Ukraine dégun ! / Amical / France-Ukraine / SOFOOT.com


Sept ans après une nuit fondatrice contre la même Ukraine, l’équipe de France devra faire oublier un contexte bien tristoune pour ambiancer un Stade de France qui sonnera toujours aussi creux. Et pour animer tout ça, le tapis devrait être déroulé devant le centenaire Olivier Giroud.

Dans les rues de Paris, il ne faut pas tourner bien longtemps pour se voir rappeler les grandes victoires de Napoléon. Austerlitz, Wagram, Iéna, Pyramides, Friedland… Deux siècles plus tard, l’empereur Deschamps en a aussi empilé, des batailles victorieuses, et en a accroché, des médailles sur son poitrail. Pourtant, il ne restera aucune place, aucune station de métro, aucune stèle commémorative pour raviver la flamme de celle d’Ukraine, si déterminante dans la campagne qualificative pour le Brésil et dans l’imaginaire collectif soit-elle. Car ce 13 novembre 2013, jour où l’équipe de France a renversé la table dans un barrage bien mal embarqué (3-0, après une défaite 0-2 à Kiev), le vent de la libération qui a traversé le Stade de France et cette Marseillaise chantée à pleins poumons resteront dans les livres d’histoire. « Ça a été un tournant pour cette génération, pose Olivier Giroud, une des mémoires de ce groupe bleu. Je me souviens d’une communion entre les joueurs et le public. On était comme des gamins. Ce soir-là, on a réalisé quelque chose de grand, on a reconquit le cœur des Français. » Dans l’esprit de tous, c’est sur les bases de ce match que Didier Deschamps a pu chasser les fantômes de Knysna et poser les fondations de son règne à venir.

Rappeler le passé, préparer l’avenir

Sept ans plus tard, le général est toujours en place. Et c’est le même adversaire qui lui est proposé à Saint-Denis dans un contexte diamétralement différent. Il s’agit là d’un amical, initialement programmé en mars, et maintenu autant pour des raisons économiques que sportives. Il fallait bien honorer les engagements pris face aux détenteurs des droits. Et tant pis si les coûts d’organisation ne seront pas couverts par la billetterie : avec une jauge fixée à 1000 places, dont la plupart seront offertes aux partenaires et à la « famille du foot » , la FFF devrait perdre entre 1 et 2 millions d’euros. Ça, c’est pour le porte-monnaie. Côté short, l’intérêt est aussi tout relatif : la sélection menée par Andriy Shevchenko est décimée par les forfaits dus à la Covid (Piatov et Stepanenko sont positifs, quand quatre joueurs du Shakhtar sont cas contact) et est arrivée à Paris en ordre dispersé. Le virus n’a pas non plus épargné le camp français. S’il devrait laisser cette fois Steve Mandanda enfiler une 33e cape et permettre à Paul Pogba de retrouver les Bleus pour la première fois depuis le 11 juin 2019 et une balade en Andorre, c’est le cas contact Adrien Rabiot qui s’est isolé pendant cinq jours à Turin, et ne pourra rejoindre Clairefontaine qu’en fin de semaine. Si on ajoute à ça la volonté du staff de préserver des joueurs ayant joué dimanche avec leur club, cela ouvre la porte à quelques expérimentations.

« La préparation est tronquée, mais elle l’a été aussi pour les Ukrainiens, botte Deschamps. Mais j’ai des idées assez claires, je sais le onze que j’aimerais faire débuter, avec des changements probables à la mi-temps pour répartir le temps de jeu. » Le patron des Bleus avait annoncé que les huit matchs prévus en fin de cette étrange année 2020 allait lui permettre « de faire des choses différentes » . Le 3-4-1-2 aligné contre la Suède et la Croatie en septembre n’a pas été complètement concluant, mais n’est pas enterré. « Peu importe les joueurs que j’aligne ou le schéma que je mets en place : il faut garder notre état d’esprit, clarifiait-il. Le haut niveau, c’est aller chercher les victoires. L’objectif est toujours le même : avoir le plus de maîtrise possible. » Le plan de route est donc clair. Ce mercredi, il y aura du temps de jeu à distribuer, du travail à effectuer avant de retrouver le Portugal et de se déplacer en Croatie (soit nos deux derniers adversaires en finale de tournoi international, avec des issues différentes), mais quelques bouquets à offrir.

« Si vous m’aviez dit que je serais centenaire à 34 ans… »

Lloris et Varane étant probablement ménagés, c’est Olivier Giroud qui pourrait porter le brassard et attirer toutes les attentions. Et pour cause, le Savoyard est assuré de franchir la barre des 100 sélections et a dans le viseur le total de buts de Michel Platini (41 contre 40). « Si vous m’aviez dit que je serais centenaire à 34 ans quand j’étais à Grenoble, je ne l’aurais pas cru, trépigne-t-il. J’ai signé en Ligue 1 à 25 ans, c’est un parcours atypique. Après, ce n’était que du bonus et je ne me suis fixé aucune limite. Quand je suis arrivé à 75-80 sélections, j’ai dû me dire : « Pourquoi ne pas aller jusqu’à 100 ? » » Ce mercredi, il deviendra donc le huitième joueur de ce club très fermé où siègent Thuram, Henry, Desailly, Lloris, Zidane, Vieira et Deschamps. « S’il a eu tout ce qu’il a eu, c’est qu’il a été le chercher, félicite ce dernier. Ces joueurs (qui se révèlent sur le tard), ce n’est pas qu’ils ont une revanche, mais ils ont une force pour prouver que ce qui leur arrive est mérité. » D’autant plus que l’intéressé ne compte pas s’en arrêter là : « C’est un beau chiffre, mais j’ai encore de belles années devant moi. Si je peux apporter à l’équipe, je veux encore continuer. » Et tant pis s’il est de temps à temps à la ramasse avec ses plus jeunes coéquipiers. « C’est vrai que c’est un peu un choc de génération, avec par exemple Eduardo qui a 17 ans. Comme l’a dit le coach, sur un malentendu, j’aurais pu être son père, rigole l’attaquant. Il y a un décalage notamment sur la musique : je ne connaissais même pas le rappeur de la chanson de son bizutage. (Ninho, N.D.L.R.) » Mais l’essentiel n’est pas là : même les plus jeunes ont dû entendre parler de ses exploits d’avant, comme de cette soirée de novembre 2013 face à l’Ukraine.

Par Mathieu Rollinger





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