Caricatures: pour l’évêque de Nice, « il y a des identités qu’on ne peut pas trop bafouer »


AP Photo/Daniel Cole

Deux jours après l’attaque de Nice, l’évêque de la ville dit « ne pas être Charlie » mais rappelle la liberté d’expression (Photo d’illustration: devant la basilique Notre-Dame de l’Assomption le 30 octobre).

ATTENTAT DE NICE – “Je ne suis pas ‘Charlie’, je suis André Marceau!” Deux jours après l’attaque terroriste contre une basilique en plein cœur de Nice, qui a fait trois morts dont un sacristain, l’évêque de la ville défend la liberté d’expression, qu’il estime “sacrée en France”, sans toutefois défendre coûte que coûte la publication de caricatures, quelles qu’elles soient.

“Ces caricatures, ce n’est pas mon problème. Certes, la liberté d’expression est sacrée en France, mais que chacun s’assume. Il y a des identités qu’on ne peut pas trop bafouer à la légère”, estime Mgr André Marceau, interrogé par Nice-Matin ce samedi 31 octobre. 

Si Jésus était caricaturé par Charlie Hebdo (ce qui a déjà été le cas à plusieurs reprises), “j’aurais de la peine”, confie l’évêque de Nice. Mais “lorsque des éléments nous choquent, on va devant les tribunaux et on gagne”, ajoute-t-il. Lorsque le quotidien régional lui demande s’il est “Charlie”, Mgr André Marceau répond par la négative. “Non, je ne suis pas ‘Charlie’, je suis André Marceau! Soyons nous-mêmes avec nos convictions”, lance-t-il.

Mgr André Marceau prône le “pardon”

L’évêque prône “le pardon” envers le terroriste. “Le pardon, c’est l’œuvre de Dieu, c’est la capacité d’avoir des sentiments qui ne sont pas ceux de cet homme, qui lui est animé par des sentiments de mort, de haine, de violence”, explique-t-il.

Mgr André Marceau estime que l’islam “doit prendre des mesures, tenir des propos afin d’ouvrir les fidèles à d’autres réalités que celles qui vont jusqu’à l’extrémisme”, jugeant qu’avec “ce radicalisme”, “c’est aussi un Occident qui est rejeté. Il faudrait peut-être s’interroger là-dessus…”

Après l’attaque mortelle dans la basilique, pour l’évêque de Nice “on doit dire qu’on n’est pas asservis”. “Il faut pouvoir donner le signal à d’autres que nous restons debout! Notre liberté d’expression c’est justement notre liberté d’ouvrir nos églises où nous proclamons que notre foi est un message d’amour”, insiste-t-il.

Jeudi, trois fidèles sont morts dans l’attaque au couteau dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption. Les motivations précises de l’auteur présumé, un Tunisien de 21 ans, grièvement blessé par la police municipale alors qu’il menaçait les agents en criant ‘Allah Akbar’, restent encore inconnues.

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