Congé paternité: au Sénat, LR veut réduire la portée de la mesure


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Le Sénat examine depuis ce lundi 9 novembre le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) qui prévoit notamment l’allongement du congé paternité.

CONGÉ PATERNITÉ – “Compliquée à mettre en oeuvre dans les entreprises”, mal “encadrée”, “coûteuse”… Des sénateurs Les Républicains ont déposé deux amendements pour restreindre l’allongement du congé paternité de 14 à 28 jours, a révélé Le Parisien ce lundi 9 novembre, alors que le Sénat examine le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS). 

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la mesure a été adoptée à la quasi-unanimité en première lecture à l’Assemblée nationale le 23 octobre dernier et doit entrer en vigueur à compter du 1er juillet 2021. “C’est une mesure consensuelle”, avait-on affirmé à l’Élysée le 22 septembre dernier, alors que 80% des Français y sont favorables et 90% des moins de 35 ans, d’après un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). 

La mesure est moins consensuelle, en revanche, dans les rangs des Républicains. Un premier amendement cosigné par 39 sénateurs LR, dont le président du groupe Bruno Retailleau, a été déposé sur le texte arrivé cette semaine au Sénat. Il vise à abroger l’obligation faite aux pères de prendre sept jours de congés après la naissance. “L’enfant a besoin de ses parents dans la relation d’attachement qu’il noue lors des premiers jours de sa vie. Toutefois, le congé obligatoire peut être compliqué à mettre en œuvre dans certaines entreprises”, ont souligné les sénateurs signataires.

“Absence d’encadrement” 

En effet, les TPE et PME devront financer les 3 premiers jours, plaident les élus. “Ce caractère obligatoire peut mettre en difficulté les entreprises mais aussi les jeunes pères qui n’ont pas envie de prendre ce congé, a expliqué au Parisien la sénatrice LR Chantal Deseyne. À titre personnel, je trouve ça bien que les pères prennent ce congé, mais il n’y aura aucun bénéfice si c’est imposé. Certains pères sont très disposés à donner du temps à leurs enfants qui viennent de naître, d’autres n’en ont pas envie.” Et de s’interroger: “Mes enfants et les vôtres sont-ils moins bien éduqués ou épanouis parce que leur père n’était pas avec eux lors des premiers jours de leur vie?” 

De con côté, la sénatrice LR de l’Isère et cosignatrice de l’amendement Frédérique Puissat a fustigé “l’absence d’encadrement de cette mesure”. Elle a donc déposé un deuxième amendement cosigné par 25 sénateurs LR en parallèle, visant à restreindre l’allongement du congé paternité aux seuls salariés en CDI et CDD de plus de six mois. Objectif: réduire le coût de la réforme estimée à 260 millions d’euros l’an prochain, puis 520 millions en année pleine. Une telle mesure risquerait “d’aggraver le déficit” à l’heure ou “il existe un risque de ne même plus pouvoir payer les retraites”, a poursuivi Frédérique Puissat, toujours dans les colonnes du Parisien

Le sujet divise pourtant la droite sénatoriale. La sénatrice LR Des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio-Fontimp défend pour sa part le principe des sept jours obligatoires. “Dans les pratiques, on sait comment ça se passe : il y a des environnements où ça sera possible, facilités par l’employeur, et d’autres pas, où ça sera freiné par le discours interne. Rendre cette période facultative serait donc promulguer une loi à plusieurs vitesses et ne pas être égal face au droit”, a-t-elle plaidé. 

Même raisonnement chez certains députés de droite: “La droite a toujours défendu la famille et l’intérêt de l’enfant. […] Le caractère obligatoire de cette mesure permet d’ouvrir réellement ce droit à tous les papas, dont les plus précaires”, plaide notamment le député Pierre-Henri Dumont.

La députée LREM Aurore Bergé a, quant à elle, dénoncé ces deux amendements sur Twitter, avançant que “les mêmes qui prétendent défendre la famille sont aujourd’hui ceux qui s’y opposent”. “Le congé paternité renforcé avec une semaine obligatoire est une avancée pour tous les parents et pour notre société.”, a conclu la députée des Yvelines. 

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi Macron a voulu une semaine de congé paternité obligatoire





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