Les îles Féroé, plus si nulles que ça ? / International / Iles Féroé / SOFOOT.com


Longtemps sparring-partner de matchs dont on ne questionnait pas l’issue, mais l’ampleur de l’écart, les îles Féroé pourraient enchaîner une troisième victoire d’affilée contre la Lettonie.

Le 9 mai dernier, après un arrêt forcé de la plupart des championnats, le football se sortait lentement de sa trop longue léthargie. Et cette timide renaissance a pris sa source là où on l’attendait sans doute le moins : aux îles Féroé. Car hormis lorsqu’il joue le rôle de souffre-douleur dans des matchs où les attaquants en manque de buts font le plein de confiance, le football féroïen n’est pas au centre de nos préoccupations footballistiques. Dommage, car ce petit archipel de l’océan Atlantique sort petit à petit la tête des tréfonds du classement FIFA. Et rend même la pareille à certains de ses anciens bourreaux.

Un barrage de Ligue Europa

Pour le compte de la troisième journée de Ligue des nations, les îles Féroé affrontent la Lettonie ce dimanche. Si les Féringiens viennent à l’emporter, ils caracoleront en tête du groupe 1 de la Ligue D avec trois victoires en trois matchs. Une performance encore inespérée il y a quelques années, tant ce petit pays d’un peu moins de 50 000 habitants se plaçait comme le mauvais élève de la classe européenne. Longtemps punching-ball des grandes sélections européennes lors des matchs amicaux, le peuple du Nord a trouvé des adversaires à sa taille. Le temps des brimades semble passé et l’amour du peuple féringien pour le ballon rond ne se mesure plus qu’aux quelques sursauts de son équipe nationale.



Cette année, lors du 3e tour de qualification pour la Ligue Europa, le KÍ Klaksvík et le B36 Tórshavn représentaient pour la première fois les îles Féroé à ce stade de l’aventure européenne. Les champions en titre du KÍ Klaksvík ont même étrillés les champions de Géorgie du Dinamo Tbilissi (6-1) avant de chuter face aux Irlandais de Dundalk en barrages. À une marche d’un miracle. Mais s’il faudra donc repasser pour découvrir une équipe féringienne en Ligue Europa, la promesse est belle pour ce pays dont l’apogée est assurément à venir.

Une fratrie pour rêver

Loin d’être embryonnaire (le TB Tvøroyri, premier club féroïen, a vu le jour en 1892 et le Betri deildin, le championnat local, existe depuis 1942), ce football encore rustre mais ambitieux peut enfin compter sur des valeurs sûres. Håkan Ericson, ancien sélectionneur des espoirs suédois, a pris la tête de la sélection et semble avoir trouvé la bonne formule. Arrivé le 16 décembre 2019, il cumule deux victoires sur ses trois premiers matchs avec comme seul revers une défaite 4-0 au Danemark. Mais surtout, il pourra compter sur la fratrie Edmundsson, fier étendard des espoirs de tout un peuple.

L’aîné, Jóan, 29 ans, est devenu, le 26 septembre dernier, le premier joueur féringien à apparaître en Bundesliga avec son club de l’Arminia Bielefeld. Entré à la 68e minute d’un match encore nul et vierge, il n’a pas tardé pour devenir le premier buteur de son pays dans l’un des cinq grands championnats européens en offrant la victoire à l’Arminia. Le benjamin, Andrias (19 ans) porte sur ses jeunes épaules les espoirs de sa sélection. Après son départ des U23 de Sunderland, il tentera de s’aguerrir à l’Águilas FC en troisième division espagnole. Le troisième frère, Hákun, partage lui son temps entre l’ÍF Fuglafjördur et son métier d’éboueur. Un statut semi-professionnel encore partagé par nombre de ses compatriotes.

Grand frère islandais

Or, ces satisfactions nouvelles ne sortent pas de nulle part. S’ils n’ont pas encore eu l’occasion de présenter leur clapping à l’Europe, l’engouement populaire féringien pour le football se rapproche de celui du grand frère islandais. Les 5200 licenciés de la fédération féringienne représentant par exemple plus de 10% de la population totale en sont une belle preuve. Les 755 abonnés au Djúpumýra Stadium, antre du KÍ Klaksvík, aussi. Alors, verra-t-on un jour la jeunesse féroïenne offrir à son peuple une première qualification dans un tournoi international ? Pas sûr. Mais allez dire à des enfants qui passent leur été sans voir le soleil se coucher que trouver le chemin vers la lumière des projecteurs est impossible.

Par Tom Dépériers





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