Covid-19: Paris demande la suspension du jour de carence, d’autres villes le font déjà


JOEL SAGET via Getty Images

Depuis la fin de l’état d’urgence sanitaire, les fonctionnaires sont à nouveau soumis à un jour de carence s’ils sont en arrêt maladie. Ce qui signifie qu’ils perdent un jour de salaire s’ils contractent le covid-19 (image d’illustration prise fin avril à Paris). 

CORONAVIRUS – C’est une demande qui se fait de plus en plus pressante. À l’image de ce qui avait été fait lors du premier confinement sous le régime de l’état d’urgence sanitaire, et jusqu’au mois de juillet, de nombreux élus, syndicats et fonctionnaires réclament que le jour de carence soit à nouveau suspendu dans la fonction publique. 

À l’heure de l’épidémie de covid-19 en effet, ce fonctionnement peut-être dommageable pour certains agents: dans le cas d’un arrêt maladie, le premier jour de celui-ci n’est pas indemnisé. En clair: être malade leur fait perdre un jour de salaire. Pour l’heure, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques Amélie de Montchalin refuse d’accéder à la demande, invoquant la nécessité de parvenir d’abord à des accords du même type dans le privé, de manière à ce que tous les Français soient traités de la même manière. 

Mais une nouvelle donnée pourrait venir infléchir la position du gouvernement. Samedi 14 novembre, la mairie de Paris a officiellement écrit aux ministres Élisabeth Borne et Amélie de Montchalin pour réitérer cette demande. 

 

L’adjoint en charge du dialogue social, Antoine Guillou, évoque dans un courrier une situation qui va à l’encontre des impératifs sanitaires du moment et qui crée une inégalité entre les agents de la fonction publique malades (qui perdent un jour de salaire) et ceux qui sont cas contacts ou à l’isolement (pas concernés par le jour de carence).

Suspensions officielles et officieuses

De plus, comme le notait La Gazette des Communes il y a quelques jours, le risque de pertes financières pousse certains agents à continuer à travailler sans se faire arrêter alors qu’ils peuvent être contagieux.

L’élu du 13e arrondissement évoque en ce sens une “décision injuste et inadaptée”. “Afin d’assurer à tous une meilleure protection et une plus grande équité”, Antoine Guillou se range donc à l’avis des organisations syndicales et de nombreux responsables locaux, arguant par ailleurs du fait que la réintroduction du jour de carence par le gouvernement Macron n’a pas provoqué de baisse des absences, ni de la durée de celles-ci. 

À l’heure actuelle, souligne encore La Gazette des Communes, plusieurs collectivités territoriales ont d’ores et déjà décidé de suspendre le jour de carence. Parfois de manière informelle et discrète, mais aussi plus frontalement, à l’image de la ville de Rennes, qui a acté la mesure le vendredi 6 novembre au terme d’une délibération. 

“Le contexte économique difficile pousse certains à se rendre tout de même au travail en raison du montant non négligeable de cette journée”, justifiait dans les colonnes du journal l’un des responsables des ressources humaines de la ville et de sa métropole. 

Des collectivités qui veulent faire plier le gouvernement

Dans d’autres collectivités, c’est l’impératif sanitaire qui a primé, des agents n’osant pas se déclarer symptomatiques par peur de perdre de l’argent. Mais certaines rechignent à franchir le pas, préférant faire céder le gouvernement que de se lancer dans une entreprise illégale (même si elle n’est pas très risquée pour les collectivités, qui craignent au pire une suspension de leur suspension par le tribunal administratif).

Toujours dans La Gazette des Communes, le maire de Sceaux (dans les Hauts-de-Seine) et porte-parole de la coordination des employeurs territoriaux Philippe Laurent, et Patrick Coroyer, le DRH de la ville et de la métropole de Nantes, déplorent ainsi l’inaction du gouvernement. “On nous vend une égalité de traitement public-privé, mais pour 75 % des salariés du privé, le jour de carence est couvert par les conventions de leur entreprise. Ce n’est pas le cas pour nos agents”, s’agace ainsi le premier. 

Avec le renfort de la ville de Paris, peut-être que ces responsables territoriaux obtiendront enfin gain de cause auprès des ministères du Travail et de la Fonction publique. 

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi ce garde forestier s’inquiète pour sa profession et la forêt



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