Conflans-Sainte-Honorine: Marlène Schiappa dénonce les « méthodes de charognard » de Marine Le Pen


Aurelien Meunier via Getty Images

Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, à l’Assemblée nationale au mois de juin (illustration). 

POLITIQUE – Les spécialistes du jihadisme le répètent à chaque drame: l’objectif des terroristes est de fracturer la société française. Après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine commis vendredi 16 octobre, force est de constater que la rupture est bel et bien consommée dans le monde politique. 

Ce que la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a déploré ce samedi 17 octobre au micro de France inter. “J’observe certaines réactions qui sont insupportables”, a déclaré la ministre, citant notamment “Marine Le Pen, qui a eu des propos lamentables et indécents, avec des méthodes de charognards, il n’y pas d’autres mots”.

Ce que reproche Marlène Schiappa à la présidente du Rassemblement national -et en réalité à une partie de la droite et à l’ensemble de l’extrême droite- c’est “de se jeter sur ce qu’il s’est produit, pour diviser un peu plus”. Après l’attaque contre le professeur d’histoire, Marine Le Pen s’est effectivement montrée très offensive sur Twitter.

“Ils sont déjà passés”

“Un professeur décapité pour avoir présenté les caricatures de Charlie Hebdo: nous en sommes, en France, à ce niveau de barbarie insoutenable. L’islamisme nous mène une guerre : c’est par la force que nous devons le chasser de notre pays”, a tweeté la députée du Pas-de-Calais, avant de consacrer un second message pour adresser ses pensées “aux proches de la victime et à la communauté enseignante”. Alors qu’Emmanuel Macron a promis au personnel de l’Éducation nationale que les islamistes “ne passeront pas”, Marine Le Pen a répondu dans la foulée: “Ils sont déjà passés”.   

Au sein du parti à la flamme, certains sont allés beaucoup plus loin dans la récupération, à l’image de Jean Messiha, pour qui “Macron est le médecin légiste du massacre de la France”. Toujours selon ce membre du bureau national du RN, cette attaque “n’est pas un acte terroriste” mais “l’acte d’un musulman en colère”. Précisons que c’est bien le parquet antiterroriste qui est saisi dans cette affaire.

“Macron a attendu des mois avant de parler de séparatisme islamiste. 20.000 fichés S, des meurtres au couteau et le gouvernement fait apprendre l’arabe à l’école! Et maintenant à Conflans, un terroriste décapite un homme! Le gouvernement est dans une soumission criminelle!”, a accusé sans ciller l’eurodéputé RN Jérôme Rivière qui, en quatre tweets sur le drame, n’aura eu aucun mot de compassion pour la victime. 

La France insoumise prise pour cible 

Cette désunion nationale s’exprime également à travers les accusations visant la France insoumise, qui, dès les minutes qui ont suivi le drame, a condamné sans réserve l’acte commis contre le professeur. Pourtant, le syndicat policier Synergie officier accuse à demi-mots Jean-Luc Mélenchon de complicité envers les islamistes. “Vous avez hurlé au scandale pour un simple contrôle dans une mosquée radicale qui a vu défiler des terroristes. Vous avez fustigé les policiers à cette occasion. Vous avez défilé avec des islamistes radicaux”, a fustigé la formation syndicale.

Dans un autre tweet, le même syndicat s’en prend au journaliste Taha Bouhafs, réputé proche de la France insoumise (il a été candidat LFI aux législatives en 2017, ndlr) et à l’origine de la révélation de plusieurs violences policières. Alors que le jeune homme exprimait sur Twitter son horreur et sa compassion pour les proches du professeur d’histoire décapité, Synergie officier a répondu: “la famille et les proches de qui? La famille ou l’auteur?”.

Ce message, qui a “terriblement blessé et humilié” le journaliste, a été supprimé et semble correspondre en tous points aux “méthodes de charognards” dénoncées par Marlène Schiappa, puisqu’il s’agit “de se jeter sur ce qu’il s’est produit, pour diviser un peu plus”. Cette fois, elles se sont exprimées au sein des fonctionnaires de Beauvau.

À voir également sur le HuffPost: Quand l’Assemblée nationale apprend debout l’“abominable attentat” de Conflans-Saint-Honorine





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