Avoir 20 ans en 2020, c’est aussi faire partie d’une génération généreuse et solidaire – BLOG

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GÉNÉRATION Z – “C’est dur d’avoir 20 ans en 2020”. Cette formule du Président Macron a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause: les jeunes ont mauvaise presse ces derniers temps, devenus des boucs émissaires idéaux à qui l’on prête à moindre coût tous les maux de la déflagration sanitaire et sociétale actuelle. “S’ils avaient connu la guerre, ils arrêteraient de se plaindre…”, râlent les uns, “ils n’avaient qu’à pas faire la fête tout l’été”, s’énervent les autres.

Pour tous les jeunes comme moi qui ont eu vingt ans en 2020, cette année a généré frustration et désenchantement. Vingt ans, cet ”âge du possible”, comme disait Ambrose Bierce, s’est transformé en âge de l’immobilité et de l’isolement. Confinés, covidés, freinés dans nos parcours de vie: 2020 a marqué un point d’arrêt à un moment de nos existences où, d’habitude, plus que jamais, se construisent nos avenirs.

Les jeunes, boucs émissaires de notre temps?

Et pourtant, à en croire certains commentateurs, les jeunes seraient coupables de négligence, trop irrévérencieux pour se soumettre à l’autorité et responsables de la propagation du virus. Bien sûr, il y a ces jeunes que l’on voit ivres morts dans des caves clandestines s’adonnant à des “fêtes sauvages” au mépris des règles sanitaires les plus élémentaires. Leur égoïsme est odieux.

Mais ces quelques cas sont-ils représentatifs de la jeunesse? Non, évidemment pas! Ils sont une minorité sur laquelle s’attardent les projecteurs médiatiques et qui servent trop souvent à discréditer la jeunesse tout entière.

Pourtant, à côté d’eux, dans l’indifférence la plus complète, l’immense majorité des millions de jeunes français subit et affronte en silence cette crise qui les prive de toute vie sociale et des plaisirs simples – sortir, faire la fête, voir ses amis – qui, hier encore, rythmaient le quotidien de n’importe quel vingtenaire. Ils le font de bon cœur, pour protéger leurs proches et la société. Ils le font, là encore pour la plupart, sans s’y opposer ni outrepasser les règles, alors même qu’ils sont les moins susceptibles d’être contaminés eux-mêmes par le virus.

La jeunesse “irresponsable” et “immature”…

Précisément parce que cette génération, trop souvent dépeinte comme “irresponsable” et “immature”, est d’abord une génération généreuse et solidaire. Une génération qui face aux crises protéiformes dont elle hérite – sociale, économique et, évidemment, environnementale – ne se résigne pas et garde la tête haute. Une génération qui ne se plaint pas, ne se victimise pas, mais s’engage, fait entendre sa voix, porte ses convictions: dans la rue, dans les universités ou même sur les réseaux sociaux.

Pourtant, qu’il est difficile de tenir bon… Les étudiants doivent subir des enseignements à distance d’un ennui mortel et passer leurs examens dans un contexte terriblement anxiogène. Les jeunes actifs, eux, font face à un marché du travail saturé et plus que jamais moribond; décrocher un stage, ou a fortiori un emploi, relève désormais du miracle. Certains d’entre nous vivent seuls dans de petits studios, parfois dans des conditions matérielles précaires et sans soutien psychologique. Les dernières études convergent vers une augmentation inquiétante des cas dépressifs chez les plus jeunes; dès juillet 2020, une enquête de la Fage chiffrait à pas moins de 23% le nombre d’étudiants ayant eu des pensées suicidaires.

… Mais la jeunesse, innovante et surprenante

Paul Nizan, dans l’incipit resté célèbre de son roman Aden Arabie, affirmait déjà:

“J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie”. Difficile, en 2020, de le contredire. Et pourtant, si cette année de chaos nous a arraché nos dernières désillusions, elle n’aura pas réussi à nous enlever nos idéaux, bien au contraire. Dans le fracas du désordre, la jeunesse a su se montrer plus que jamais surprenante et innovante; en témoignent les milliers d’initiatives solidaires nées pendant le confinement.

Alors, soyons à la hauteur de la gravité de la crise. Ne jouons pas le jeu des diviseurs qui voudraient mettre dos à dos les jeunes et nos aînés, quand bien même c’est justement par le dialogue intergénérationnel et la cohésion collective que nous pourrons surmonter cette crise. Ne cultivons pas le mépris d’une jeunesse certes imparfaite, mais à laquelle on demande beaucoup de sacrifices et qui s’y soumet le plus souvent avec discipline et courage. Ne laissons pas se propager les caricatures et les stéréotypes: ils nuisent à l’intérêt général et affaiblissent le débat public. Faisons confiance aux jeunes, l’avenir leur appartient. Et nous tous qui avons eu vingt ans en 2020, continuons d’espérer: pour nous-mêmes, pour les autres, pour demain.

À voir également sur Le HuffPost: Quand le professeur Macron donnait des leçons à des jeunes

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