Attentat de Conflans: 16 gardes à vue en cours dont 5 collégiens


AFP

Hommage au professeur d’un collège des Yvelines décapité en pleine rue, le 17 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)

TERRORISME – Quatre jours après, les enquêteurs tentent de reconstituer la chaîne complète des faits et complicités qui ont conduit au meurtre sauvage du professeur Samuel Paty, à qui de nouveaux hommages seront rendus ce mardi 20 octobre après-midi à l’Assemblée nationale et autour de son collège des Yvelines.

En milieu de matinée ce mardi, 16 personnes étaient en garde à vue, dont cinq collégiens, pour comprendre comment l’assaillant, le réfugié d’origine russe tchétchène de 18 ans Abdoullakh Anzorov, a pu retrouver et identifier facilement sa cible avant de la tuer près de son établissement de Conflans-Sainte-Honorine.

Entendu une première fois dimanche avant d’être relâché un collégien a de nouveau été placé en grade à vue mardi. Selon une source proche du dossier, “un ou plusieurs collégiens” ont désigné à l’assaillant le professeur d’histoire-géographie, a priori en échange d’argent.

Abdelhakim Sefrioui toujours en garde-à-vue

Les gardes à vue visent donc à déterminer les responsabilités éventuelles des collégiens en la matière, d’après la même source.

Une personne “déjà condamnée pour des faits de terrorisme et qui déclare spontanément avoir été en lien avec l’auteur quelque temps avant les faits” a également été placée en garde à vue lundi.

Les 10 autres gardes à vue sont celles qui avaient commencé depuis vendredi soir et dans le week-end. Tout d’abord, l’entourage familial, avec les parents, le grand-père et le petit frère de l’assaillant, interpellés à Evreux (nord-ouest).

Est également questionné le père de l’élève qui avait appelé à une mobilisation contre l’enseignant. Il a été interpellé à Chanteloup-les-Vignes, en région parisienne. L’homme qui l’avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur et avait interviewé sa fille dans une vidéo, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, actif en France depuis le milieu des années 2000, ainsi que sa compagne, le sont également.

Une radicalisation en question

Enfin, trois personnes ayant été en contact avec l’agresseur, qui se sont présentées spontanément au commissariat d’Evreux vendredi soir, sont aussi en garde à vue. 

Parmi celles-ci, selon une source proche du dossier, une personne soupçonnée d’avoir convoyé l’assaillant, et une autre personne soupçonnée de l’avoir accompagné lors de l’achat d’une de ses armes.

Selon la source proche du dossier, plusieurs proches ont déclaré en garde à vue que la radicalisation d’Abdoullakh Anzorov date de “quelques mois à plus d’un an”. Son entourage familial a indiqué aux enquêteurs qu’Anzorov avait ”évoqué la polémique” visant le professeur mais pas son acte macabre à venir.

Vendredi vers 17H00, Abdoullakh Anzorov a décapité Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie, à proximité du collège où il enseignait dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine, avant d’être tué de neuf balles par des policiers à 200 mètres de là.

Ce professeur avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de 4e (âgés de 13 ans), dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression

À voir également sur Le HuffPost: À Conflans, les imams appellent les mosquées à prier pour Samuel Paty



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