Grenoble: Les images de dealers sur-armés destinées à un clip de rap?


Captures d’écran Twitter et YouTube.

Les images qui circulaient sur les réseaux sociaux fin août, et celles du clip de Corbak Hood se ressemblent énormément.

POLICE – Véritable méprise ou tentative d’esquive? Dans la soirée du lundi 31 août, le rappeur grenoblois Corbak Hood a mis en ligne le clip de son dernier titre “Chicagre”, dans lequel il fait le parallèle entre la dangerosité de sa ville et celle de Chicago, aux États-Unis. 

Une vidéo qui, au-delà de la musique, fait parler d’elle parce qu’elle rappelle fortement un fait divers survenu quelques jours plus tôt. Le 26 août dernier, l’apparition sur les réseaux sociaux d’images censées montrer des dealers sur-armés avait effectivement fait scandale. 

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et le préfet de l’Isère Lionel Beffre s’étaient immédiatement emparés du sujet pour déclencher une vaste opération de police dans le quartier du Mistral, où se déroulait la scène. Rien de plus qu’une manœuvre de communication, à en croire le maire de la ville, l’écologiste Éric Piolle. 

Et comme le confirme le rappeur lui-même, l’élu grenoblois pourrait bien avoir raison. Dans le clip, le jeune homme semble effectivement tourner en ridicule l’emballement médiatique autour de l’histoire des armes des dealers. La vidéo montre les mêmes endroits que les séquences devenues virales, mais là, les trafiquants semblent en réalité distribuer des bonbons et des jus de fruit, pendant que certains montrent leur habileté à moto. 

Billes en plastique

À la fin du clip, un texte s’affiche et parachève la démonstration: “Les armes sont factices, les produits n’étaient que du CBD, seules les friandises sont vraies.” D’ailleurs, sur l’un des derniers plans, on peut apercevoir l’un des hommes “lourdement armés” se saisir du chargeur de ce qui ressemble à un fusil d’assaut et le vider: seules des billets de plastique en tombent, signe que l’arme est un jouet. 

Capture d’écran YouTube

Dans cette séquence du clip de Corbak Hood, l’un des « dealers lourdement armés » révèle le contenu du chargeur de son arme: il s’agit de billes de plastique.

La vidéo se termine par des remerciements à tous ceux qui ont permis de susciter autant d’événement autour de la sortie du clip… et notamment à plusieurs médias qui ont évoqué l’affaire. 

Un moyen de se dédouaner pour les dealers?

Au moment de la descente de police dans le quartier du Mistral, déjà, des habitants avaient interpellé le préfet pour lui expliquer qu’il faisait fausse route et que les armes exhibées étaient des jouets, mais aucunement la démonstration de force d’une milice comme il aimait à le croire. “C’est pour un clip de rap”, pouvait-on notamment entendre au loin dans plusieurs reportages. 

Reste que cet argumentaire, comme le souligne le Dauphiné Libéré, quotidien régional présent notamment à Grenoble, pourrait servir aux dealers à se dédouaner, d’autre que Corbak Hood ne vient même pas du fameux quartier du Mistral. Citant des connaisseurs du milieu local, le journal avance l’hypothèse d’un clip ironique improvisé au vu de l’ampleur prise par l’affaire et servant à “faire baisser la pression tout en ridiculisant l’institution” policière. 

Pour l’heure néanmoins, l’opération de police n’a donné aucun résultat et aucune arme n’a été retrouvée sur place. Ce qui ne devrait pas empêcher le rappeur d’être interrogé par les forces de l’ordre dans les jours prochains. 

À voir également sur le HuffPost: Gérald Darmanin à Saint-Dizier contre l”ultra-violence” des bandes



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