Entre communistes et insoumis, jusqu’où ira le « je t’aime, moi non plus »?


CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Jusqu’où ira la danse du « je t’aime moi, non plus » entre communistes et insoumis? (photo d’illustration prise le 8 février 2019)

POLITIQUE – Une première pour un centenaire? Fabien Roussel célèbre ce jeudi 17 septembre les 100 ans d’existence du Parti communiste, depuis la place du Colonel-Fabien à Paris.

L’occasion pour le député du Nord d’évoquer les nouvelles ambitions de la formation dont il est le patron depuis 2018, avec une question dans beaucoup de têtes à moins de deux ans de l’élection présidentielle: les communistes présenteront-ils un candidat face au leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon? S’il choisissait de faire bande à part, ce cas de figure serait inédit. 

Le secrétaire national ne va pas répondre à cette question ce jeudi. Ce sont les délégués du parti (600 à 800 personnes désignées par les adhérents) qui se prononceront sur un projet en avril prochain et diront si oui, ou non, il doit être porté par un communiste à la présidentielle. Mais son discours devrait être jalonné d’indices quant à la future décision de sa formation. 

Plusieurs années de frictions

Fabien Roussel ne cache pas son envie d’une candidature autonome. C’est sur cette promesse qu’il avait été élu à la tête du PCF en novembre 2018, dans un climat de vives tensions entre communistes et insoumis. 

Malgré le soutien des premiers au candidat des seconds lors des deux dernières présidentielles, et des lignes politiques très proches, les sujets de crispations ont toujours été nombreux entre ces formations. Outre quelques sujets de fond, révélés à l’occasion des dernières élections européennes, et de vifs échanges entre le candidat du PCF Ian Brossat et l’état-major de LFI sur l’immigration par exemple, les discussions se crispent souvent au moment de s’entendre pour les différentes élections .

En 2017, la France insoumise avait été jusqu’à menacer de traîner ses alliés -selon les circonstances- en justice pour l’utilisation de l’image de Jean-Luc Mélenchon sur du matériel de campagne, tandis que les communistes négociaient pied à pied leurs sièges de députés en vue des élections législatives.

Et force est de constater que les deux formations n’ont pour le moment jamais vraiment réussi à s’entendre depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Deux groupes différents à l’Assemblée nationale, deux listes autonomes pour les Européennes… ils sont, le plus souvent, restés dans leurs propres couloirs, quand ils ne s’attaquaient pas par médias interposés.

Les appels du pied de Mélenchon

Là n’est pas l’essentiel pour Jean-Luc Mélenchon. Alors que débute, à peine, la course à l’Élysée, le député des Bouches-du-Rhône, déjà candidat à la présidentielle 2022, multiplie les gestes d’apaisement. Il a “une nouvelle fois” demandé aux communistes de le rallier, via une lettre dont l’AFP a obtenu une copie lundi 14 décembre.

Dans cette missive, envoyée à Fabien Roussel, le tribun de la France insoumise fait valoir que les groupes communistes et insoumis à l’Assemblée nationale votent ”à 90%” de la même façon, que les deux partis sont en voie d’un accord sur les régionales, et avancent “au coude à coude dans les luttes sociales” comme sur les questions internationales.

Loin de son boycott de la Fête de l’Huma à l’été 2017 -la première fois en 10 ans que Jean-Luc Mélenchon ne s’y rendait pas- il leur propose “un accord sur le programme et sur des candidatures communes aux élections législatives” pour ne pas répéter les “erreurs” du passé.  

“Certes nous aurions des erreurs à nous reprocher mutuellement. Mais quelle action d’envergure n’en comporte pas?”, confesse le député, avant de vanter “le bilan de (leur) deux précédentes alliances” présidentielles, qui ont engrangé “quatre millions” puis “plus de sept millions de voix.”“Tout cela nous l’avons construit ensemble. Et cela nous crée le devoir de persévérer. Pour faire mieux, jusqu’à la victoire”, écrit-il. 

La crise sociale “pousse à ce qu’il y ait un candidat communiste”

De quoi flatter les communistes, peut-être. De quoi faire dévier Fabien Roussel de son objectif? Rien n’est moins sûr. 

Le secrétaire national du PCF a semblé, au contraire, franchir un palier de plus dans son escalade vers une déclaration de candidature, dimanche 6 décembre dernier: la crise sociale “explosive” découlant de la crise sanitaire “pousse à ce qu’il y ait un candidat communiste à l’élection présidentielle”, affirmait-il sur Radio J.

Cela faisait plusieurs semaines qu’en privé le député du Nord évoquait, avec de plus en plus de certitude, cette candidature communiste, vraisemblablement la sienne. Concernant une candidature commune, “j’ai dit non aux socialistes, à Mélenchon, aux écolos. Je leur demande d’accepter que le PCF retrouve une place dans le paysage”, confiait-il récemment.

“Nous sommes la force anticapitaliste historique. Il y a un espace à occuper alors qu’on ne l’a pas fait pendant 10 ans”, insiste Fabien Roussel, cité par l’AFP. L’absence d’une candidature PCF aux deux présidentielles précédentes a selon lui précipité le déclin du parti, qui compte de moins en moins de députés, de maires, de présidents de collectivités.

Une position qui pourrait créer des remous au sein même de sa formation tant le débat sur la stratégie à adopter pour faire gagner les idées communistes au 21e siècle y est toujours très vif. En témoignent les soutiens à Jean-Luc Mélenchon, en novembre, du maire PCF de La Courneuve Gilles Poux, et de Marie-Georges Buffet… la dernière figure à avoir porté les couleurs communistes à l’élection présidentielle, en 2007. 

À voir également sur Le HuffPostMélenchon dénonce des images qui “nous couvrent de honte” et réclame le départ de Lallement



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