Cette survivante de l’Hyper Cacher raconte « les quatre heures les plus horribles » de sa vie

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JUSTICE – “C’était les quatre heures les plus horribles de toute ma vie”. Zarie Sibony, une des deux caissières de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, viendra raconter ce mardi 22 septembre à la barre des assises de Paris la glaçante prise d’otages dont elle a réchappé il y a plus de cinq ans.

La jeune femme “a failli ne pas venir”: d’Israël où elle réside désormais, elle a attendu les résultats d’un test de dépistage du Covid, raté son premier avion, puis fini par trouver un autre vol pour Paris, raconte-t-elle à l’AFP lors d’un entretien en fin de semaine dernière. 

Zarie Sibony, 28 ans, est l’une des rares survivantes de confession juive à déposer au procès des attentats de janvier 2015. Une ”étape très importante” pour la jeune femme, qui veut y “représenter la voix” de François-Michel Saada, Philippe Braham, Yohan Cohen et Yoav Hattab, les quatre personnes décédées sous les balles du preneur d’otages jihadiste Amédy Coulibaly.

“Quatre heures et quatre minutes”

“Enfermée avec un fou pendant quatre heures et quatre minutes”, ce vendredi 9 janvier, elle a longtemps eu en tête “les bruits des détonations, les images des corps, l’odeur de la poudre, du sang coagulé”. Maintenant, elle assure aller “beaucoup mieux”.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article, elle n’hésite par à décrire le déroulé de cet après-midi terrible, dans le magasin où elle travaillait en CDD dans “une ambiance sympa” depuis plusieurs mois.

Zarie Sibony décrit aujourd’hui Amédy Coulibaly comme un homme “très musclé”, qui “savait se servir de ses armes”, à la “nonchalance” choquante.

“Je lui ai demandé ‘vous voulez l’argent des caisses ?’. Il a rigolé. ‘Tu as vraiment cru que j’étais venu pour de l’argent ?’”, se souvient-elle.

“Il m’a expliqué que les frères Kouachi et lui faisaient partie d’une même équipe, qu’ils s’étaient scindés en deux, eux étaient responsables de Charlie Hebdo, lui de la police et de nous. J’ai bien compris qu’il en avait après nous parce qu’on était juifs et français”.

Nouvelle vie en Israël

Sa vie maintenant est en Israël, où elle est puéricultrice et vient d’obtenir un diplôme d’infirmière, dont elle se dit “très fière”.

Faire son “aliyah”, elle y pensait, avant. Zarie Sibony, qui se décrit comme une “fille religieuse de base” avait “l’habitude”, dans sa banlieue parisienne, de “se faire traiter de sale juive”, de se faire “cracher dessus”.

Elle a franchi le pas il y a un an. Et ne s’est “jamais autant sentie en sécurité que là-bas”. “Ils sont plus aptes à me comprendre, moi qui ait aussi vécu un acte terroriste”.

La jeune femme appréhende son témoignage mardi. Y verra-t-elle les familles des victimes décédées ? “Je me sens tellement coupable de me dire que je suis restée là-bas quatre heures et que je vais bien”, quand d’autres ont été abattus au bout de deux minutes…

Dans ses moments d’angoisse trotte aussi dans sa tête “l’option que ça peut se reproduire”. “Et que cette fois-ci, je ne sortirai pas vivante”.

À voir également sur Le HuffPost: Hyper Cacher: Bernard Cazeneuve, encore ému, raconte l’assaut

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