2021 sera l’année des vaccins Covid-19, voici tout ce qu’il faut savoir

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VACCINS – En 2020, quelques semaines après l’apparition du Covid-19 démarre une course folle. Des dizaines d’entreprises se lancent dans le développement d’un outil qui stimule nos défenses immunitaires, un vaccin, sur lequel reposent beaucoup d’espoirs. En 2021, il doit freiner la propagation du coronavirus, réduire l’apparition des formes graves de la maladie et atténuer ses conséquences désastreuses sur la vie et l’économie à l’échelle de la planète. Rien que ça. 

Commencée il y presque un an, cette compétition internationale devrait démarrer une nouvelle phase en 2021, lorsque les premiers de ces “médicaments” actuellement en phase de test seront autorisés à la vente (ou mis à la poubelle, car inefficaces). Si l’an dernier était l’année du Covid-19 – une des pires de l’histoire, selon le Times – cette année sera sans nul doute l’année du vaccin, avec ses apports et ses zones d’ombre. Tour d’horizon des technologies, des tests et des effets de ces molécules attendues et redoutées. 

 

Où et quand les Français pourront-ils se faire vacciner?

En France, les doses commandées par l’Union européenne et la France arriveront petit à petit. Certains vaccins anti-Covid-19 posent des problèmes de conservation et de logistique, d’autres ne seront tous simplement pas prêt. De toute façon, il est impossible de vacciner tous les Français en quelques semaines. Ainsi la vaccination dans l’hexagone devrait s’étaler sur les six premiers mois de l’année 2021. 

La Haute Autorité de Santé a émis un avis dans ce sens le 30 novembre, détaillant “cinq phases progressives”, par ordre de priorité. C’est sur ces recommandations que se base la stratégie vaccinale du gouvernement. L’État a ainsi défini un calendrier temporaire, amené à évoluer en fonction des doses disponibles.

Les personnes qui pourront se faire vacciner au début de l’année seront les plus à risque: les résidents des Ehpad et les personnes âgées en unité hospitalière, ainsi que les personnels soignants de ces établissements, s’ils présentent des comorbidités ou s’ils sont âgés de plus de 65 ans.

Dès que ces populations seront vaccinées la priorité sera donnée aux 15 millions de Français les plus à risque: les personnes de plus de 50 ans et celles qui présentent des comorbidités. Si les stocks de vaccins le permettent, le grand public pourra se faire vacciner par son médecin traitant horizon juin 2021. À noter que se faire vacciner n’est pas obligatoire. 

>> Pour en savoir plus: l’avis de la Haute Autorité de Santé sur lequel s’appuie le gouvernement pour établir le calendrier vaccinal

Quels pays ont commencé à vacciner en 2020 et avec quels vaccins?  

Quelques jours avant la fin de 2020, le Royaume-Uni, le Canada, la Russie, la Chine et les USA ont commencé leurs campagnes de vaccination. En Europe, la vaccination commencera le 27, 28 et 29 décembre a annoncé la président de la Commission européenne, jeudi 17 décembre.

Courant janvier 2021, deux molécules devront être autorisées par l’Agence européenne du médicament, après vérification de leurs résultats et des effets secondaires observés en phase de test sur l’homme. Il s’agit de “BNT162b2” et de “mRNA-1273″, que les entreprises Pfizer/Biontech et Moderna ont développés.

Ces molécules sont efficaces à respectivement 90 et 94%, selon plusieurs parutions scientifiques ainsi que les études complémentaires des agences nationales de sécurité du médicament. Cela veut dire qu’avec le vaccin Pfizer, on a 90% de risque en moins d’attraper le Covid, et 94% pour celui de Moderna

Des vaccins à 90% efficaces, ce que ça veut dire…et surtout pas dire

Ces molécules utilisent de l’ARN messager, c’est-à-dire un dérivé de l’ADN, capable de transmettre des informations génétiques. En clair, les vaccins utilisant cette technologie administrent à nos cellules le message génétique qu’elles sont censées recevoir lorsqu’elles sont réellement infectées. Cette information déclenche alors la production de marqueurs naturels, à la surface de nos cellules. Comme si elles étaient passées au feutre fluorescent, elles deviennent très visibles pour nos défenses immunitaires qui iront à leur rencontre et apprendront à combattre le virus. 

À quels effets secondaires faut-il s’attendre?  

A l’heure ou est écrit cet article, seuls Pfizer et Moderna ont franchi le cap des essais sur l’homme et de l’autorisation de mise sur le marché. Comme tout médicament, ils présentent des effets indésirables, mais minimes et largement moins dangereux que le Covid-19 en lui-même. Comme ils sont administrés à des personnes saines, les autorités sont très attentives à ce que les vaccins causent largement moins de torts qu’ils n’apportent de bénéfices. 

Au Royaume-Uni et aux USA, les premiers vaccinés rapportent en effet des sensations qui seront sans doute familières à beaucoup: fièvre modérée (inférieure à 39°), maux de tête, fébrilité…les 24 à 48 heures suivant l’injection sont chez certains un moment désagréable à passer.

Des témoignages que viennent valider les derniers chiffres du suivi des essais cliniques Pfizer/Biontech: les bénéficiaires du vaccin Bnt162b2 souffriraient largement de ces effets indésirables. Cependant, la fréquence de ces inconvénients est la même que pour le DTP, un vaccin obligatoire en France.  

>> Pour en savoir plus: les premiers effets secondaires du vaccin Pfizer sont les mêmes que pour d’autres vaccins

De tels effets secondaires sont tout à fait normaux et très difficilement évitables. Et pour cause. Les vaccins dans leur ensemble font croire à notre corps que l’on est malade, pour que nos défenses immunitaires s’entrainent, sans subir les conséquences d’une réelle infection. Il arrive donc que l’on se sente affaiblie, comme si l’on avait un rhume. C’est le signe que le vaccin fait effet et que notre organisme s’arme contre les attaques du virus véritable.

Quelles sont les technologies utilisées ? 

Pour chaque vaccin, le principe de fonctionnement général reste le même: entrainer le système immunitaire avec une fausse alerte, pour qu’il soit plus efficace lorsque le Covid-19 viendra. Seuls les détails techniques varient. La plupart des vaccins en cours de développement utilisent d’autres technologies que celle basée sur l’ARN messager. Leur fonctionnement a déjà été éprouvé sur d’autres maladies. 

Au 14 décembre 2020, il y avait  273 vaccins en développement dont 58 en phase de test, selon le décompte de la London school of hygiene and tropical medicine. Certains vaccins sont fabriqués à partir de virus inactivés, rendus inoffensifs grâce à un traitement chimique en laboratoire. C’est le cas des vaccins chinois de Sinovac et Sinopharm.

D’autres contiennent uniquement la protéine virale du Sars-Cov-2, une sorte de crochet, qui lors d’une contamination normale se fixe à nos cellules pour les contaminer. Cette technologie utilise un virus très courant et sans risque pour nous, armé de la protéine viral du coronavirus. Ces crochets déclenchent une réaction immunitaire protectrice contre le vrai Covid-19. 

Si Pfizer et Moderna étaient fin 2020 les entreprises les plus avancées en la matière, le vaccin d’AstraZeneca devrait également arriver dans les premiers jours de 2021. L’entreprise accusent aujourd’hui du retard, dû à des erreurs dans l’exécution d’un partie de ces tests. Ces problèmes ne remettent pas en cause la sécurité ou l’efficacité générale mais empêche les autorités sanitaires d’émettre leur avis sur une petite portion des données transmises.

Comment être sûr que le vaccin ne s’avère pas mauvais pour la santé à long terme? 

“Les essais cliniques durent 40 jours, car c’est durant cette période que l’on détecte la plupart des effets secondaires” explique au HuffPost l’immunologiste Cécil Czerkinsky, chercheur à l’INSERM. Une fois que les vaccins ont passé les phases de test, ils continuent à être surveillés pour s’assurer que des effets secondaires n’apparaissent pas après ce délai ou que d’autres soient passés inaperçus. Concrètement, cela implique de garder en observation les personnes qui ont participé aux essais cliniques, mais aussi par la mise en place d’un système de surveillance à l’échelle de la population. 

En effet, les essais cliniques ne permettent pas de recenser les effets indésirables très rares. Le professeur Jean-Louis Montastruc, le coordinateur de la campagne de vaccination de 2009 contre H1N1 schématise ainsi pour les lecteurs du HuffPost : pour être certain de détecter ceux qui frappent une ou deux personnes parmi, disons, la population européenne, il faudrait placer un tiers des citoyens européens en essais cliniques. Statistiquement, certaines réactions sont donc imprévisibles.

Pour remédier à cela, la France dispose d’un réseau de pharmacovigilance, des professionnels prêts à donner l’alerte en cas de phénomènes graves. Ils scrutent les registres d’admission à l’hôpital, à la recherche d’indices sur une éventuelle vaccination qui aurait mal tourné, puis lancent des études pour établir le lien entre le vaccin et l’état de santé du vacciné. 

Le 9 décembre 2020, ce système de sécurité a fait ses preuves au Royaume-Uni, premier pays du continent européen à vacciner. Les autorités sanitaires britanniques ont décelé une sensibilité particulière aux vaccins chez des personnes ayant eu dans le passé “d’importantes réactions allergiques”.

“Deux personnes ont mal réagi, mais se remettent bien”, avait alors indiqué Stephen Powis, directeur médical du service national de santé (NHS) pour l’Angleterre. Le Royaume-Uni a immédiatement déconseillé d’inoculer le vaccin de Pfizer et BioNTech contre le nouveau coronavirus aux personnes très sujettes aux réactions allergiques graves. 

Ces phénomènes, plus graves qu’une simple douleur au bras, feront l’objet d’une surveillance renforcée en France. Si un phénomène inquiétant se produit, l’Agence nationale du médicament peut suspendre la vaccination. 

>> Pour en savoir plus: découvrez ce qui est fait pour garantir la sécurité des vaccins après leur mise sur le marché 

 

A-t-on besoin de plusieurs vaccins?

“Notre stratégie repose sur plusieurs vaccins”, expliquait Emmanuel Macron lors de son adresse aux Français le mardi 24 novembre. Une stratégie nationale en accord avec celle de l’Union européenne, qui a annoncé fin 2020 avoir conclu un accord pour l’achat de millions de doses auprès de Pfizer, Moderna et AstraZeneca. Les vaccins seront répartis entre les différents pays membres selon la taille de leur population. 

Il s’agissait d’être sûr de maximiser les chances d’obtenir un maximum de doses, mais pas seulement. Les individus sont différents et leur réponse immunitaire varie en fonction de la santé de leur organisme: “Il est envisageable qu’en fonction des âges, des pathologies, des comorbidités, un vaccin fonctionne mieux qu’un autre”, explique ainsi au HuffPost Morgane Bomsel, virologue et chercheuse au CNRS. 

Les personnes âgées, premières victimes de la forme grave du Covid-19, n’ont en effet pas les mêmes réponses immunitaires que le reste de la population. Comme l’explique une étude de 2013 parue dans The Journal of clinical investigation, la baisse des défenses immunitaires chez les plus de 70 ans s’exprime particulièrement par un déclin de certains types de globules blancs, les lymphocytes B et T, dans le sang.

Conséquence de cet affaiblissement, une plus grande vulnérabilité aux maladies… et une réactivité plus faible aux vaccins basés sur l’incitation d’une réponse immunitaire. Le constat est le même pour les personnes fragilisées par des facteurs ou des comorbidités comme l’obésité, le diabète, ou encore une immunodéficience génétique.

C’est précisément parce que les profils de patients diffèrent que différents types de vaccins sont nécessaires pour atteindre l’immunité collective. Chacun de ces produits peut apporter une pièce singulière au puzzle de la protection contre la pandémie. 

>> Pour en savoir plus: pourquoi faudra-t-il plusieurs vaccins pour venir à bout de l’épidémie

Les vaccins bloqueront juste les formes graves ou empêcheront-ils de transmettre le Covid-19

Le but ultime d’un vaccin consiste à éradiquer un virus ou une bactérie. Pourtant, certains ne font qu’empêcher la maladie de se développer, une fois le virus contracté. Dans ces cas-là, une personne vaccinée peut tout de même attraper le virus et être contagieuse. Le problème, rappelé par Alain Fischer, est qu’“il faudra plusieurs mois” pour savoir si les candidats vaccins les plus avancés (Pfizer/Biontech, Moderna, AstraZeneca) sont bien capables de stopper la transmission.

Pourquoi un délai si long? Tout simplement parce que les industriels les plus avancés n’ont pas cherché, dans les essais cliniques en cours, à vérifier cette information. Et si les vaccins actuels ne servent qu’à empêcher la survenue de formes graves, il faudra peut-être imaginer d’autres procédés ciblant le système immunitaire de façon complètement différente: des “vaccins muqueux”, administrés par le nez.

>> Pour en savoir plus:si les vaccins ne bloquent pas la transmission, les vaccins muqueux seront notre espoir

 En 2021 grâce aux vaccins, pourrons-nous vivre normalement ? 

La route est encore longue, répétait Emmanuel Macron en 2020. 2021 pourrait être une année de transition, vers moins de restrictions sanitaires, mais il est difficile d’affirmer qu’elle sera l’année du retour à la normale d’un point de vue sanitaire. Il y a encore de nombreuses inconnues concernant ces vaccins. 

Il faudra bien sûr continuer à appliquer les gestes barrières et à vivre avec la distance sociale et ses contraintes au moins jusqu’en juin, date à laquelle la population entière pourra prétendre au vaccin. Mais en réalité, même à cette date nous ne serons pas débarrassés du Covid-19. 

“Le vaccin n’est la solution que quand 50 à 60 % de la population sera immunisée” a expliqué le président lors d’un entretien à Brut, le 4 décembre 2021. Il faudra donc qu’une partie importante de la population française aille se faire vacciner, ce qui n’est pas forcément en accord avec les sondages qui révèlent que la majorité des Français sont assez méfiants concernant la sécurité des vaccins, ce qui joue sur leur intention de se faire vacciner.  

Pour vivre normalement, il faudrait aussi que le vaccin nous immunise tous pour une longue durée: “Combien de temps la protection durera-t-elle? Le virus finira-t-il par muter pour échapper au vaccin, ce qui limiterait alors l’efficacité de la vaccination?”, résume une experte britannique, la Dr Penny Ward (King’s College de Londres), citée par l’organisme Science Media Centre (SMC).

 Ainsi, “un vaccin va compléter les autres outils que nous avons, pas les remplacer”, prévient le patron de l’OMS, même si “la lumière au bout du tunnel brille désormais plus fort”. Espérons que 2021 ne fasse pas mentir ce début d’espoir.

>> Pour en savoir plus: Quand un vaccin contre le Covid-19 sera disponible, “ce ne sera que le début”

 

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi contre le Covid-19 il n’y a pas une seule mesure miracle

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