Lucas Hernandez, l’arme à gauche / Ligue des nations / Gr.3 / Croatie-France / SOFOOT.com


Salvateur face au Portugal, Lucas Hernandez a marqué son retour aux affaires en tant que latéral gauche de l’équipe de France. Une manière de prouver que le défenseur du Bayern Munich garde encore quelques coups d’avance sur ses concurrents à un poste où Didier Deschamps possède pourtant l’embarras du choix.

Les victimes des inspirations géniales de Cristiano Ronaldo peuvent le confirmer : mettre la machine CR7 hors d’état de nuire n’est pas donné à tout le monde. Depuis dimanche soir, Lucas Hernandez vient d’entrer dans la rare catégorie des footballeurs capables de neutraliser le recordman de buts en sélection portugaise le temps d’un match international. Comment ? Grâce à sa science du placement et une bonne dose de hargne. À la vingt-quatrième minute de la partie, l’aîné de la fratrie Hernandez réalise un sauvetage XXL pour empêcher le capitaine adverse d’ouvrir le score. « Je vois le ballon passer entre Presnel Kimpembe et moi, je vois qu’il contrôle et j’essaie de m’arracher comme j’essaie de le faire toujours pour contrer cette frappe, affirme Hernandez en zone mixte après la rencontre. C’est une action défensive qui permet de ne pas donner l’avantage au Portugal. Il y avait une grosse équipe aussi en face, il y avait beaucoup de respect sur le terrain et ça s’est vu. » L’analyse visuelle de la prestation individuelle de Lucas Hernandez, c’est aussi constater que l’international tricolore est bien de retour à son tout meilleur niveau.

Deschamps : « Vous vous attendiez sans doute à voir plus Cristiano Ronaldo »

À vrai dire, ce repositionnement sur le flanc gauche dresse une forme de hiérarchie dans l’esprit de Deschamps. Face au Portugal, le sélectionneur avait conscience que l’adversaire serait d’un calibre bien plus dangereux que lors de la démonstration collective des Bleus face à l’Ukraine (7-1). Et lorsque les temps sont durs, c’est à ce moment précis que les durs deviennent forts. Cristiano Ronaldo comptait briller face à la France ? Le meilleur moyen de contrecarrer ses plans était de placer un homme coutumier de la tâche défensive face au quintuple Ballon d’or. Dès lors, Deschamps aligne Hernandez à la place de Digne pour repasser à la bonne vieille recette de 2018 : une ligne de quatre défenseurs capables d’évoluer en centraux, histoire de bétonner l’arrière-garde bleue et laisser l’adversaire venir à sa rencontre pour mieux le piquer en réponse.
Si l’option de la contre-attaque s’est avérée infructueuse sur le long terme, étant donné le manque de vitesse dans les couloirs (la présence de Mbappé sur l’aile aurait par exemple offert davantage de percussion aux Bleus), la copie défensive d’Hernandez est restée propre jusqu’au coup de sifflet final, comme en témoigne une nouvelle intervention décisive devant Cristiano Ronaldo dans un duel énergique (82e). Depuis sa zone technique, Fernando Santos est sorti de ses gonds pour s’adresser à l’arbitre, hurlant à l’injustice concernant son prodige. Mais la vérité, c’est qu’Hernandez, également aidé par son acolyte Presnel Kimpembe, a éteint Ronaldo au Stade de France. « On avait moins de profondeur, l’adversaire a pris des dispositions aussi, précisait Deschamps en conférence de presse après le match. Évidemment qu’on peut faire mieux… Mais vous vous attendiez sans doute à voir plus Cristiano Ronaldo aussi. » Cantonné au banc de touche en finale de la dernière Ligue des champions, mais titulaire dans le couloir gauche depuis le début de saison 2020-2021 avec le Bayern Munich, Hernandez s’impose comme un choix de première classe grâce à sa garantie dans un système en 4-4-2 que le joueur connaît comme sa poche depuis ses années passées à l’Atlético de Madrid.

Le révélateur croate

Gêné par une fissure intra-articulaire de la cheville en fin d’année 2019, Hernandez n’avait plus joué à ce poste en équipe nationale depuis presque un an, contre la Turquie (1-1). En revanche, il avait déjà reporté le maillot tricolore une fois lors de la victoire contre la Croatie en septembre (4-2). Deschamps avait tenté un système en 3-5-2 pour permettre au Bavarois d’occuper le poste de défenseur axial gauche tout en laissant à Ferland Mendy le soin d’animer tout le couloir. Faut-il oublier ce schéma et repartir sur une défense à quatre plus traditionnelle ? Deschamps en sera le seul décisionnaire. Mais avec un tel cas de figure, Digne, Mendy et Hernandez verront leur candidature respective se tourner vers le même poste. Toutefois, la confiance accordée par Deschamps à ses cadres place Hernandez en favori à huit mois de l’Euro. Et grâce à sa performance dominicale, le voilà qui continue de marquer des points en tête du classement. De quoi dresser un constat : dans cette équipe de France championne du monde en titre, 19 sélections peuvent suffire à obtenir un rôle de taulier.

Par Antoine Donnarieix





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