade et aujourd’hui malheureusement décédée. Le revoir, malgré les circonstances particulières, nous rend heureux.

Vingt-trois mois. Il aura fallu attendre vingt-trois mois pour, enfin, retrouver l’un des entraîneurs les plus emblématiques du championnat de France. Frédéric Antonetti (59 ans) est de retour. Frédéric Antonetti est le symbole d’un football qu’on aime, un football souvent gueulard, mais tout le temps attachant. Un football qui ne doit jamais être résumé à quelques prises de bec avec ses propres joueurs, ou supporters.
L’expression « avoir des valeurs » est souvent utilisée à tort et à travers, et finit par être galvaudée. Avec le Corse, pourtant, elle prend tout son sens. Dans Ouest-France en 2013, il déclarait : « Pour moi, la réussite d’une vie ce n’est pas ce que l’on fait au niveau professionnel, mais ce que l’on réalise en famille. Je suis heureux en famille. J’ai beaucoup de satisfactions. Mais eux aussi vivent les souffrances que je peux ressentir. C’est pour cela que je ne pardonnerai jamais certaines choses qui ont été dites ou écrites. » Il aime le football, il le vit, et peut-être même qu’il vit pour lui. Mais en mai 2019, tout cela n’avait plus beaucoup de sens. Il a choisi de rester au chevet de sa femme Véronique, touchée par une grave maladie.

D’entraîneur principal à manager général du FC Metz

C’est le football français dans son intégralité qui s’en était ému, signe, aussi, d’une affection toute particulière pour ce gaillard à la voix stridente quand elle vire dans les aigus. Affection qui demeure dans tous les clubs par lesquels il est passé aux quatre coins de la France. Les messages de soutien ont, à l’époque, afflué d’un peu partout et les rivalités d’antan n’avaient plus leur place. Les mois ont passé, le FC Metz a été pris en main par son adjoint Vincent Hognon. Antonetti était rentré sur son Île de Beauté, et ne faisait plus aucune apparition médiatique.
Bernard Serin, président du club, lui a d’abord refusé sa démission afin de lui montrer son soutien dans cette épreuve. Le dirigeant lui avait alors proposé d’endosser le rôle de manager général du club : il conservait ainsi un pied dans le football, et dans le club, tout en restant dans l’ombre. S’il ne s’est pas passé une semaine sans que Fred ne passe quelques conseils par téléphone au staff lorrain, il ne se passait pas un week-end sans que les supporters messins aient une pensée pour leur coach. Véronique Antonetti est décédée au début du mois de juillet, et son mari l’a accompagnée jusqu’au bout, comme ils se l’étaient promis.

Le football pour panser les plaies

Dans le communiqué qui annonce son retour, le président des Grenats revient sur la façon dont ce retour s’est déroulé : « Lorsque Frédéric a souhaité en décembre 2018 prendre du recul pour accompagner son épouse, nous avions convenu ensemble qu’il retrouverait sa place d’entraîneur de l’équipe lorsqu’il sentirait que c’est le bon moment. Aujourd’hui, il s’agit donc simplement de la suite naturelle de ce dispositif : Frédéric redevient l’entraîneur principal de notre équipe. »
Le patron l’a donc décidé, c’est le moment de revenir. Et c’est un bonheur de le revoir. Parce qu’il nous manquait. Parce qu’il a traversé une période si douloureuse que le voir exulter sur un but d’Ibrahima Niane nous comblerait. Parce que c’est un formidable entraîneur, meneur d’hommes – mais pas que –, capable de redresser le club à la croix de Lorraine après un début de saison mitigé. Parce qu’on veut revivre des engueulades avec sa voix reconnaissable parmi toutes. Parce qu’on veut le voir s’agiter comme personne sur une touche mal jugée par le corps arbitral. Parce que le Corse est un grand personnage de notre Ligue 1, et qu’on a envie de lui dire une seule chose aujourd’hui : bon retour chez toi, Fred Antonetti.

Par Arthur Stroebele





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