Jérémy Le Douaron, daron avant l’heure / Ligue 1 / J7 / Nantes-Brest / SOFOOT.com


Recruté par le Stade brestois au Stade briochin durant le mercato, Jérémy Le Douaron est passé du National 2 à la Ligue 1 en un été. Pour son premier contrat pro à 22 ans, le produit 100% pur beurre, originaire de Ploufragan, ne s’attendait sûrement pas à être l’un des joueurs les plus utilisés par Olivier Dall’Oglio depuis le début de la saison. Portrait d’un jeune qui se couche tôt pour ne plus arriver en retard.

« Ribéry non plus n’a pas été conservé à Guingamp, regarde où il en est maintenant. » Il fallait les trouver, ces mots, pour garder ses troupes mobilisées. C’est pourtant ceux qu’a trouvés M. Le Douaron, père de Jérémy, en 2015, quand son gamin se voit éconduit du centre de formation de l’En Avant de Guingamp, alors qu’il sortait d’une saison prolifique avec les U17 nationaux. « Ça m’a marqué, reconnaît le Costarmoricain. Je n’ai pas de sentiment de revanche. Pour rien au monde, je ne changerais mon parcours. » Et pour cause, il a été titularisé cinq fois lors des six premières journées de Ligue 1. Des débuts rêvés pour le nouveau moussaillon du Stade brestois, avec notamment deux passes décisives délivrées et un penalty provoqué. « Quand il est arrivé, je ne m’attendais pas à le faire jouer autant. Surtout qu’on s’est renforcés lors du mercato, pointe Olivier Dall’Oglio, boss du SB29. Mais Jérémy a marqué des points dès le début. C’est un garçon très attentif aux consignes. Il n’y avait pas de raison de ne pas le lancer. À l’instar de Romain Faivre, ça fait partie des belles surprises de ce début de saison. »
Alors que bon nombre de jeunes espoirs lâchent le foot après s’être fait lourder par leur club de formation, Le Douaron n’a jamais perdu de vue son objectif ultime : devenir joueur de football professionnel. « C’est tellement un amoureux du foot qu’il est capable de faire de gros sacrifices, abonde Louis Lavigne, un ami proche du joueur. Pour lui, louper une soirée la veille d’un match, c’est totalement normal. Il était pro dans sa tête avant de décrocher son premier contrat. » Plutôt que prendre le large, la grande tige d’1,89m a préféré saisir la perche tendue par le Stade briochin. « Jérémy s’est très vite adapté, assure Jérôme David, son entraîneur qui l’a dirigé pendant quatre ans à Saint-Brieuc. C’est un garçon solide psychologiquement, qui sait se remettre en question et ne pas se laisser abattre. Il se fixe sans cesse des objectifs à atteindre. C’est un bosseur. »

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Et le travail a fini par payer. « Le premier jour en arrivant à Brest, j’avais un peu d’appréhension, reconnaît-il. Je m’entraînais avec des joueurs que je suivais il y a encore quelques semaines à la télé, mais on s’y fait vite. Se lever tous les matins pour jouer au foot, c’est ma passion et mon métier à la fois, c’est ouf, je ne pouvais pas rêver mieux. » Il y a quelques mois en arrière, cette « force tranquille » menait de front sa carrière chez les Griffons en parallèle de ses études. Diplômé d’un bac ES, Le Douaron avait d’abord tenté sa chance en STAPS tout en enchaînant les petits boulots d’été comme préparateur de commande à Système U. Mais cet été, c’était à lui de faire un choix au rayon Ligue 1, puisque Brest et Lorient sont venus lui faire des yeux doux. Si les Merlus ont été plus malins sur le dossier Grbić, ce sont cette fois les Finistériens qui ont eu le dernier mot avec lui. « Brest a été le premier à faire une proposition concrète. J’ai plus senti une réelle envie de me recruter. L’aspect familial a aussi fait la différence, puis Olivier Dall’Oglio aimait bien travailler avec les jeunes, alors je n’ai pas réfléchi longtemps. »

Fini le remplissage de sac, l’enfant de Ploufragan est depuis sur un petit nuage. Sans pour autant relâcher ses efforts. Et s’il est surnommé « Le Daron » par Haris Belkebla et le capitaine Jean-Kévin Duverne, c’est certainement parce que le jeune homme est du genre carré. Compagnon de fortune à Guingamp puis Saint-Brieuc, Quentin Urvoy assure ne jamais l’avoir vu en retard à l’entraînement, à une exception près : « On a été prévenus par texto que l’entraînement était avancé à 11 h 30 au lieu de 12 h. La séance démarre, toujours pas de Jérémy, étonnant. Trente minutes plus tard, on le voit débouler avec des épis sur la tête, clairement il venait de se lever. » Une rigueur à toute épreuve lui a jusqu’ici permis de feinter les blessures et de performer.

« C’est un garçon qui franchit les paliers avec une précision de scientifique »

Quel est donc le secret de Douaron ? Pour ses entraîneurs, c’est sa véritable discipline tactique qui est son réel atout. Capable d’enchaîner à la pelle les efforts défensifs grâce à son gros coffre, l’ailier crache littéralement ses poumons sur le pré. Loin d’être le plus sexy dans le jeu, le bonhomme à la carrure athlétique s’impose grâce à sa régularité. « Je le compare un peu à Pierre Lees-Melou qui a eu une trajectoire similaire, assure l’ancien Dijonnais Dall’Oglio. Ce sont des garçons avec le même profil, que ce soit au niveau du physique ou du caractère. Ça va vite dans la tête, ça assimile assez rapidement ce qu’on leur demande. » Intégré en 2018 à l’équipe première du Stade Briochin, en National 2, c’est ainsi qu’il deviendra un des grands artisans de la montée du club, terminant meilleur buteur du groupe B avec huit pions. « C’est un garçon qui a une évolution linéaire, plutôt exponentielle, sans pic. Il franchit les paliers avec une précision de scientifique » , décrypte Jérôme David, son ancien mentor. Des propos largement partagés par Quentin Urvoy : « Jérem’ n’était pas forcément meilleur que les autres, mais ça a toujours été un travailleur. C’est devenu un exemple pour les jeunes du Stade briochin. »
C’est donc à Brest qu’il pourra continuer son chemin parmi les professionnels. Agréablement surpris par la qualité humaine du garçon, l’ancien coach de Dijon sait exactement ce qu’il souhaite faire avec son poulain : « Le but, c’est qu’on arrive à développer avec lui des axes de progression. Le fait de renouveler les matchs va le rendre plus fort. Je ne pense pas qu’on sera déçu parce qu’il est fort mentalement. » Au « Daron » de s’intégrer à sa nouvelle famille.

Par Thomas Morlec





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