Fermeture de Bridgestone: l’opposition s’en prend au gouvernement « pleurnicheur »


DENIS CHARLET / AFP

Manifestation devant l’usine de pneumatiques Bridgestone de Béthune, menacée de fermeture. (Photo DENIS CHARLET / AFP)

POLITIQUE – La décision du groupe japonais Bridgestone de fermer son usine de Béthune (Pas-de-Calais) est “révoltante”, a dénoncé ce jeudi sur CNews le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, assurant que le gouvernement allait se “battre” pour trouver une solution. Comme lui, le gouvernement a sèchement répliqué la veille à l’annonce du fabricant de pneumatiques, multipliant les prises de parole et les menaces pour tenter de sauvegarder les quelques 863 emplois menacés.

Mais cette énergie déployée sur toutes les antennes est loin de convaincre les syndicats et l’opposition, qui exigent une action plus ferme de la part de l’exécutif. ”Ça fait trente ans que ça dure, qu’on entend les mêmes pleurnicheurs”, a attaqué le député François Ruffin apparenté à la France Insoumise sur BFMTV et RMC. 

“Moi je considère que les traîtres, les cyniques, les menteurs, c’est le gouvernement. Ce sont les anciens ministres, les ministres qui ont ces propos-là (…) ces gens-là sont les complices des multinationales”, a-t-il souligné.

Sur un ton à peine moins sévère, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez est sur la même ligne. ”Ça ne suffit pas de râler, d’être en colère ou de montrer du doigt. Il faut plus que ça”, a-t-il déclaré sur LCI, réclamant notamment un contrôle des aides publiques aux entreprises.

Conditionner les aides publiques

Cette question du contrôle des aides publiques se pose avec d’autant plus aiguë que le plan de relance, qui prévoit d’injecter plusieurs dizaines de milliards pour relancer des entreprises à l’arrêt depuis le confinement, ne prévoit aucune contrepartie en terme de maintien de l’emploi.

“On a beaucoup débattu de la question des contreparties aux aides publiques” et Bridgestone “fait partie des entreprises qui savent faire la recherche aux aides publiques et une fois qu’elles ont été absorbées, on va voir ailleurs”, critique le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier. “La conditionnalité aux aides publiques est centrale, a fortiori dans un moment où les aides publiques sont massives aux entreprises pour maintenir l’emploi. Elles sont nécessaires, mais il faut les conditionner”, a-t-il insisté.

La CGT réclame notamment “le contrôle des aides publiques” versées aux entreprises et “demande un genre de pacte, ‘tu touches de l’argent (public), combien d’emplois tu crées’”.  “Le gouvernement, quand il parle de contreparties, c’est ‘s’il vous plaît, soyez gentils’”, mais “ce n’est pas suffisant”, a estime Philippe Martinez.

″Ça suffit l’hypocrisie ! L’État ne doit plus verser d’aides publiques aux grandes entreprises sans contrepartie”, tranche de son côté la France insoumise.

“On sait très bien que ces multinationales, ce sont des fauves. S’ils ont la possibilité d’aller chercher un coût du travail qui est plus bas en Pologne (…) ou en Chine, elles le feront. Donc maintenant, face aux fauves, il y a deux solutions: ce n’est pas de faire la morale, on ne fait pas la morale à un fauve. Par contre on lui met une cage, c’est-à-dire on nous protège”, tranche le député François Ruffin, en citant comme mesures “des quotas d’importation, des taxes aux frontières, des barrières douanières et des taxes kilométriques”.

Rembourser les aides?

Alors que le gouvernement et la région des Hauts-de-France dénoncent de concert la “trahison” de Bridgestone, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer le remboursement des aides perçues par les entreprises qui licencient.

“Dans le cas des entreprises qui seraient vraiment des entreprises voyous, c’est à dire des entreprises qui auraient pris les subventions et qui mettraient la clé sous la porte, il faut aller récupérer les subventions”, a plaidé sur France Info la présidente (ex-LR) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, qui réclame des “mesures de rétorsion”.

 

Constat partagé par l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal. “Si la règle était le remboursement obligatoire des aides sociales, fiscales, infrastructures, formation professionnelles, aides État et aides locales, une telle désinvolture serait impossible”, juge-t-elle.

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