Étudiants fantômes: face à la détresse financière et psychologique, notre appel au gouvernement


Cette tribune est une version raccourcie de la lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux du collectif Étudiants Fantômes: retrouvez-la sur Twitter @etudiantsfantom

 

Par des étudiants fantômes, pour tous les étudiants fantômes.

La situation sanitaire que nous connaissons est exceptionnelle. Les effets de cette crise sont financiers, sociaux, mais ils sont également psychologiques. En tant qu’étudiants, nous exprimons depuis quelques semaines ces difficultés, au sein des universités d’abord, auprès de nos responsables pédagogiques. Mais nos dirigeants doivent également être alertés du mal-être étudiant malsain qui règne depuis le début de la crise sanitaire. Nous estimons que, en dehors de tout clivage politique car nous ne nous inscrivons pas dans le cadre d’une lutte idéologique, il s’agit de l’avenir, du bien-être des étudiants et des générations futures qui tiendront dans les décennies prochaines ce pays.

L’enseignement à l’Université passe avant tout par des interactions avec les professeurs, entre les étudiants. Couper ce lien, c’est amoindrir cette envie que les étudiants ont d’apprendre et de se lever tous les jours pour s’enrichir intellectuellement, ne réduisant l’apprentissage qu’à une simple action mécanique, sans vie, sans goût.

Nous sommes par ailleurs choqués d’apercevoir qu’il y a, dans le cadre des examens, une pénalisation des élèves atteints de la Covid-19. Le fait que ces étudiants, n’étant pas allés à leurs examens en présentiel quand il y en avait, ne bénéficient parfois pas d’une nouvelle session d’examen dans les semaines qui suivent est inadmissible. Cela pousse les malades à se rendre en salles d’examen. De ce fait, le risque de contamination augmente considérablement, tout cela car il n’y a pas d’obligation donnée par l’État aux universités de mettre en place une seconde session pour les étudiants atteints de la Covid-19 lors de la première.

Nous demandons au gouvernement une réouverture des universités selon un modèle hybride: une jauge maximale de 50% de présentiel, tout en diffusant en direct les enseignements pour les étudiants non présents. Et ceci de façon facultative, permettant aux étudiants fragiles face au virus, vivant avec des personnes à risque, étant retournés au sein de leur famille ou préférant les modalités actuelles de poursuivre leur enseignement à distance.

Sur le volet psychologique, le nombre d’étudiants demandant une consultation avec un professionnel est en augmentation constante depuis ces derniers mois. Les chiffres sont alarmants: 73% des étudiants affirment avoir été affectés aux niveaux psychologique, affectif et/ou physique, 23% des étudiants avouent avoir déjà eu des pensées suicidaires au cours du premier confinement [1]. Ces idées sombres, les tentatives de suicide et les suicides ne devraient pas être devenus une norme au sein du monde étudiant.

Nous demandons par conséquent au gouvernement d’assumer sa responsabilité et d’investir davantage dans ce domaine, conformément aux préconisations de Nightline France [2] afin d’éviter un dépérissement de la santé mentale des étudiants: des vies sont en jeu.

Enfin, certains d’entre nous font face depuis le début de la crise sanitaire à des difficultés financières sans précédent.

Si la généralisation du repas à un euro pour tous les étudiants est une première solution qui allégera la pression financière de certains d’entre nous, quid des étudiants ayant perdu leur travail depuis le début de la crise sanitaire et qui se trouvent dans l’incapacité de s’acquitter de leur loyer? Des étudiants qui ont regagné leur domicile familial et qui se doivent de payer des loyers en résidences universitaires? Des étudiants sans bourse? En 2019, ces derniers étaient au nombre de deux millions [3].

Nous demandons en ce sens au gouvernement la généralisation d’un système d’aide exceptionnelle pour les étudiants permettant une compensation des revenus perdus ainsi qu’une revalorisation des bourses. Ces dernières doivent nous assurer un minimum vital, nul d’entre nous ne saurait être confronté à des difficultés concernant les études en raison de lacunes financières.

Comprenez qu’en tant qu’étudiants, nous ne souhaitons pas voir notre travail miné par des conditions de précarité financière ou de détresse psychologique.

Interprétez cette tribune comme un appel à l’aide, l’expression d’un désespoir général et la volonté de faire de cette période pénible, angoissante et incertaine un mauvais souvenir. Nous vous demandons d’investir sur le long terme car les étudiants d’aujourd’hui représentent la France de demain.

Nous comptons sur le bon sens de nos dirigeants.

 

[1] : https://www.fage.org/ressources/documents/3/6294-DP_13-07-20_Enquete_FAGE-IPSOS_Les-.pdf

[2] : https://www.nightline.fr/sites/default/files/publications/2020-11/2020-11-16_Nightline-France_rapport_ETPT.pdf

[3] : https://www.ledauphine.com/france-monde/2019/11/13/logement-bourses-travail-comprendre-la-precarite-etudiante#:~:text=Selon%20un%20rapport%20de%20l,l’ensemble%20de%20la%20population.

 

Les cosignataires de cette tribune sont :

Sénat

Antiste Maurice : Sénateur de la Martinique – SER

Artigalas Viviane : Sénatrice des Hautes Pyrénées – SER

Belin Bruno : Sénateur de la Vienne – LR

Benbassa Esther : Sénatrice de Paris – EST

Berthet Martine : Sénatrice de la Savoie – LR

Bigot Joël : Sénateur de Maine-et-Loire – SER

Bonnefoy Nicole : Sénatrice de la Charente – SER

Boyer Valérie : Sénatrice des Bouches-du-Rhône – LR 

Bourgi Hussein : Sénateur de l’Hérault – SER

Briquet Isabelle : Sénatrice de la Haute-Vienne – SER

Brisson Max : Sénateur des Pyrénées-Atlantiques – LR

Cardon Rémi : Sénateur de la Somme – SER

Carlotti Marie Arlette : Sénatrice des Bouches du Rhône – SER

Cohen Laurence : Sénatrice du Val de Marne – CRCE 

Conway-Mouret Hélène : Sénatrice représentante des Français hors de France – SER

Cozic Thierry : Sénateur de la Sarthe – SER

Darcos Laure : Sénatrice de l’Essonne – LR

De Marco Monique : Sénatrice de Gironde – EST

Devinaz Gilbert-Luc : Sénateur du Rhône – SER

Dossus Thomas : Sénateur du Rhône – EST

Duplomb Laurent : Sénateur de la Haute-Loire – LR

Espagnac Frédérique : Sénatrice des Pyrénées Atlantiques – SER

Féret Corinne : Sénatrice du Calvados – SER 

Fichet Jean-Luc : Sénateur du Finistère – SER

Filleul Martine : Sénatrice du Nord – SER

Fournier Bernard : Sénateur de la Loire – LR

Garriaud-Maylam Joëlle : Sénatrice des français établis hors de France – LR

Gillé Hervé : Sénateur de la Gironde – SER

Harribey Laurence : Sénatrice de la Gironde – SER

Houllegatte Jean-Michel : Sénateur de la Manche – SER

Joly Patrice : Sénateur de la Nièvre – SER

Jourda Gisèle : Sénatrice de l’Aude – SER

Kanner Patrick : Sénateur du Nord – SER

Kerrouche Éric : Sénateur des Landes – SER

Klinger Christian : Sénateur du Haut-Rhin – LR

de La Gontrie Marie-Pierre : Sénatrice de Paris – SER

Labbé Joël : Sénateur du Morbihan – EST

Leconte Jean-Yves : Sénateur représentant les français établis hors de France – SER

Le Houerou Annie : Sénatrice des Côtes-d’Armor – SER

Lefèvre Antoine : Sénateur de l’Aisne – LR

Lepage Claudine : Sénatrice des Français Hors de France – SER

Lienemann Marie-Noëlle, sénatrice Gauche Républicaine et Socialiste (GRS) de Paris et ancienne Ministre

Lubin Monique : Sénatrice des Landes – SER

Lurel Victorin : Sénateur de la Guadeloupe – SER

Marie Didier : Sénateur de la Seine-Maritime – SER

Meunier Michelle : Sénatrice de Loire-Atlantique – SER

Monier Marie-Pierre : Sénatrice de la Drôme SER

Montaugé Franck : Sénateur du Gers – SER

Ouzoulias Pierre : Sénateur des Hauts-de-Seine – CRCE 

Paccaud Olivier : Sénateur de l’Oise – LR

Poncet Raymonde : Sénatrice du Rhône – EST

Poumirol Emilienne : Sénatrice de la Haute-Garonne – SER

PrévilleAngèle : Sénatrice du Lot – SER

Redon-Sarrazy Christian : Sénateur de Haute Vienne – SER

Robert Sylvie : Sénatrice d’Ille-et-Vilaine – SER

Roger Gilbert : Sénateur de Seine-Saint-Denis – SER

Rossignol Laurence : Sénatrice de l’Oise – SER

Sueur Jean-Pierre :  Sénateur du Loiret – SER

Taillé – Polian Sophie : Sénatrice du Val-de-Marne – EST

Temal Rachid : Sénateur du Val-d’Oise – SER

Tissot Jean-Claude : Sénateur de la Loire – SER

Todeschini Jean-Marc : Sénateur de la Moselle et ancien ministre – SER

Vaugrenard Yannick : Sénateur de Loire-Atlantique – SER

 

Assemblée nationale 

Cariou Emilie : Députée de la Meuse – Co-Présidente des Nouveaux Démocrates

Coquerel Éric : Député de Seine-Saint-Denis – LFI

Faure Olivier : Député de Seine-et-Marne – Premier secrétaire du PS

Forteza Paula : Députée des français établis hors de France – Non-inscrite

Houlié Sacha : Député de la Vienne – LREM

Julien-Laferrière Hubert : Député du Rhône – Non-inscrit

Lassalle Jean : Député des Pyrénées-Atlantiques – L&T

Le Grip Constance : Députée des Hauts-de-Seine LR (vice présidente de la commission des affaires culturelles et de l’éducation) 

Naegelen Christophe : Député des Vosges – UDI et Indépendants

Obono Danièle : Députée de Paris – LFI

Person Pierre : Député de Paris – LREM

Reda Robin : Député de l’Essonne – LR

Robert Mireille  : Députée de l’Aude – LREM

Rubin Sabine : Députée de Seine-Saint-Denis – LFI

Taché Aurélien : Député du Val-d’Oise – Co-président des Nouveaux Démocrates

Trastour-Isnart Laurence : Députée des Alpes Maritimes – LR

Viry Stéphane : Député des Vosges – LR

Wonner Martine : Députée du Bas-Rhin – L&T

 

Président d’Université

Brossard Olivier : Président de Science Po Toulouse

 

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