Haute fonction publique: les concours avec des places « réservées » aux candidats de milieu modeste


CHRISTOPHE ARCHAMBAULT via Getty Images

Des places bientôt « réservées » aux candidats de milieu modeste dans les concours de la haute fonction publique, annonce Amélie de Montchalin (Photo par CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP via Getty Images)

ACTUALITÉS – “Remettre en route l’ascenseur social”. La ministre de la Fonction publique Amélie de Montchalin annonce ce mercredi 7 octobre dans Le Monde que, dans tous les futurs concours de la haute fonction publique, des places vont être “réservées” aux candidats issus de milieux modestes, à partir de 2021.

La ministre explique ainsi que des “voies d’accès spécifiques” vont être dégagées à partir de 2021 pour les candidats de condition modeste dans les concours d’entrée aux écoles de service public (ENA, magistrats, directeurs d’hôpital, etc.). “Ce ne seront certainement pas des concours au rabais. Ils seront sélectifs”, avertit-elle.

“C’est dans notre pays que les inégalités de destin se reproduisent le plus. Quand vous êtes pauvre, il faut six générations pour atteindre la classe moyenne. C’est un énorme signal d’alarme, explique-t-elle. Nous devons lutter contre cela, c’est une urgence. Il faut remettre en route l’ascenseur social. Pendant des décennies, la fonction publique en a été le moteur. Elle doit le redevenir”. 

Pas de “discrimination positive”

Annonçant vouloir amorcer ce changement dès 2021 “au moins à titre expérimental”, Amélie de Montchalin dit vouloir impliquer tous les concours de la haute fonction publique: “ENA, directeurs d’hôpital, administrateurs territoriaux, commissaires, magistrats, attachés d’administration…”.

Auront vocation à candidater les boursiers qui ont passé leur bac dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ou dans une zone de revitalisation rurale. “Il y a aussi des élèves qui n’entrent pas dans ces critères mais dont le mérite, le parcours de vie justifient qu’ils puissent passer ces concours”, explique-t-elle. Quant au reste de leur cursus, elle ajoute:

“Nous allons nous appuyer sur ce qui existe: beaucoup d’écoles de la fonction publique ont créé leur propre classe préparatoire. Il y en a vingt-sept. Mais ce dispositif est trop morcelé et invisible. Nous devons donc le rendre plus attractif, en harmonisant les prépas, en leur donnant un label, en les associant aux universités ou aux instituts d’études politiques en région, en faisant en sorte que cela débouche sur un diplôme. Aujourd’hui, 700 personnes fréquentent ces prépas. Je souhaite que l’on monte à 2000, au moins. Ce sont eux qui pourront passer les concours dédiés”. 

Assurant qu’il ne s’agit pas ici de discrimination positive, la ministre évoque une “autocensure” et des “biais de sélection” car “ces jeunes-là ne se présentent tout simplement pas au concours, on ne peut donc pas dire qu’ils sont discriminés”. 

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