Avec le Covid, aérer son logement malgré le froid n’a jamais été aussi important


Mathy B via Getty Images

Des microparticules plus légères que les gouttelettes expulsées par la toux peuvent rester en suspension dans l’air et être émises rien qu’en respirant.

CORONAVIRUS – Pluie, vent, et températures automnales sont autant d’arguments pour rester enfermer chez soi sous la couette, plutôt que d’ouvrir grand ses fenêtres. Pourtant, pour se protéger du coronavirus, il est indispensable de renouveler l’air de son logement plusieurs fois par jour, quelle que soit la saison. En juillet dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu que des preuves s’accumulent sur la contamination par aérosols du Sars-Cov2. En clair, cela signifie que des microparticules plus légères que les gouttelettes expulsées par la toux peuvent rester en suspension dans l’air et être émises rien qu’en respirant.

Les médecins sont donc nombreux à encourager l’aération des espaces intérieurs, à l’instar d’Anne Casetta, cheffe du service d’hygiène hospitalière à l’hôpital Cochin à Paris qui conseille ce vendredi 9 octobre dans Le Parisien d’aérer son logement trois fois par jour pendant quinze minutes au moins. “Ouvrir en grand les fenêtres permet de diminuer la concentration de virus dans l’air. Nous savons que la contamination dépend de la dose infectieuse. Plus on la dilue, moins le risque d’être infecté est grand. Une grande partie du virus part à l’extérieur”, a-t-elle poursuivi. 

Ces précautions sont d’autant plus importantes dans les foyers familiaux, potentiels foyers de contamination. En témoigne la publication par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ce vendredi 9 octobre, d’une étude soulignant que les personnes habitant un logement exigu ou surpeuplé étaient 2,5 plus nombreuses à avoir contracté le Covid-19. À ce sujet, le médecin généraliste Christian Debraine avait recommandé dans Le Parisien à tous les membres d’une famille d’ouvrir la fenêtre au moins trente minutes, deux fois par jour, entre autres. 

Jean-François Doussin, spécialiste des aérosols atmosphériques et de la pollution particulaire expliquait au HuffPost le 2 octobre dernier, le risque de transmission du virus par l’air. “Dans toutes les activités oropharyngées, de la respiration aux hurlements en passant par la parole, les éternuements, on va avoir des émissions de particules”, soutenait-il. Certaines particules, trop lourdes, tombent, comme les postillons. D’autres, suffisamment légères, vont se balader dans l’air pendant plusieurs heures. Dans ces particules se trouvent des coronavirus, minuscules. “Un virus dans une gouttelette, c’est comme un pépin de raisin dans un raisin, mais il peut y en avoir beaucoup” décryptait le chercheur. Et ces gouttelettes peuvent “faire des kilomètres” tout en se diluant, précisait-il. 

L’aération, une mesure barrière? 

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a ajouté l’aération des pièces comme recommandation officielle contre le coronavirus. Une question qui continue de cliver dans l’Hexagone, même si une large partie du corps scientifique plaide pour l’ajout de l’aération des pièces aux gestes barrières. En juillet dernier, 239 scientifiques internationaux avaient réclamé dans une lettre ouverte à l’OMS de considérer “la propagation aérienne du Covid-19 comme une possibilité”. “Nous reconnaissons que des preuves émergent dans ce domaine”, leur avait répondu l’organisation mondiale. Parmi les signataires figure Lidia Morawska, spécialiste des aérosols à la Queensland University of Technology en Australie. Elle a estimé en septembre dernier dans Le Figaro que l’exemple de la chorale dans l’État de Washington, aux États-Unis, où 53 personnes avaient été contaminées, prouve que “les personnes asymptomatiques excrètent du virus sans le savoir, sans tousser ni éternuer”.

Faute de recommandation officielle en matière d’aération, l’impatience commence à poindre chez les soignants. Le docteur Jérôme Marty, président du syndicat UFML, s’agaçait encore récemment sur Twitter que l’aération ne figure pas parmi les mesures barrière officielles. 

Mais, plus généralement, l’épidémie remet en lumière des règles de base, à appliquer en toutes circonstances. Aérer son logement permet de se protéger de la pollution, de la poussière et des maladies. “Les environnements confinés et peu ou pas ventilés concentrent les polluants atmosphériques qui sont facteurs d’irritation des voies respiratoires supérieures, voire aggravant les risques d’infections”, rappelait au HuffPost Manuel Rosa-Calatrava, directeur adjoint du laboratoire virologie et pathologie humaine. C’était en 2017, et c’est toujours valable aujourd’hui. 

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