Les 5 choses à retenir du mercato estival 2020 / SOFOOT.com



Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce mercato restera marqué par la crise du coronavirus. Baisse des transactions, baisse des investissements, augmentation des prêts avec option d’achat : tout ce qu’il faut savoir sur cette fenêtre marchande.

La crise est bel et bien là

Tout le monde s’y attendait avec le coronavirus, le confinement et les mesures sanitaires, le mercato n’a fait que le confirmer : c’est la crise. Cette année, les clubs du Big Five auront dépensé seulement 3,2 milliards d’euros au total contre 5,5 milliards la saison passée. C’est en Espagne que la baisse est la plus importante, avec -69,1% de force marchande. Les clubs de Liga sont passés de 1,3 milliard d’euros dépensés en 2019 à 412 millions d’euros. En France, la chute est de 37,3% avec 449 millions d’euros mis sur la table. La Ligue 1 se paye même le luxe de faire mieux que la Bundesliga avec 314,9 millions d’investissements. La Serie A reste deuxième, à 742 millions d’euros, derrière la toute puissante Premier League, capable d’avancer 1 milliard 377 millions d’euros malgré les pertes cumulées de 770 millions d’euros. Chez eux, la baisse n’est que de 11%… Au total, le mercato 2020 est revenu au niveau du mercato 2015. Nous avons perdu 5 ans de croissance économique.

La valeur marchande de la France baisse

Un élément était essentiel pour les clubs de Ligue 1 : sa capacité à vendre, et à vendre beaucoup. Jusqu’ici, tout le monde profitait de la force économique de l’étranger et vendait jusqu’à 900 millions d’euros de joueurs, comme en 2018 ou 2019. Mais cette année, tout s’est écroulé. Les clubs français n’auront conclu que 380,4 millions d’euros de vente. Sur 5 saisons, la baisse est de 38%. Cette incapacité à vendre en masse est à mettre en parallèle avec les résultats d’exploitation déficitaires des clubs français. Depuis de trop longues années, les pensionnaires de Ligue 1 présentaient des comptes d’exploitation déficitaires, avec de faibles recettes de billetterie ou de sponsoring face au poids de la masse salariale. Mais la majorité compensait par le trading et la vente de joueurs. Cette fois-ci, le mercato ne permettra pas de renflouer les comptes.

La balance commerciale française déficitaire

Mis à part 2017, année qui avait vu le Paris Saint-Germain acheter Neymar et Mbappé, la balance commerciale des transferts du foot français avait toujours été excédentaire, avec des surplus supérieurs à 100 millions d’euros, et parfois de 300 millions, comme en 2018. C’était même le modèle économique hexagonal, produire du footballeur pour ensuite le vendre à l’étranger, en tirer une plus-value. Seulement, cette saison, c’est terminé. Le différentiel fait apparaître un trou de 68,5 millions d’euros et vient se rajouter aux pertes déjà colossales du sport français. Quinze clubs se retrouvent en déficit, comme Rennes, Lorient, Monaco ou le PSG, tous à plus de 20 millions d’euros de pertes. L’inquiétude grandit chez les dirigeants. Certains parlent même d’une future implosion du système si la crise venait à se maintenir dans le temps.

On achète de plus en plus jeune, on vend de plus en plus tôt

Marqueur de la crise ou tendance durable liée au modèle de trading, la France, en plus d’être le premier pays producteur et exportateur de footballeurs en Europe, vend et achète de plus en plus jeune. L’âge moyen du transfert cette saison a été de 22,82 ans contre 23,2 l’année dernière et 24 ans en 2015. Les clubs parient dorénavant sur la jeunesse et préfèrent miser sur des joueurs jeunes capables à la fois d’apporter une bonification sportive durable, mais aussi une potentielle plus-value à la revente. D’ailleurs, concernant les ventes, ici aussi, l’âge recule. La moyenne se pose à 24,7 ans en 2020 contre 25 la saison dernière et jusqu’à 25,4 il y a 4 ans. La jeunesse est « une valeur refuge » , la Ligue 1 devient un championnat jeune. Pas forcément mineur, mais jeune.

Les prêts avec option d’achat, nouvelle mode

Bien qu’au total, les prêts n’aient pas considérablement augmenté, avec cette période instable et précaire, représentant toujours plus de 20% des transactions, ce sont les prêts avec option voire obligation d’achat qui se sont intensifiés. L’argent venant à manquer, les clubs préfèrent miser sur un placement échelonné, sur une espérance d’une reprise de l’économie et d’un arrêt de la crise sanitaire pour retarder le futur paiement. L’achat du joueur ne sera officialisé que l’année prochaine voire plus tard, en fonction des clauses et des annuités d’achat. L’idée est surtout d’assurer les comptes, dans le rouge cette saison. Le problème, c’est que ces prêts devront être honorés, s’il y a de l’argent…

Par Pierre Rondeau





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