Carrefour, Auchan ou Casino passent au chômage partiel et agacent leurs syndicats


BERTRAND GUAY via Getty Images

Depuis le début du second confinement, le grande distribution a dû fermer ses rayons proposant des produits dits « non essentiels ». Et la plupart des enseignes ont donc décidé de recourir au chômage partiel pour compenser cette baisse d’activité (photo du 3 novembre, dans un magasin Carrefour). 

ÉCONOMIE – Syndicats et politiques enragent. Plusieurs enseignes de la grande distribution, dont Auchan, Carrefour et Casino, ont désormais recours au dispositif de chômage partiel pour faire face à la perte d’activité qui les frappe avec la fermeture des rayons considérés comme “non essentiels”, selon différentes sources interrogées par l’Agence France presse ce vendredi 13 novembre.

Dernier en date, Carrefour a indiqué vendredi “que la mise en place des mesures de chômage partiel a commencé jeudi”, confirmant une information du magazine spécialisé LSA.

Selon des chiffres avancés par franceinfo, mais non confirmés par l’enseigne, 90.000 des 110.000 salariés seraient concernés par cette activité réduite (financée donc par l’État). Une situation qui a vivement fait réagir le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis Fabien Roussel, qui rappelle qu’à l’été, le groupe a versé quelque 183 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires. “Cela va continuer combien de temps Monsieur le ministre Bruno Le Maire?”, demande l’élu PC. 

Toujours d’après franceinfo, cela représente “deux à trois jours” de chômage partiel pour les salariés qui travaillent d’ordinaire dans les rayons fermés, et un jour toutes les deux semaines pour tous les autres, y compris par exemple les caissières et les vigiles. Auprès de la radio, le délégué CGT Philippe Allard s’interroge: “Seuls les rayons non alimentaires, non essentiels, sont concernés par la fermeture. On ne comprend pas pourquoi Carrefour arrive à faire une activité partielle qui concerne 90.000 salariés dans le groupe.” 

Des appels à la mobilisation le jour du “Black Friday” 

“Pour la première fois de ma vie je vais être en chômage partiel à 10%”, a aussi expliqué à l’AFP Patrice Auvinet, délégué CGT dans un Carrefour d’Angers. “Certains sont à 50% notamment au textile, la majorité à 10%”. “C’est sûr qu’on n’a pas l’affluence habituelle. Les résultats étaient très bons en début d’année quand on était les seuls ouverts pendant le premier confinement, là on ne sait pas encore, mais c’est sûr qu’il y a une baisse d’activité”.

Il précise que son organisation syndicale “conteste l’utilisation des subventions et impôts pour pallier la baisse de chiffre d’affaires chez Carrefour”. La Fédération CGT Commerce, Distribution & Service appelle “l’ensemble des salarié.e.s à se mobiliser massivement le 27 novembre, jour du Black Friday”.

Toujours chez Carrefour, un délégué CFDT, Olivier Guivarch, explique à franceinfo que la décision du groupe a été prématurée, prise sans concertation, sans chiffres fiables sur une éventuelle baisse de la fréquentation et surtout appliquée uniformément à tous les magasins, indépendamment du nombre de rayons concernés et de l’activité depuis le début du deuxième confinement. 

Pour le troisième syndicaliste Carrefour interrogé par franceinfo, Dominique Moualek (FO), il s’agit là d’un message envoyé par le secteur à l’attention de l’exécutif: “Aujourd’hui, la grande distribution, en clair, dit au gouvernement : ‘Vous voulez nous interdire la vente des produits non essentiels, vous allez assumer une partie des salaires de nos entreprises’.”

Tout le secteur est concerné 

Lundi, la CGT avait déjà publié un communiqué selon lequel Casino avait annoncé recourir à l’activité partielle “pour environ 800 salariés (hyper) à compter du lundi 9 novembre”. Elle précisait que “d’autres entreprises du groupe ont d’ores et déjà prévu d’utiliser cette manne financière”. Sollicité vendredi par l’AFP, le groupe a confirmé avoir recours à l’activité partielle, pas le nombre de salariés concernés. 

Selon une source proche, les dossiers sont étudiés “magasin par magasin, et des procédures de demande d’activité partielle ont été lancées pour les enseignes Géant et Monoprix, qui ont la part d’activité la plus importante sur le non essentiel”. L’enseigne Géant a prévu de compléter la rémunération partielle perçue par les salariés, comme chez Carrefour.

Chez Auchan, “la direction a mis en route la demande de chômage partiel, nous demandons qu’il soit compensé à 100%”, indique vendredi Guy Laplatine, CFDT Auchan. À La Voix du Nord, le représentant complète en expliquant que “l’entreprise dispose de trésorerie: la vente des magasins chinois a rapporté trois milliards d’euros. Auchan peut compléter pour la prise en charge totale des salaires.” 

Un porte-parole du groupe a confirmé que “des CSE ont été organisés mardi dans l’ensemble des hypermarchés, avec une approche extrêmement locale parce que chaque contexte d’hypermarché est différent”, selon un porte-parole du groupe, qui estime que la baisse d’activité est notable, “entre 25 et 40% du chiffre d’affaires pour certains magasins”.

À voir également sur le HuffPost: Castex donne des garanties sur le chômage partiel aux entreprises fragilisées par la crise



Source link

Please follow and like us:

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.