“Chouette pas chouette”, la mini-série pour enfants contre les stéréotypes de genre


TÉLÉVISION – “La danse, c’est pour les filles!”, “Un garçon, ça ne pleure pas!”, “Une fille, ça ne doit pas se faire remarquer”, “Un garçon, ça n’a pas peur!”, “Une fille, ça ne peut pas être cheffe!”… C’est pour ne plus entendre ces phrases qu’est née la mini-série pour enfants “Chouette pas chouette”.

Diffusé à partir de mercredi 13 janvier sur 6 chaînes de télévision, ce programme télévisé destiné aux petits de 4 à 6 ans s’attaque de plein fouet aux stéréotypes liés au genre. Dans chacun des 16 épisodes de 1′30 minute, un thème est abordé: les cheveux longs, l’espace de la cour de récré, le bricolage, les métiers, le football, les princesses et les chevaliers…

Des personnages aux voix d’enfants mais à l’apparence d’animaux anthropomorphes discutent ou jouent lorsque l’un d’entre eux, au détour d’une conversation, a une parole involontairement sexiste. Dans un langage adapté aux tous petits, une voix off intervient alors pour inverser les rôles.

Objectif: “susciter leur empathie, les pousser à remettre en cause leurs préjugés et comprendre que naître fille ou garçon, grand ou petit, croco ou panthère, ne détermine pas ce que sera sa vie”, explique Make.org, à l’origine du programme.

Les a priori s’envolent

Et si Kiki la petite brebis, qui trouve que le t-shirt rose de son ami le chien Wawa n’est “pas pour les garçons”, se retrouvait obligée de porter du jaune, couleur qu’elle déteste? Et si Baba la petite oursonne, qui se moque de son ami Fafa le lapin, larme à l’oeil en lisant son livre triste, était empêchée de pleurer quand elle en a besoin? 

En se mettant à la place de celui qu’ils critiquent, ils comprennent alors que leur comportement ou leurs remarques ne sont “pas chouettes”. Et hop, fini le football réservé aux garçons ou les cheveux longs pour les filles. En moins de deux minutes, le sujet est évacué et tous les a priori, en général très innocents, s’envolent aussi vite qu’ils ont été dits, souvent répétés sans réfléchir.

2 Minutes / Gaumont

En mettant en scène de petits animaux plein d’a priori en apparence innocents, ce programme aide à lutter contre les stéréotypes de genre et contre le sexisme.

Lutte contre les violences faites aux femmes

C’est sur la plateforme citoyenne Make.org qu’est née l’idée ce programme, au sein d’une plus vaste consultation sur la lutte contre les violences faites aux femmes. “L’objectif était de réaliser une série d’animations pour sensibiliser les plus jeunes aux préjugés, explique au HuffPost Jean-Michel Spiner, producteur chez 2 Minutes. Et de prévenir tous ces germes de sexisme qui peuvent ensuite dégénérer en autre chose à l’âge adulte.”

Le choix de mettre en scène des animaux, qui se définissent dans les épisodes comme “fille” ou “garçon”, a été bien réfléchi. “On voulait qu’il y ait une vraie diversité dans la représentation des personnages, sans avoir à se calquer sur la diversité humaine, explique-t-il. Les animaux, cela permettait une plus grande liberté et d’éviter les représentations stéréotypées, aussi.” De fait, lorsque l’on regarde les personnages, rien n’indique, avant qu’ils ne parlent, s’ils sont de sexe masculin ou féminin.

Un écho plus large que les 4-6 ans 

Conçus en collaboration avec l’association Les Chiennes de Garde et le Clemi (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information), les épisodes ont aussi été pensés comme des outils pédagogiques, notamment à l’attention des enseignants. Pour parler de genre de façon ludique, sans tomber dans le clip institutionnel. 

Un livret pédagogique accompagnant le programme a également été réalisé et sera distribué aux enseignants, ainsi qu’une version “famille” plus grand public, qui sera mise à disposition en ligne, à télécharger sur le site du Clemi.

Les 16 épisodes (production 2 Minutes et Gaumont) seront diffusés dès mercredi 13 janvier sur TF1, France Télévisions, Piwi+ (Groupe CANAL+), Gulli (Groupe M6), Disney Channel & Disney Junior), Nickelodeon Junior et sur l’application ludo-éducative Bayam. Il est déjà question de les exporter en Belgique et au Canada, ainsi que de les traduire en anglais pour conquérir d’autres pays.

Si la série s’adresse aux enfants de 4 à 6 ans, elle pourrait avoir un écho plus large. “Certains adultes peuvent penser par exemple que des métiers sont plutôt davantage pour les hommes, sourit Jean-Michel Spiner. Donc cette série peut leur faire du bien aussi”.

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