Avec les confinements, les Français vont mal. Et les psys, comment vont-ils? – BLOG

[ad_1]

SANTÉ – Bonne question… On serait tenté de penser que les psys, de par leur formation et leur expérience, sont “blindés” face aux événements perturbateurs. Malheureusement, l’image caricaturale du psy imperturbable barricadé dans la neutralité ne décrit pas la réalité. Non seulement les psys sont affectés, mais en plus ils sont particulièrement exposés du fait de leur statut triple: humain, citoyen et psy.

Le psy humain

En effet, un psy est un être humain. Et en tant qu’humain, le Covid lui fait peur. Pour lui, tout d’abord: il sait courir les mêmes risques que la population générale. Pour sa famille ensuite. Un psy a des parents, des frères, des sœurs, des enfants. Tous peuvent mourir du Covid. Il doit donc apprendre à gérer ce risque comme chacun d’entre nous. Il vit le même sentiment d’impuissance et de perte de contrôle.

De plus, il nourrit des craintes comme tout être humain dans cette crise qui a bouleversé les repères. L’avenir n’est pas rose. La crise sera économique, sociale et sociétale. De quelle façon sera-t-il impacté? De quelle façon sa vie sera-t-elle bouleversée? Et celles des personnes qu’il aime? Comme tout un chacun, le psy appréhende les conséquences de la crise sur son activité professionnelle et sa sécurité matérielle.

Le psy citoyen

Ensuite, en tant que citoyen, il se pose les questions que chacun se pose. Les mesures sanitaires sont-elles pertinentes? Faut-il se vacciner? Quel est le plan du gouvernement pour sortir de la crise? Comme tous ses concitoyens, le psy souffre des contraintes du confinement. Il s’interroge sur les restrictions aux droits fondamentaux, de cette privation de liberté où marcher et respirer ne peut même plus se faire librement. Une société où, finalement, il est très facile de corseter le peuple.

Le psy psy

Mais en tant que psy, il est, de plus, soumis à un stress épargné aux autres citoyens. Lui doit écouter et jouer le fort. Il doit servir de modèle, montrer de la solidité pour encourager ses patients. Il doit accueillir l’angoisse alors que lui-même est angoissé. Il doit lever les doutes alors que lui-même doute. Il doit continuer de travailler, exposer sa santé au Covid, pour préserver la santé de ses patients. D’ailleurs, les médecins font partie des corps de métier considérés par la CPAM comme cas contacts permanents. Ils ont consigne de travailler même en cas de symptômes… parce que l’État sait qu’il ne peut pas se passer des soignants.

Comme les autres soignants, les psys sont déjà épuisés. Pourtant, ils savent que le gros du travail est devant eux. Longtemps après que les réas seront vidées, les dépressions et les troubles anxieux se multiplieront. Ceux dont il se sent le plus proche, ce sont ses patients, qui partagent les mêmes angoisses quotidiennes et pas technocratiques. Certains vont craquer face à l’angoisse, à l’effondrement de leur niveau de vie. Et il faudra répondre présent, en tentant d’éviter le spectre du burn-out, dont on sait qu’il a été décrit à l’origine chez les soignants.

Le psy épuisé et abandonné

Mais ce qui est encore plus dur, c’est que le psy ne se sent pas soutenu par les autorités. Depuis longtemps le monde de la psychiatrie souffre du changement de paradigme où les objectifs gestionnaires ou sécuritaires prennent le pas sur le soin. Le Conseil de l’Ordre des Médecins faisait la couverture de son bulletin de janvier-février 2020, avant même la pandémie, sur la psychiatrie en danger. Alors que l’on sait depuis le début que les conséquences psychiques seront dramatiques, alors que se multiplient les signes d’alerte sur la vague de troubles psy qui va déferler, savez-vous qu’il n’y a pas un seul psychiatre au sein du Conseil scientifique présidé par le Professeur Delfraissy?

Pourtant, cette crise pourrait être l’occasion de redistribuer les cartes. Elle pourrait être le moment d’attirer l’attention et les moyens au bénéfice de la santé et de la santé mentale. Elle pourrait être l’occasion de valoriser les métiers dont on se rend compte qu’ils sont indispensables. Parce que oui, le mal est bien connu: les métiers financièrement valorisés sont ceux qui créent de la richesse, pas forcément ceux qui sont essentiels à la société (et je ne parle pas uniquement des soignants). Emmanuel Macron, dans son discours du 13 avril dernier, citait la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen: “les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune”. Pourtant, en tant que psys, nous savons depuis longtemps que les métiers de première ligne sont au dernier rang dans les préoccupations des décideurs. Alors oui, la conscience de ce paradoxe rend les psys amers.

J’aimerais pouvoir dire que ce drame sanitaire va être un nouveau grand départ. Dire que j’ai confiance et que l’on va pouvoir faire face à la vague de dépression sans aucun dégât. Dire que la santé mentale va être mise au premier rang des priorités. Dire que tous les corps de métier indispensables vont désormais obtenir la récompense qu’ils méritent, fondée sur l’utilité commune.

J’aimerais le dire… mais qui y croirait?

À voir également sur Le HuffPost: Pendant le covid-19, cette hotline vous propose de les appeler juste pour hurler un bon coup

[ad_2]

Source link

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.