Jessy Moulin, la douce vie de titulaire / Ligue 1 / J1 / OM-ASSE / SOFOOT.com


Grand gagnant malgré lui de la situation ubuesque dans laquelle s’est empêtré Stéphane Ruffier avec l’ASSE, Jessy Moulin apprend à vivre cette douce vie de titulaire. À l’image de sa fin de saison dernière, son début d’exercice 2020-2021 (le premier dans la peau d’un numéro un après douze saisons en tant que doublure) est satisfaisant. À 34 ans, il lui reste juste assez de temps pour s’installer et marquer les esprits dans son club de toujours.

Si le dicton dit juste et que patience est effectivement mère de toutes les vertus, Jessy Moulin est sans doute le footballeur le plus vertueux de France. Arrivé à l’AS Saint-Étienne en 1999, à l’âge de 13 ans, celui qui en facture désormais 34 a surtout fait ça dans sa longue carrière chez les Verts : attendre. Une patience qui a porté enfin ses fruits, à la faveur de circonstances tout à fait particulières : en pleine crise sanitaire, alors que son n+1 Stéphane Ruffier avait visiblement décidé de se foutre à dos toute la ville de Saint-Étienne, Claude Puel en tête, le natif de Valence s’est retrouvé propulsé titulaire quasiment du jour au lendemain. « Le coach m’a appelé pendant le confinement pour m’annoncer que je partais numéro un pour la nouvelle saison, racontait-il récemment au Canal Football Club. Il m’a simplement dit qu’il était content de mes performances à travers les entraînements et les matchs, qu’il aimait mon état d’esprit et qu’il avait envie de me faire confiance. »

« Ce n’est pas commun de devenir titulaire à 34 ans »

Une consécration pour cet enfant du club, amoureux fou des Verts, mais élevé pour n’en être qu’un joueur de banc. Un rôle de numéro 2 qu’il a brièvement assumé aux côtés de l’historique Jérémie Janot au tout début de sa carrière, mais qu’il a surtout traîné durant huit longues années en tandem avec Stéphane Ruffier, entre 2012 et 2020. Huit ans à se contenter de miettes de match, à remplir « fidèlement » selon ses mots son rôle de doublure, mais aussi à se faire dans ce vestiaire une certaine place : celle du cadre bosseur, discret, mais indispensable, qui tâche d’avoir en dehors du terrain l’influence qu’il ne peut avoir dessus. Un stabilisateur. Un pilier.

Deuxième joueur le plus âgé de l’effectif (il est d’un an le cadet de Mathieu Debuchy), mais incontestablement le plus ancien Stéphanois du groupe, il arrive aujourd’hui dans la peau de numéro un avec un statut idéal pour encadrer un groupe jeune. Si cela ne lui donne aucune immunité, c’est presque le moment idéal pour lui, aussi tard que cela arrive : « C’est sûr que ce n’est pas commun de devenir titulaire à 34 ans, avouait-il lui-même à Téléfoot. C’est quelque chose de… pas inespéré, mais j’y pensais de moins en moins. »

Mieux vaut tard que jamais

Un nouveau rôle dans lequel il n’a, pour le moment, pas à pâlir. Déjà très en vue face au Paris Saint-Germain le 24 juillet dernier, lors de la finale de la Coupe de France (défaite 1-0), Jessy Moulin réalise un début de saison quasi parfait. Lors des deux premiers matchs, face à Lorient et Strasbourg, il n’a pas encaissé de but (deux victoires 2-0) et a pu montrer deux de ses plus grandes qualités : son explosivité, avec une double intervention remarquée face aux Alsaciens le week-end dernier ; et son jeu de relance, avec une passe à la main de près de cinquante mètres pour Arnaud Nordin qui a mené à l’ouverture du score de Romain Hamouma.
Des performances qui n’étaient pas celles d’une doublure. « Je l’ai souvent dit, je me préparais chaque semaine comme si je jouais, mais c’est vrai que quand on y est, on ne fait pas non seulement que de préparer, on joue, expliquait-il, toujours pour Téléfoot, fin août. Forcément, on change nos habitudes. » Face à un OM en confiance, en match reporté de la 1re journée de Ligue 1, l’ASSE et son « nouveau » gardien auront à prouver que ce joli début de saison, autant sur le plan individuel que collectif, n’est pas un mirage. Pour se rassurer, Moulin pourra toujours se dire que les deux derniers gardiens chauves et tatoués à être passés dans les cages stéphanoises y ont plutôt réussi. À lui d’y laisser sa trace. Comme le dit un autre dicton : mieux vaut tard que jamais.

Par Alexandre Aflalo





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