Le RC Vesoul et son match pour l’espoir / Amateurs / Vrai Foot Day / SOFOOT.com



À l’occasion de la deuxième édition du Vrai Foot Day, le RC Vesoul a décidé de porter un projet ancré dans l’actualité : organiser une rencontre entre son équipe et une autre composée de soignants et d’anciens patients touchés par la Covid-19 pour rendre hommage au personnel médical.

Des applaudissements, encore. Parce qu’il n’y aura jamais trop de mains qui frappent entre elles en guise de remerciements, le stade du RC Vesoul va reprendre la sympathique habitude quotidienne du confinement le dimanche 11 octobre. Sauf que cette fois, ce ne sera pas à 20 heures ni aux fenêtres que les « clap-clap » en soutien au personnel soignant briseront la fausse minute de silence. Mais aux alentours de 16 heures, dans l’enceinte René-Hologne. Ce dernier (1886-1944), ancien maire de la commune, est reconnu pour son engagement au sein de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Les footballeurs présents sur la pelouse, eux, disputeront une nouvelle bataille symbolique pour résister au coronavirus.
Car à 16 heures, justement, sera sifflé le coup d’envoi d’un drôle de match amical. D’un côté, les joueurs du club qui évoluent en Départemental 3 et qui se seront déplacés la veille au soir à Franchevelle pour la sixième journée de championnat. De l’autre, la team Covid. Ou plutôt anti-Covid, puisque l’effectif sera composé des meilleurs ennemis du virus et d’anciennes victimes de celui-ci. À savoir, en vrac : des infirmiers, des ASH, un psychologue, un psychomotricien, zéro médecin (dont les plannings s’avèrent un peu trop débordants) et… Jérémy et Romain, deux jeunes ex-malades aujourd’hui guéris.

Un grimpeur fou, une arbitre en blouse et des mômes

« On a attrapé la Covid aux États-Unis, et on est tombés malade au début du confinement. Personnellement, j’avais les symptômes d’un gros rhume ou d’une petit grippe, puis j’ai perdu le goût en même temps que l’odorat, remet Jérémy, alias le « Grimpeur fou » pour son addiction aux courses de montées/descentes d’escalier et habitué aux événements sportifs organisés pour la bonne cause. Mais maintenant, on est complètement guéris et on n’a aucune séquelle. On a repris le sport normalement, on respecte les gestes barrière… Mais on n’a absolument aucune appréhension, que ce soit pour l’effort physique ou pour l’éventuelle foule. En plus, on est désormais bourrés d’anticorps ! » À quel poste sera-t-il aligné ? « Derrière, devant… Je jouerai où on me dira de jouer, et je vais galoper, répond le pompier. Qu’on gagne ou qu’on perde, je m’en cogne. C’est juste pour marquer le coup, et rendre hommage au personnel soignant. »

Même discours chez Julien, président du RC Vesoul, qui explique l’origine du projet : « On voulait absolument faire quelque chose en rapport avec le coronavirus pour égayer cette actualité morose, donc l’idée est venue assez naturellement. Sans esprit de compétition, bien entendu. On devrait être entre quinze et vingt par équipe, on va faire entrer en jeu les enfants des participants et des dirigeantes… Les changements seront illimités et on va essayer de terminer la rencontre, même si elle ne devrait durer que 60-70 minutes, sur un bon 15-15. Avec plein d’actions, de rires et de spectacle. Sans oublier une haie d’honneur, à l’intention de la team anti-Covid. » Au sifflet de cette partie de gala ? Une cheffe de service de l’hôpital, la blouse en prime.

Pas de frite ou de bière, cette année !

Reste que, contexte sanitaire oblige, chaque phrase utilisée à l’heure actuelle devrait en réalité être conjuguée au conditionnel. Surtout dans une zone à tension qui s’en est pris plein la tronche, il n’y a pas si longtemps. Situé dans le département de la Haute-Saône, à l’Est de la France, Vesoul n’a absolument pas été épargné et a vu son hôpital aux sept petites places en réanimation être rapidement débordé au début de l’épidémie. Comme à Besançon, où certains malades ont été envoyés. Du coup, comme ailleurs dans le pays, la prévention fait figure de mot d’ordre. « Je n’ai pas encore l’accord de la préfecture pour la tenue du match, alors j’attends, avertit ainsi le patron de l’entité, du haut de ses 32 piges. Madame la préfète est licenciée dans notre club, donc on a quand même bon espoir. » Histoire de voir Vesoul dans la bonne humeur, comme une autre promesse balancée en 1968 par un artiste de talent.
Ce qui est en revanche certain, c’est qu’ « il n’y aura pas de restauration. Pas de sandwich, pas de frite, pas de bière ! On pensait peut-être pouvoir récolter de l’argent, comme avec les 1600 euros récupérés l’an dernier pour un petit enfant handicapé sur un autre événement Vrai Foot Day. Mais cette année, ce ne sera pas possible, regrette Julien. Là, le contexte nous oblige à rester calmes, et il n’est évidemment pas possible de faire tout ce que l’on veut. En revanche, on compte ouvrir gratuitement le stade au grand public. Sur inscription, pour gérer au mieux la jauge et le nombre de gens sur place qu’on pourra facilement espacer au vu de la grandeur du stade pouvant accueillir mille personnes en temps normal. » Quelques paumes supplémentaires pour faire du bruit, ça n’a de toute façon pas de prix.

Par Florian Cadu
Propos recueillis par FC





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