Marseille, Van Halen dans la peau / Disparition d’Eddie Van Halen / SOFOOT.com



Eddie Van Halen, qui s’est éteint ce mardi à 65 ans, c’était notamment Jump. Et Jump, c’est le Stade Vélodrome. L’histoire du tube planétaire d’un groupe de rock américain approprié par l’OM au début de l’ère Tapie et qui n’a plus jamais quitté le club phocéen.

Vingt-deux acteurs qui sortent du tunnel, les virages du Vélodrome qui se répondent, et la légendaire ligne de synthé qui résonne dans l’arène en faisant entrer toute une enceinte dans le match. Depuis 34 ans, presque aucune rencontre de l’Olympique de Marseille à domicile n’a débuté sans ce magnifique rituel sur le mythique Jump, chef-d’œuvre du guitariste virtuose Eddie van Halen – à qui l’OM a rendu hommage comme à l’un des siens ce mercredi matin – et de son groupe du même nom. Une tradition née à l’arrivée de Bernard Tapie à la présidence en 1986, deux ans et demi après la sortie de ce single au succès mondial, alors que le groupe était en pleine apogée.

Une trahison le temps d’un ou deux matchs

« Avec l’équipe d’animation on s’était dit : « Qu’est-ce qu’on pourrait ajouter niveau ambiance? », s’est remémoré pour RMC Sport le speaker André Fournel. On était assez créatifs à l’époque, il n’y avait pas d’écran géant, de spectacle… […] C’était la chanson qui passait à l’époque, je le sais parce que je travaillais en radio. On a tenté et ça a collé tout de suite, comme une évidence. » Intronisé à l’occasion de la réception de l’AS Monaco en ouverture de la saison 1986-1987 (pour une victoire 3-1 avec un doublé de Jean-Pierre Papin), la chanson a vite été adoptée par les joueurs phocéens et a ajouté une dimension à la fameuse ambiance du Vél’.

« Tu as le thème de la Ligue des champions, la Marseillaise quand tu es sélectionnée en équipe de France et celle-là : c’est le tiercé gagnant. » Marcel Dib

À tel point que la tentative de changement de bande-son, au milieu des années 1990 lors du passage de l’OM en D2, a rencontré la contestation des joueurs et a été un véritable flop. « Ça n’a pas été possible, ils l’ont compris de suite quand ils discuté avec les supporters, témoigne l’ex-capitaine des Olympiens Marcel Dib arrivé en 1994 sur la Canebière. Il y a eu une marche arrière de la part des dirigeants. Ça a dû durer un match ou deux, pas plus, en 94 ou 95. À l’époque, il n’y avait pas tant que ça de musiques d’entrée dans les autres stades, beaucoup n’en avaient pas. » La légende raconte que ce changement musical avait coïncidé avec une baisse de forme sur le terrain pour les bleu et blanc.

« C’est devenu par la force des choses une musique importante de ma vie »

Aujourd’hui, difficile d’imaginer un match de l’OM sans cette envolée 80s qui ne semble pas avoir pris une ride. « Cette musique fait partie de l’Olympique de Marseille, continue Dib. Elle nous donnait dès le coup d’envoi un élan, une supériorité sur l’adversaire au moment où l’on se présentait face à notre public, comme une bonne causerie d’avant-match. C’est elle qui a permis à l’OM de Tapie d’avoir son histoire. Tu as le thème de la Ligue des champions, la Marseillaise quand tu es sélectionnée en équipe de France et celle-là : c’est le tiercé gagnant. Lors des gros matchs en coupes d’Europe ou quand tu joues la première place en championnat, c’est cette musique qui donne le coup d’envoi. » Et cela ne semble pas avoir bougé de génération en génération : Habib Beye racontait l’an dernier qu’il écoutait en boucle ce son avant ses matchs durant sa période marseillaise.

« Les vieux supporters rattachent Jump à la période dorée de l’OM, ce passé glorieux » , explique Marwen, 27 ans et habitué du Virage Sud. Mais pour lui, le titre de Van Halen ramène aussi à ce moment où joueurs et public ne font plus qu’un : « Ça représente le début de match, les animations dans le virage, c’est ça qui donne le top départ. C’est aussi un symbole de ce que doit apporter le sport, parce qu’il y a beaucoup de gens, notamment dans les virages, qui n’auraient jamais écouté Jump ailleurs qu’au stade. Ça n’est pas un style que j’écoute, mais c’est devenu par la force des choses une musique importante de ma vie, parce que je l’entends toutes les deux semaines. » La force de ce tube, c’est incontestablement cette introduction qui colle les frissons dès les premiers instants. Marseillais en 2008-2009, Elliot Grandin peut en témoigner : « C’est quand elle débute, les quatre-cinq première secondes, ça monte bien, et tout de suite tu es dans le match. En tant que joueur marseillais, quand on rentre sur cette musique c’est vraiment comme si c’était notre hymne, à nous et à tout le peuple marseillais. C’est une chanson qui booste. » Et pour cause. I get up, and nothing gets me down…

Par Jérémie Baron
Propos de Marcel Dib, Marwen et Elliot Grandin recueillis par JB





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