Dupond-Moretti « totalement serein » malgré l’enquête ouverte pour « prise illégale d’intérêts »


Gonzalo Fuentes / Reuters

Éric Dupond-Moretti, ici photographié le 12 janvier à l’Assemblée nationale, à Paris, est désormais officiellement visé par une enquête de la Cour de justice de la République pour « prise illégale d’intérêts ». 

JUSTICE – Le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti s’est dit “totalement serein” et a estimé ce mercredi 13 janvier n’avoir “rien à craindre” après l’ouverture de l’enquête judiciaire pour “prise illégale d’intérêts” qui le vise.

“Si l’objectif de tout cela, comme c’est d’ores et déjà exprimé par certains, c’est de m’interdire de travailler, ceux-là en seront pour leurs frais”, a déclaré le ministre de la Justice, interrogé en marge d’un débat sur la justice des mineurs devant la Commission des lois du Sénat.

L’enquête formellement ouverte ce mercredi et menée par la commission d’instruction de la Cour de justice de la République (CJR), seule juridiction habilitée à juger des ministres, fait suite aux plaintes déposées en décembre par trois syndicats (Union syndicale des magistrats, Syndicat de la magistrature, Unité magistrats SNM FO) et l’association Anticor.

Une enquête contre des magistrats du PNF incriminée

“Je voulais donc savoir si, de votre point de vue, c’était problématique par rapport à votre situation de garde des Sceaux d’être l’objet d’une information judiciaire devant la CJR et si ce n’était pas le cas aujourd’hui, à quel stade de la procédure pensez vous que cela deviendrait problématique pour assurer votre fonction de garde des Sceaux?”, a demandé la vice-présidente PS de la commission des Lois Marie-Pierre de La Gontrie.

“Mon crime est d’avoir exercé mes fonctions exactement comme l’auraient fait tous mes prédécesseurs dans des circonstances analogues”, a répondu le ministre, remerciant la sénatrice de son “aimable interpellation” sur son “sort à venir”.

“J’ai suivi en effet les recommandations de mon administration, je le démontrerai”, a-t-il dit. “Voilà madame la sénatrice ma réponse”, a poursuivi Éric Dupond-Moretti. “Elle sera ultérieurement sans doute plus complète, très complète, je n’ai rien craindre et je suis totalement serein”.

Au cœur des accusations contre le ministre figure l’enquête administrative qu’il a ordonnée contre trois magistrats du parquet national financier (PNF), qui avaient participé à une enquête préliminaire visant à identifier la taupe qui aurait informé Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoute.

Pendant ces investigations, des facturations téléphoniques détaillées de plusieurs avocats avaient été examinées, dont celle du futur ministre qui avait porté plainte avant de la retirer à son entrée au gouvernement.

À voir également sur le HuffPost: Les magistrats manifestent contre l’enquête de Dupond-Moretti visant le PNF



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