Les notes du Tour de France / SOFOOT.com


Un match cadenassé à double tour, et puis, finalement, quand on ne s’y attendait plus, un coup de tonnerre dans le temps additionnel. Voilà la physionomie du Tour de France 2020, remporté ce dimanche par Tadej Pogačar devant son compatriote slovène, Primož Roglič. Au départ, la France rêvait de Thibaut Pinot en jaune, à l’arrivée, elle n’a aucun tricolore dans le top 10. Et il y a l’ouverture de cette enquête préliminaire concernant des soupçons de dopage qui pèsent sur l’équipe tricolore Arkea Samsic.


Luka Mezgec

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La Slovénie n’avait pas un, ni deux, mais bien trois atouts dans sa manche sur ce Tour. Certes, pendant que ses compatriotes Roglič et Pogačar vrombissaient dans les cols, Luka Mezgec tirait la langue dans le gruppetto. Mais, à Lyon et Champagnole, le sprinteur de la Mitchelton-Scott n’est pas passé loin d’une victoire d’étape en terminant deux fois deuxième… à chaque fois derrière Søren Kragh Andersen. Un hommage à Poupou, sans doute.

Wout van Aert

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Une machine. Comment qualifier autrement un mec capable de gagner au sprint (deux fois), de rouler tous les jours pour son leader, de finir troisième d’une étape de montagne et quatrième d’un chrono avec une pente atteignant les 20% ? Wout Let The Dogs Out !

Peter Sagan

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Toujours placé, jamais gagnant. Peter Sagan s’est battu jusqu’au bout, mais ça n’a pas suffi. Impuissant lors des sprints massifs, le Slovaque a été déshabillé de son maillot vert chéri par Sam Bennett. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir animé la course. La dernière victoire de Tourminator remonte donc toujours à juillet 2019. Putain de crise de la trentaine pour celui qui a fêté ses 30 piges en janvier !

Guillaume Martin

Note de la rédaction

11e place finale

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Auteur d’un début de Tour solide, le troisième du dernier Dauphiné a été propulsé meilleure chance française au général à la suite des défaillances de Pinot et Bardet. Malheureusement, la lose qui colle à son dossard (la Cofidis court après une victoire d’étape sur le Tour depuis 2008) l’a rattrapé. Et quand il a voulu se faire la malle dans les dernières étapes, Martin est vite retourné au fond de la poche des Jumbo. Aucune déception pour le Normand, qui sait prendre les choses avec philosophie.

Benoît Cosnefroy

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Porteur du maillot blanc à pois rouge dès la deuxième étape, il a été le premier étonné de le garder pendant quinze jours, avant d’être remis à sa juste place, celle d’attaquant remplaçant. L’Olivier Giroud du cyclisme, la confiance de Deschamps en moins.

Julian Alaphilippe

Note de la rédaction

20s de pénalité

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Vainqueur de la 2e étape à Nice grâce à son punch létal, le frisson du Tour 2019 a perdu son maillot jaune à cause de la raison la plus ridicule qui soit : un ravitaillement illégal dans les vingt derniers kilomètres de la cinquième étape. Cruel pour celui qui n’hésite jamais à attaquer les pantouflards du top 10.

Adam Yates

Note de la rédaction

10°

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À l’arrivée de la cinquième étape à Privas, le jumeau de Simon a appris que c’est lui qui allait endosser le maillot jaune le lendemain alors qu’il était déjà… sous la douche. Mais bien trop esseulé pour le conserver, il le perdra quatre jours plus tard dans les Pyrénées, avant de finir 9e du général, à plus de neuf minutes de Pogačar. Un petit braquage à l’anglaise.

Nairo Quintana

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Mais où est passé Nairo Quintana ? Il est certainement perdu quelque part dans la Colmiane (où il a gagné en mars dernier à la sortie d’un hiver merveilleux) et les lieux de ses diverses chutes au cœur de trois semaines de douleurs. Une façon bien à lui d’entretenir son histoire contrariée avec la Grande Boucle, entre immenses espoirs et lendemains qui déchantent. À l’année prochaine pour une nouvelle déception. Ou pas, si les soupçons de dopage qui pèsent sur lui et son équipe Arkea Samsic se confirment.

Thibaut Pinot

Note de la rédaction

100 larmes

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Cette année, c’était son année. Le parcours montagneux à souhait lui allait comme un gant. Le contre-la-montre passait même dans son jardin. Il avait signé une deuxième place sur le Dauphiné qui annonçait une montée en puissance. Et puis, patatras ! Une gamelle dans le final de la première étape, la déchéance une semaine plus tard dans le port de Balès, rideau sur les chances de le voir se pavaner en jaune sur les Champs-Élysées. Thibaut Piné.

Romain Bardet

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Pas de grandes ambitions affichées, une première semaine parfaite et même deux secondes grappillées aux favoris en bas de la descente de Loudenvielle. Cette année, Bardet avançait masqué, et ça lui réussissait plutôt bien. Jusqu’à cette foutue chute sur la route du Puy Mary, qui a tout fait foirer lors de la 13e étape. Et lui a permis de retrouver son rond de serviette à la Fédération française de la lose.

Marc Hirschi

Note de la rédaction

Marc repère

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Les militants des associations Amnesty International et L214 en sont témoins, la cruauté humaine n’a pas de limite. Mais, rarement, dans l’histoire, on aura vu pareille barbarie que sur la neuvième étape du Tour 2020, ralliant Pau à Laruns. Après 88 km en solitaire, Marc Hirschi s’est fait reprendre par l’aigle bicéphale slovène Roglič-Pogačar à 1,7 km de la ligne. Qu’à cela ne tienne, le rouleur suisse est allé chercher la victoire d’étape quatre jours plus tard à Sarran. Et on aurait pu encore le voir lever les bras à La Roche-sur-Foron s’il n’était pas tombé dans une descente. Le super combatif incontesté.

Richie Porte

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Persévérer, définition : « Continuer de faire ce qu’on a résolu, par un acte de volonté renouvelé » ; exemple : Richie Porte. Car le podium d’un grand Tour a fini par s’offrir à l’Australien, coéquipier modèle, puis leader maudit depuis trop d’années. En 2020, pas de bassin fracturé ou de pavés mal placés, mais un rêve réalisé au terme d’un contre-la-montre de grande classe à la Planche-des-Belles-Filles. Totalement mérité.

Miguel Ángel López

Note de la rédaction

dans le 1000

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À 26 ans, le grimpeur colombien découvrait cette année la Grande Boucle. Et quelle plus belle entrée en matière qu’un tout-droit dans un panneau ? C’est ce qui est arrivé à López quand son équipe a accéléré l’allure sur l’asphalte trempé niçois. Top 1 de ses faits d’arme sur ce Tour – devant sa victoire d’étape au sommet du col de la Loze, dans l’étape reine.

Primož Roglič

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Dans ses charentaises avant le contre-la-montre de La Planche des Belles Filles, Roglič s’est pris un camion en pleine face sur les routes de Haute-Saône. Sur la vingtième étape, ses 57 secondes d’avance ont fondu aussi vite que les espoirs d’une victoire française au général. Un scénario terrible qui doit à la fois à la monstruosité de son compatriote Pogačar et aussi à l’attentisme de Roglič tout le reste du Tour. La Primož à la casse.

Tadej Pogačar

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Une 16e place au général, avec plus d’une minute perdue sur les cadors à cause d’une bordure, quand les choses sérieuses n’avaient même pas commencé : oui, Tadej Pogačar était mal barré après la septième étape. Non, deux semaines plus tard, il n’allait pas pouvoir rattraper ses 57 secondes de retard sur Primož Roglič au départ de l’avant-dernière étape. The rest is History…

Pierre Rolland

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Le grimpeur de B&B Hôtels-Vital Concept ne fait plus vraiment partie des gros bras du peloton, mais à 33 berges, il a toujours des bonnes jambes. Et il l’a montré en attaquant à tout-va, sans pouvoir renouer avec une victoire sur la Grande Boucle qui le fuit depuis La Toussuire en 2012. Un sacré bail, quand même.

Total Direct Energie

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Pendant trois semaines, les coureurs de Jean-René Bernaudeau sont passés inaperçus. La formation vendéenne s’est immiscée dans des échappées vouées à l’échec, réussissant en outre l’exploit de manquer l’échappée à 32 de la 18e étape. Lilian Calmejane a eu la bonne idée d’abandonner. Niccolò Bonifazio, lui, a pris soin de manquer ses sprints. Seule ombre au tableau de ce chef-d’œuvre de transparence, le prix de la combativité obtenu par Jérôme Cousin lors de la troisième étape. Vraiment dommage.

Richard Carapaz

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Richard Carapaz a épaulé Egan Bernal pendant deux semaines, jusqu’à ce que le Colombien abandonne. Dès lors, le vainqueur du Giro 2019 a donc eu carte blanche. Battu par Kämna à Villard-de-Lans, l’Équatorien, gentleman, a cédé la victoire à son coéquipier chez Ineos Michał Kwiatkowski à La Roche-sur-Foron, en pensant avoir gagné sa part du gâteau avec le maillot à pois. Oui, mais non. La fusée Pogačar lui a ensuite arraché la tunique.

John Degenkolb

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Court, mais intense. Le Tour de France de John Degenkolb n’aura duré que 156 kilomètres. Après avoir goûté au bitume niçois, le coureur allemand a terminé hors délai dès la première étape. Conséquence : pendant que les autres sprinteurs galéraient dans les Alpes, Degenkolb était sur le Tour de Luxembourg, où il a gagné une étape. Et ça, pour un gars qui n’avait plus levé les bras depuis 19 mois, ce n’est pas rien.

Movistar

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Palmarès : vainqueur du classement par équipe. De là à les considérer comme la meilleure équipe du Tour, il y a un océan que nous ne franchirons pas. En vrai, on a moins vu à l’écran les huit coureurs de la Movistar cumulés que Jérôme Cousin. C’est dire…

Lennard Kämna

Note de la rédaction

42 décibels

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On connaissait le hard rock football de Jürgen Klopp. Voilà qu’un autre Allemand est l’apôtre du vélo rock ‘n roll. Son mantra ? « Attaque ! Attaque ! Attaque ! » À lui la victoire à Villard-de-Lans et à son équipe, les Bora, notre gratitude.

Sam Bennett

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Outre Tadej Pogačar, elle est là, l’autre surprise de ce Tour de France pas comme les autres : la chute du Géant Vert Sagan ! Qui d’autre qu’un Irlandais, du coup, pour mettre fin au septennat émeraude (entrecoupé d’une pause en 2017) du Slovaque ? Même si Sagan s’est acharné à aller chercher des clopinettes dans des sprints intermédiaires en montagne, Bennett a démontré sa supériorité au sprint, levant les bras à l’île de Ré et sur les Champs-Élysées. Sur les lieux de vie d’un riche Parisien, donc.

Rodolphe Gaudin

Note de la rédaction

74 ans

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Rodolphe Gaudin n’est pas aussi ridé que Daniel Lauclair, mais il n’empêche que c’est un vieux pachyderme de France Télévisions. Et, à l’instar de Lauclair, « RodzeGod » – c’est son pseudo sur Twitter – a tellement de mal avec ses fiches qu’il a confondu Sam Bennett et George Bennett lors d’une interview avec Roglič. Il a osé enchaîner par un « yeah, I know » après s’être planté. Comme quoi, même Dieu a des failles.

Mikel Landa

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Au Pays basque, rien de nouveau. Mikel Landa termine quatrième et passe une fois de plus à côté du podium. Pas de regrets cependant puisque même sans le temps perdu dans les bordures vers Lavaur (1min 21s), le compte n’y était pas. Surtout, le leader de la Bahrain-Mc Laren s’est fait remarquer en faisant rouler à bloc ses équipiers dans les terribles pentes du col de la Loze pour en fin de compte dévisser dès la première attaque. Mauvais stratège ou bluffeur sans vergogne ? Option 2, bien sûr.

Jumbo-Visma

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Terreur de cette édition 2020, l’équipe de Richard Plugge a remporté trois victoires d’étape, roulé en tête de peloton pendant tout le Tour, et porté le maillot jaune pendant onze jours. Le tout avec une stratégie ultra-défensive pour son leader Roglič. Mais alors, quel plaisir de voir la tronche du duo Van Aert/Dumoulin quand Pogačar a fait voler en éclats leur plan si bien ficelé dans le contre-la-montre de la Planche des Belles Filles !

Par Quentin Ballue, Tom Binet, Florian Lefèvre et Maxime Renaudet





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