Julien Verbrugghe, toujours plus précoce que Camavinga / Ligue des nations Gr. 3 / France-Croatie (4-2) / SOFOOT.com

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Ce mardi, dans le silence du Stade de France, Eduardo Camavinga est devenu international français à seulement 17 ans, 9 mois et 29 jours. Depuis 1945, il s’agit ni plus ni moins d’un record (raflé à Maryan Wisniewski et ses 18 ans et deux mois). Mais si l’on fouine dans les annales du football français d’avant-guerre, apparaît, au-dessus du nom du Rennais, celui de Julien Verbrugghe. Un joueur à la précocité folle, mais aussi, malheureusement, au destin tragique.

Ils sont deux à avoir patienté encore moins longtemps qu’Eduardo Camavinga entre leur venue au monde et la découverte du maillot des Bleus. Il y a Maurice Gastiger, alors licencié à Levallois-Perret et qui, à 17 ans, 4 mois et 5 jours, est devenu international le 8 février 1914 lors d’une défaite au Luxembourg (4-5) ; l’attaquant restera d’ailleurs également comme le plus jeune joueur ayant marqué en faveur des Tricolores, lors de sa deuxième sélection à Saint-Ouen contre la Suisse (2-2) un mois tout pile plus tard, à même pas 17 piges et demie, donc. Mais il y a aussi, et surtout, un bonhomme que personne n’est venu effacer des tablettes tricolores depuis le jeudi 1er novembre 1906, date de la cinquième rencontre de toute l’histoire des Bleus, face à l’Angleterre. On parle ici de Julien Verbrugghe, dont le petit Eduardo est venu hier rappeler la mémoire, 114 années plus tard.

Moi Julien, 16 ans et 310 jours

À l’automne 1906 donc, Verbrugghe a honoré son seizième anniversaire depuis 10 mois lorsque l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) le convoque pour intégrer les rangs de la sélection nationale. Celle-ci, créée deux ans plus tôt, n’a connu qu’une seule fois le succès, en février 1905 face à l’équipe de Suisse (1-0), et ne s’est plus rassemblée depuis une rouste infligée par la Belgique (0-5) en avril. Né à Roubaix le 26 décembre 1889, l’ailier évolue à Paris, à l’Association sportive française (aujourd’hui ASF Le Perreux), et est tout simplement le premier joueur non majeur à connaître les joies de la sélection (à 16 ans, 10 mois et 6 jours), même si cela est évidemment à des années-lumière de ce que découvre Camavinga en 2020 : le professionnalisme ne viendra que des années plus tard en France.
Emmenés par le capitaine Pierre Allemane, les Bleus vont prendre l’eau, ce jour-là au Parc des Princes devant 1500 curieux, alors que trois autres chanceux découvrent eux aussi l’équipe de France. Moins novice, la sélection anglaise déroule : 5-0 à la pause, 15 pions encaissés par le portier Zacharie Baton au coup de sifflet final, avec notamment six caramels du Barcelonais Stanley Charles Harris et quatre de l’artificier de Tottenham Vivian Woodward, qui se permettra même de rater volontairement un penalty trop généreusement accordé – en tout cas selon la légende. La perfide Albion n’a jamais connu de victoire aussi probante après cela, mais la FA ne reconnaît pas ce France-Angleterre comme une rencontre officielle.
Verbrugghe connaîtra trois autres capes avec son pays, toutes en 1911, après avoir changé d’écurie pour officier sous les couleurs de l’ambitieux Red Star Amical Club (actuel Red Star), à partir de 1909. Mais il ne célébrera aucun but ni victoire en Bleu : une défaite contre la Hongrie le 1er janvier (0-3), un nouveau revers face aux Anglais (0-3) et un match nul devant l’Italie (2-2) compléteront ainsi la carrière internationale du garçon. Il ne sera plus sélectionné par la suite jusqu’au déclenchement de la Grande Guerre, pour laquelle il sera appelé au front au sein du 43e régiment d’infanterie. Le 21 août 1916, au cours de la terrible bataille de la Somme, entre Hardecourt-aux-Bois et Maurepas, Julien Verbrugghe s’éteint à 26 ans, comme beaucoup d’autres internationaux français. Cent quatre ans après sa disparition, il reste le benjamin de toute l’histoire de l’équipe de France. Et n’est visiblement pas près de se voir égaler.

Par Jérémie Baron



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