Les Magnymontois à Cancún / SOFOOT.com


Lorsqu’il décide de fonder un club de foot à sept en 2013 pour pouvoir jouer avec ses potes, Mohamed ne se doute pas que l’aventure va le conduire sur la pelouse du Camp Nou, à Cancún et à Mexico. Pourtant, petit à petit, son club du Val-d’Oise a réussi à gravir les échelons et à se construire un drôle de voyage, qui se poursuivra en avril 2021, avec un championnat d’Europe à disputer en Russie.

Il est environ 15h, samedi dernier, quand Mohamed, le président de B2M (Bande de Montmagny), un club de foot à sept, arrive au Footmax de Saint-Maximin afin de se préparer pour cette deuxième édition du Vrai Foot Day. Retardé par des soucis de transport, il rejoint alors sa bande de potes en vitesse pour se détendre et discuter avant le grand match. Pour l’occasion, le club a organisé une rencontre contre son sponsor – Kifsa, une boisson sans alcool à base d’hibiscus –, afin de mettre en avant l’insertion professionnelle. Ainsi, une règle particulière a été fixée : à chaque but inscrit par l’une des deux équipes, un adversaire doit sortir du terrain et passer un entretien d’embauche pour espérer revenir sur le terrain. Si l’entretien n’est pas concluant, son match est terminé. Problème : à la suite d’un imprévu, les entretiens n’ont pas pu se faire et un questionnaire sur le foot a été mis en place. À travers cet exercice, Mohamed souhaite mettre en avant la recherche d’emploi, mais aussi montrer sa reconnaissance envers son sponsor : « Ce match contre Kifsa, c’est l’occasion de les remercier pour tout ce qu’ils ont fait pour nous, ils ont toujours été là et nous ont aidés à vivre un véritable rêve. » Le rêve en question : une Coupe du monde de foot à sept disputée au Mexique.

Started from the bottom

Au départ, pourtant, il n’y a qu’une bande de potes d’enfance, composée de joueurs qui jouaient au foot à onze chacun dans leur coin et qui souhaitaient se retrouver. Voilà comment l’idée de fonder un nouveau club est née, petit à petit, et que la troupe a gravi les échelons pour participer d’abord à quelques compétitions régionales, puis est devenue championne de son département (le Val-d’Oise), avant de devenir une référence du coin. En 2017, l’aventure a finalement pris une autre tournure, plutôt inattendue : après avoir remporté la Coupe de France et le championnat de France, le plus si petit club du Val-d’Oise a décollé jusqu’à Barcelone – et au Camp Nou – pour disputer la Coupe d’Europe 2018 de foot à sept, rien que ça. Résultat, sur place, le favori de la compétition, l’Espagne, a été mis au tapis, et B2M a atteint les quarts de finale du tournoi avant d’être éliminé par la Suède aux tirs au but. Une élimination au goût amer, qui a pourtant ouvert d’autres portes. Mohamed explique : « Après le tournoi, j’ai été contacté par l’organisme qui gérait la prochaine Coupe du monde des clubs à Cancún, au Mexique, en avril 2019, et il m’a proposé de représenter la France. J’ai tout de suite dit oui. »

Ensemble ou rien


Sur le papier, l’aventure est belle, mais le voyage coûte cher, et certains joueurs, par manque de moyens et de congés, n’ont pas pu grimper dans l’avion. « On est vraiment partis à l’arrache, se souvient Mohamed. Jusqu’à la veille du départ, on recrutait d’autres joueurs que l’on ne connaissait même pas pour faire le nombre. » Une fois à Cancún, c’est la folie des grandeurs : « Il faut savoir que là-bas, le foot à sept est une vraie institution. C’était un vrai rêve. Certains d’entre nous n’avaient jamais quitté l’Île-de-France, c’était incroyable. Directement après notre arrivée, nous avons tout de suite eu le droit à une conférence de presse, retransmise à la télé, c’était… wow. » Le conte de fée s’arrêtera malheureusement dès la phase de poules.

Le nouvel objectif est néanmoins fixé : au mois d’octobre 2019, la Coupe du monde arrive et cette fois, pas question de partir sans toute l’équipe. Mohamed a donc, pour l’occasion, cherché des subventions afin de structurer le voyage, et c’est à cet instant que Kifsa leur explique être en partenariat avec une société de transport accueillant des stagiaires (avec possibilité de CDI, si le stage est concluant). Ni une, ni deux, tout le monde se retrousse les manches pour proposer des formations aux entretiens d’embauche et des remises à niveau en français afin d’aider au maximum leurs camarades à décrocher ce job. Cet élan de solidarité a permis à trois d’entre eux de trouver un emploi chez le transporteur. Et toute l’équipe a cette fois pu partir à Mexico.

Le rêve mexicain

Pour l’événement, les grosses nations du foot à sept sont réunies : le Brésil, le Mexique, l’Uruguay, qui compte alors dans ses rangs un certain… Álvaro Recoba. Même pas peur, et les Français vont atteindre la demi-finale face aux Brésiliens, avant de s’incliner (4-6) et de boucler le Mondial au pied du podium. Le gardien, Jocelyn, garde en tête une formidable expérience : « Les matchs étaient retransmis, il y avait du monde dans les stades… En tant que français, on avait une petite originalité comparé aux autres nations, on était devenus des petites célébrités locales, les supporters étaient avec nous. »

Même son de cloche pour Papiss, membre du club depuis sa fondation : « On nous demande des photos aux alentours de l’hôtel, des dédicaces. Moi, à la base, je suis cuisinier au ministère de l’Armée, c’est incroyable ce qui est arrivé. » Une aventure hors du commun qui a pris ses bases dans le Val-d’Oise, avant de se conclure au Mexique, et qui se poursuivra, si la Covid le veut bien, en avril 2021, en Russie avec le championnat d’Europe.

Julien Sebag





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