Covid-19: l’inégalité femmes-hommes tombe le masque dans la communication du gouvernement


Santé publique France

« Ensemble, faisons bloc contre le coronavirus ». Ensemble vraiment?

L’identification, vous connaissez? C’est le fait, en résumé, de se reconnaître dans quelqu’un, dans quelque chose et, en terme de marketing, c’est le positionnement d’un produit qui “permet” à la cible d’identifier la catégorie de produits à laquelle on veut la rattacher. On a un problème avec le masque, et voici pourquoi et comment.

Vous avez sans nul doute remarqué que, dans tous les lieux publics et autres espaces sociaux partagés (votre entreprise, le supermarché, chez le coiffeur ou la coiffeuse… bref, partout), figurent des affiches indiquant que le port du masque, en ces temps de crise sanitaire, est obligatoire. Un message de prévention indispensable véhiculé par ce visuel:

Clair, net, précis? En bleu -la couleur de la confiance, et la “préférée des Français”, ce visuel est informatif. Attendez… informatif, vraiment? Oui pour la cible, sur laquelle l’identification ne fait pas de doute. Car ce visuel représente un visage masculin, qui véhicule l’information à l’ensemble de la population (des plus de 11 ans en France). Or, il se trouve qu’environ la moitié de cette population se trouve être féminine.

Invisibiliser les femmes, une habitude culturelle

Alors, bien sûr, on peut compter sur le bon sens. Bien sûr, les femmes ne sont pas moins concernées par l’obligation du port du masque, mais à quel moment sont-elles supposées s’identifier à ce visuel? Où est la représentativité de la moitié de la population française, qui n’est pas moins concernée par cette obligation de porter le masque?

La représentativité n’est pas un détail, et encore moins en temps de crise. Si un effort collectif est demandé, la moindre des politesses est de s’adresser égalitairement à l’ensemble de ce collectif.

Ce visuel exclut -par habitude culturellement ancrée- la représentativité féminine. Probablement inconscient, ce choix placardé sur toutes les portes, stations de transports en commun, lycée, collège et autres lieux partagés en toute mixité, suppose une identification collective à une figure qui ne l’est que pour moitié.

Au-delà, ce visuel transmet autre chose: c’est l’homme qui incarne, c’est l’homme qui décide. La question de la représentativité féminine ne se pose même pas.

Je vous propose un petit exercice pratique d’observation. Tapez “port du masque obligatoire” dans votre moteur de recherche. De mon côté, voici les résultats qui sont apparus sur mon écran:

Les 12 premières lignes, 118 images: 4 sur lesquelles apparaît un visage féminin, à partir de la huitième ligne.

 

Chacune et chacun doit pouvoir s’identifier, surtout en situation de crise

En France, l’égalité femmes-hommes a été déclarée “grande cause du quinquennat”. Cet exemple d’invisibilité féminine au travers de la communication visuelle utilisée dans le cadre de directives sanitaires n’est pas anodin.

Et, non, le pointer du doigt n’est pas du chipotage. Chacune et chacun doit pouvoir s’identifier, se reconnaître et peut-être plus particulièrement encore dans une situation de crise qui concerne l’ensemble de la société. Les femmes doivent pouvoir le faire au même titre que les hommes et, ce dans n’importe quelle circonstance collective.

Le but de la communication est de véhiculer et transmettre des messages à des cibles sous un angle marketing, à des citoyennes et citoyens quand il s’agit de communication institutionnelle et/ou gouvernementale.

Les femmes ne sont pas une armée d’ombres, il n’est pas juste de les oublier.

 

A voir également sur Le HuffPost: Pour l’égalité femmes/hommes, une action de groupe contre la Caisse d’Épargne



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