Macron veut-il la peau du foot à 7 FSGT ? / SOFOOT.com



La décision d’imposer 6 semaines de couvre-feu dans les grandes métropoles, de 21h à 6h du matin, est tombé comme un coup de massue sur la nuque du peuple français. Ce dernier cherche désormais à comprendre la logique de cette politique sanitaire face à la recrudescence incontestable de l’épidémie. Et parmi les enfants sacrifiés de la nation, se trouvent ces héros des synthés du match en semaine. Ces vaillants défenseurs d’un foot populaire qui se joue à 7 avaient à peine eu le temps de remettre les crampons avant de devoir retourner à Netflix et la PS4. Et ce n’est pas pour autant qu’ils vont s’abonner à Telefoot…


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« On va finir par monter des équipes de foot à 7 FSGT sur FIFA pour pouvoir enfin jouer normalement » sourit, à moitié ironique, Maxime de La Section Marseillaise du Ballon, un club « qui a eu la bonne idée de se lancer en 2020. » Le sentiment dominant se niche bien là. Résigné mais sarcastique. Chez les footeux du comité 13 de la FSGT (www.fsgt.org), on ne sait plus à quel saint se vouer. « Franchement, comment s’organiser ? Pour le créneau 19h30-20H30, s’il est maintenu, on peut conserver une activité en faisant un peu tourner. Et encore, les gars auront 30 mn douche comprise pour rentrer chez eux. De toute manière on perd la seconde heure du soir.  »

Le dernier match

« Nous avons suivi en direct les déclarations du président de la République hier soir alors qu’on terminait notre échauffement avant de disputer un match de championnat FSGT et, avec l’annonce de l’instauration de ce couvre feu, nous avons tout de suite su que ce serait le dernier avant un long moment » se confie pour sa part Romain Quilci du FC Planier, qui évolue le mercredi soir dans la cité phocéenne. A Paris, même son de cloche pour une fois. Anthony Tran, capitaine du Team Zazo, avec son superbe écusson détourné de la Roma, évoque déjà la prestation télévisuelle d’Emmanuel Macron comme une triste date : « Les messages ont fusé au sein de notre groupe WhatsApp durant l’allocution de notre Président. On a déjà été privé de foot de mars à juin, et maintenant de mi-octobre jusqu’à probablement janvier 2021. 
Le foot à 7 pour notre équipe, cela représente un moment d’évasion, de partage et de fou rire. On est très déçus d’interrompre notre saison qui vient à peine de commencer. » 


Le plus dur ne réside pas en soi dans la décision – le confinement avait été plutôt bien accepté par des footballeurs qui mesuraient la nécessité de sauver des vies. Néanmoins cette fois, se dégage d’abord une incompréhension devant un choix presque illogique, ou du moins hypocrite. « Dans notre équipe, rapporte Romain Quilci du FC Planier, nous sommes tous unanimes pour dire que l’organisation de matchs de football à notre niveau n’ajoute en rien à la propagation du virus et que nous nous exposons pas plus à celui-ci quand nous jouons que dans la vie de tous les jours, à la maison, dans les transports ou au travail… » Chez les South Losers, beaucoup redoutent de servir de bouc émissaire, au détriment de la réalité : « On trouve ça un peu injuste oui, déjà car le foot à 7 est sujet à un protocole sanitaire, détaille Mathhieu. On ne se serre pas la main entre adversaires, on n’a pas accès aux vestiaires… Le foot amateur va être impacté aussi. Pendant ce temps, le foot d’en haut continue sans problème même si bien évidemment, ce ne sont pas les mêmes enjeux. Et puis on nous incite quand même à aller travailler, prendre les transports etc… Comme au printemps, le foot et le sport amateurs sont laissés sur le carreau et c’est navrant. »

Les seuls à trinquer

Cyril Domanico, de l’AS Canal Plus, équipe certes à 11 en FSGT, mais du lundi soir, on pointe surtout les contradictions et surtout la dimension contre-productive, y compris socialement, du couperet gouvernemental : « On nous enlève notre dernier petit moment de plaisir et de partage dans des semaines dédiées essentiellement au boulot, d’autant que nous sommes une équipe d’entreprise. C’est un coup dur pour les clubs associatifs comme nous, déjà fortement touchés en fin de saison dernière. Cette année nous avions un regain d’adhérents et d’intérêts car les gens ont besoin d’autant plus dans ce contexte, de cette bulle de liberté que représente le sport co. »
Enfin, le footballeurs amateur en semaine a aussi l’impression d’être un peu le seul à trinquer : « On pourrait aussi trouver ça injuste, continue-t-on au FC Planier, notamment vis à vis des professionnels qui, eux, pourront continuer à jouer -et tant mieux si on peut continuer à voir jouer l’OM- mais nous sommes conscients que les ligues professionnelles mettent en place des protocoles sanitaires stricts, sans parler des enjeux financiers en présence. » Et nos camarades des froids terrains de la ceinture parisienne de se creuser les méninges pour saisir les justifications pour une pareille iniquité : « Encore une fois c’est le foot amateur qui trinque en premiee, s’agace Thomas Signollet des Ateliers FC. Pendant ce temps, les matchs de football professionnel se tiendront toujours. Alors que nous jouons déjà à huis clos, vu qu’on n’a pas de supporters (rires) » . La FSGT a, d’ailleurs, par communiqué de presse, demandé une dérogation également pour le sport amateur…

Par Nicolas Kssis Martov





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