On a décrypté le clip d’arrivée d’Aaron Hickey à Bologne / Cahier Critique / SOFOOT.com



Parce que les critiques cinéma n’ont pas le monopole des adjectifs bizarres, des tournures alambiquées et de la masturbation intellectuelle, sofoot.com a décidé de (dé)crypter le clip d’arrivée d’Aaron Hickey à Bologne.

Parfois perçu comme un abîme d’où naissent les monstres, l’inconnu n’est en réalité rien d’autre qu’une porte ouverte. Une porte ouverte sur des mondes situés au-delà la pure diégèse, qui se substituent aux faits philosophiques. En consacrant une réalisation ambitieuse à l’arrivée d’un illustre anonyme, Aaron Hickey, c’est une telle porte qu’auraient pu ouvrir les cinéastes de Bologne : au contraire, ils ont croisé cette portée transcendantale avec la tentation sclérosée du stéréotype.

Ouvrir une porte sur l’inconnu

En accordant le premier rôle à Aaron Hickey, dont les plus érudits et exigeants des observateurs avaient pu observer les premières performances plutôt prometteuses en Écosse, du côté d’Édimbourg et de la fameuse académie du Heart of Midlothian, les cinéastes de Bologne avaient réalisé un pari quasi-thaumaturgique. Il consistait à dresser entre l’hermétique et le fameux pont de signifiés dont l’augure devait faire naître un sentiment surréaliste de déjà vu, afin de dépasser la simple médiatisation hermétique.

La chose a été quasiment réalisée en termes formels, si bien qu’un visionnage distrait laisse entrevoir une exaltation de l’image, ou plutôt, une sédition schismatique entre le figuré et le figurant : le noir et blanc opaque permet de dépasser le cadre du prévisible pour consolider le principe de fond, celui de franchir le pas du mystère, à la manière d’Isidore Isou dans son Traité de bave et d’éternité, dont l’ambition première était de dresser un lien entre l’univers des faits et celui des sens.

Écueil du réel

Le problème fondamental qui dérive de la réalisation italienne réside pourtant dans le fait incongru et particulièrement incompréhensible que la forme de l’image se heurte violemment à la façade du connu. Ce que montre la caméra n’est rien d’autre que des lieux communs, que des territoires balisés et idéal-typiques là où les attentes les plus nobles auraient pu commander des références et des paysages moins connus, pour ainsi dire hors des sentiers battus.
De fait, dans Le Trésor des Îles Chiennes, le grand F.J. Ossang était parvenu à une telle déflagration en donnant à voir un monde désolé où les symboles se situaient en dehors du prisme des possibles. Dans le film des cinéastes italiens au contraire, apparaît trop vite un monstre du Loch Ness de plastique, pitoyable de complaisance et de laideur, dont on comprend la portée comique, mais qui se heurte à la violence néfaste du prosaïsme. Plutôt que d’ouvrir une porte sur l’inconnu, Bologne a défonce la porte du réel. Cinéma transcendance, inconnue du réel.

Par Valentin Lutz





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