Covid-19: sans réouverture à l’horizon, comment nous aider nous, restaurateurs?

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LUDOVIC MARIN via Getty Images

Un restaurant fermé aux Halles à Paris pendant le deuxième confinement, le 2 novembre 2020. (Photo by LUDOVIC MARIN/AFP via Getty Images)

Un an! En mars, cela fera un an que les restaurateurs ont souscrit un Prêt Garanti par l’État (PGE) auprès des banques. Ils avaient un délai de 12 mois pour commencer à rembourser ce prêt. Pourtant les établissements de restauration sont toujours en difficulté: après une fermeture de mi-mars à début juin et des couvre-feux, ils ont dû refermer leurs portes dès fin octobre et la réouverture, évoquée un temps pour le 20 janvier, ne semble pas être pour demain. Nous sommes bientôt à 6 mois de fermeture!

Mardi 5 janvier, les représentants de la profession étaient invités à Bercy pour faire un point sur la situation sanitaire et les aides apportées par l’État. Le Ministère a assuré que le chômage partiel et le fonds de solidarité seraient prolongés. De nouvelles aides devraient aussi arriver. Aujourd’hui, les principales aides que sont le PGE, le fonds de solidarité et le chômage partiel ont chacune leurs limites.

Souplesse requise sur les PGE

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, négociait il y a quelques jours auprès des banques le fait de pouvoir décaler ce remboursement d’un an supplémentaire, à mars 2022, avec toujours la même durée (étalement possible sur 5 ans) et les mêmes taux (entre 1% et 2,5%). La majorité des grandes banques le faisait déjà au cas par cas mais l’objet de cette réunion était d’essayer d’en obtenir la généralisation. Si l’idée en soi est bonne car il est évident qu’il est trop tôt pour rembourser les PGE, le problème est plus profond: il s’agit d’une ligne de prêt supplémentaire qui alourdit la dette des restaurateurs.

Il faudrait allonger à la demande les durées de franchise et d’amortissement pour accompagner la reprise d’activité des restaurants. Il ne faut surtout pas étouffer les entreprises avec un surcroît de charges de remboursement dès la reprise car tout dépendra de la vigueur de la reprise. Pourquoi pas, pendant 2 ans, transformer les PGE en prêts participatifs voire en subventions et geler les notations? Et étaler le remboursement sur 10 ans au lieu de 5? Aujourd’hui, chez les restaurateurs, la majorité des subventions sert à rembourser les loyers, la plupart des bailleurs se mobilisant maintenant pour compenser ses pertes.

Consolidation du Fonds de Solidarité

Le fonds de solidarité semblait prometteur. Il avait été relevé au 1er décembre à 20% du chiffre d’affaires du mois de l’année précédente et plafonné à 200.000 euros. La persistance de la crise sanitaire induit une fermeture prolongée des établissements recevant du public. Mais, s’ils n’ont pas de revenus, il leur reste des frais fixes à verser. Il faut donc que le Gouvernement renforce significativement le Fonds de Solidarité avec le versement rapide de subventions (délai d’un mois actuellement), afin de maintenir en respiration artificielle tous les restaurants. Cet effort est plus que nécessaire pour éviter l’effondrement de pans entiers d’activité, alors que des PGE en quantité significative ont été accordés pour soutenir les premiers moments de la crise. À noter qu’en plus, nombre de bailleurs ont exigé le paiement du loyer, représentant environ 15% du chiffre d’affaires, une charge fixe conséquente.

Aides ciblées sur les restaurants indépendants

Le vrai drame concerne surtout les restaurateurs indépendants. Ils peuvent avoir le droit au chômage partiel pour payer leurs employés et au fonds de solidarité pour régler une partie des charges fixes mais les gérants n’ont droit à aucun chômage, à aucune aide alors qu’ils vivent habituellement de leurs revenus, inexistants aujourd’hui. Pour permettre aux dirigeants indépendants de tenir en trésorerie à titre personnel, nous proposons le versement d’aides mensuelles. Pour les salariés, il est primordial de maintenir ce dispositif de chômage partiel –ce qu’a promis le Ministère–, et ce le plus longtemps possible, même au début de la reprise qui ne sera pas effective avant fin 2021, voire en 2022. Autre point à améliorer: le versement du fonds chômage technique. Aujourd’hui le restaurateur avance la somme aux salariés le 2 du mois pour n’être remboursé qu’à la fin du mois.

Pour résumé, l’État fait des efforts, il se montre généreux avec les restaurateurs mais il existe des freins à l’efficacité des aides mises en place comme le délai de versement des aides qui est trop long, un manque de souplesse concernant le PGE ou encore un Fonds de Solidarité insuffisant face aux frais fixes. Les indépendants, eux, sont particulièrement touchés par l’absence totale de revenu.

Une dernière grande difficulté est le fait de ne pas avoir de date de réouverture: je préférerais qu’on me dise qu’on ouvrira en avril ou en mai “pour de bon” plutôt que cette politique de “stop and go”. À chaque fermeture, nous perdons beaucoup d’argent. Une partie des restaurateurs aimerait rouvrir rapidement mais ça ne me semble pas être la solution la plus raisonnable. Il ne faut pas oublier que nous sommes aidés actuellement: si nous réouvrons tout de suite il faudra payer 100% de nos charges alors qu’entre le couvre-feu et la distanciation sociale, nous gagnerons au mieux 40% de notre chiffre d’affaires d’avant. Nous pouvons encore être patients et remercier l’État pour ce qu’il a déjà fait mais il va falloir continuer à soutenir le secteur en pensant long terme et à tout le monde afin d’éviter de nombreux drames.

 

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