Aya Nakamura sur son argot: « On ne fait pas du tout les mêmes reproches aux rappeurs »


MUSIQUE – Élue l’artiste française la plus écoutée sur Spotify en juillet 2020, à 25 ans seulement, Aya Nakamura sort ce vendredi 13 novembre son troisième album “Aya”. Dans cet album, l’artiste française dévoile un aspect plus personnel de sa personnalité et chante sur ses relations amoureuses. Tout en s’amusant des éternelles critiques sur le vocabulaire de ses paroles.

Dans ce nouvel opus, Aya Nakamura chante sur ses sentiments amoureux. Elle livre ses atouts et faiblesses à cet égard, avec notamment le titre “Plus jamais” en référence à une déception amoureuse, ou encore “Sentiments grandissants” relatif à sa rencontre avec un homme.

“Parle en français, sois clair”

Mais tout n’est pas histoire de sentiment. Dans “Doudou”, Aya Nakamura lance une expression qui ne laisse pas indifférent: “Parle en français sois clair”. Un clin d’oeil en fait aux nombreuses critiques qui lui ont longtemps été faites à l’encontre de son vocabulaire.

En début de carrière notamment, dès lors qu’elle était invitée sur un plateau et interviewée par des journalistes, on lui demandait d’expliquer ses mots et expressions utilisées tels que “en catchana”, “tu dead ça”, “pookie” ou encore “faut pas tchouffer”, ce qui a fini par agacer la chanteuse. Elle faisait également l’objet de multiples reproches sur les réseaux sociaux selon lesquels elle ne savait pas parler français ou qu’elle ne faisait pas vraiment de la musique.

Aujourd’hui, elle se confie au HuffPost avec un peu plus de recul, dans une interview vidéo à voir en tête de cet article: “C’est mon langage de la vie de tous les jours, je n’ai pas envie de faire semblant. L’argot c’est un langage très utilisé dans les quartiers ou autres et je pense que chaque milieu à son argot.”

Si l’artiste estime ne pas avoir été “blessée” par ces remarques, elle assure que cela est dû ”à une différence de culture”. En effet, le vocabulaire qu’elle utilise surprend des personnes qui n’ont pas pour habitude d’entendre ou d’utiliser ces termes. C’est donc pour elle davantage une question de “mépris” de milieu social et culturel.

Dans son troisième album, Aya Nakamura continue donc à utiliser des expressions d’argot inspirées parfois de l’argot ivoirien d’où elle est originaire ou du verlan. Certains mots ne sont pas forcément familiers à tous tels que “tchop” qui signifie “voiture” ou “lossa” qui est l’envers du mot “sal***”.

Aya Nakamura, Wejdene… Les femmes plus exposées

Selon la jeune femme de 25 ans, les critiques relatives au langage sont plutôt réservées aux artistes féminines. “On est des femmes donc en général on est un peu plus exposées que les hommes, que les rappeurs”, déclare-t-elle au HuffPost. “C’est vrai qu’on ne fait pas du tout les mêmes reproches aux rappeurs. Pourtant, il n’y a que ça dans leurs paroles et on ne leur demande pas pourquoi ils ont écrit cela. Bizarrement, le message est très clair ”.

Ainsi, il serait davantage attendu d’une femme qu’elle utilise un vocabulaire “correct” ou qu’elle évoque des sujets non tabous. Alors, lorsqu’une artiste féminine contrevient à ces “attentes”, cela semble en perturber plus d’un. 

Récemment, c’est à la nouvelle star de R&B française, Wejdene que l’on a fait ces mêmes reproches. Le refrain de son titre “Anissa” comprend une faute de français: “Tu hors de ma vue”. Une erreur involontaire selon elle et à laquelle elle avait répondu en se mettant en scène avec une journaliste en interview dans son clip. “Je ne savais pas que ce n’était pas français. Pour moi c’était français”, a-t-elle expliqué au site Purebreak. Suite à son passage dans Quotidien en septembre dernier, la jeune femme de 16 ans avait notamment fait l’objet d’un lynchage sur Twitter avec des commentaires très désobligeants. 

D’autres artistes féminines ont subi ce genre de critiques, que ce soit en France comme Chilla pour son rap jugé trop vulgaire dans son premier album “Mun” sorti en juillet 2019 mais aussi aux États-Unis avec Cardi B qui a fait réagir la classe politique américaine avec son son titre “WAP” évoquant l’anatomie et le plaisir féminins et le clip qui l’accompagne souvent qualifié d’“obscène”. 

“Je n’ai pas créé ‘Aya’ de la même manière que ‘Nakamura’”

Aya Nakamura assure en tout cas être restée fidèle à elle-même dans cet album et c’est d’ailleurs ce que laisse supposer la pochette de celui-ci. La chanteuse de 25 ans apparait de face avait un visage serein. 

En interview, elle revient notamment sur la différence avec son dernier album intitulé “Nakamura”. Dans “Aya”, elle dévoile d’autres aspects de sa personnalité. “C’est vraiment Aya, je m’assume (…) J’ai l’impression que comme j’ai mis qu’“Aya”, tout le monde se dit: elle va faire un album plus intimiste. Non, j’étais plus en mode, aujourd’hui c’est bon je me suis posée,” explique-t-elle au HuffPost

Et selon la jeune femme, le choix d’utiliser son prénom comme titre de son nouvel album se justifie par le simple fait que sa vie était plus “calme et aisée” au moment de son écriture, déclare-t-elle.

“Je pense que j’ai fait un album plus mature, je n’ai pas peur de montrer toutes les facettes de ma personnalité, il y a des fois où je suis plus sensible, d’autres où je suis plus “rentre-dedans”, et dans cet album-là je suis plus à l’aise.” 

À voir également sur Le HuffPost : Gaël Faye invite Christiane Taubira sur son nouvel album “Lundi méchant”



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