Instragram censure la parodie de cette photo à moitié nue, pas l’originale


RÉSEAUX SOCIAUX – Instagram, de nouveau accusé de grossophobie. En cause, l’un des derniers montages parodiques de la comédienne australienne Celeste Barber, partagé ce vendredi 16 octobre aux quelque 7,3 millions de personnes abonnées à son compte.

À gauche, un cliché de l’ancienne mannequin de Victoria’s Secret, Candice Swanepoel. Elle pose assise, à moitié nue. Sa main gauche recouvre l’un de ses seins.

À droite, l’autrice de 38 ans. Elle est connue depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux pour ses photos où elle reproduit les poses de célèbres top modèles. Une manière pour elle de montrer à quel point la situation peut être ridicule dans la vie de tous les jours. 

Ici, la situation est la même. À la différence du cliché d’origine, Celeste Barber porte un string en plus. “Quand tu peux enfin t’asseoir et que tes enfants te demandent à boire”, écrit-elle non sans humour en légende.

Mais voilà, au moment ils ont voulu partager le cliché, certains internautes ont eu une mauvaise surprise. Comme l’explique l’activiste Lacey-Jade Christie dans le Guardian, un message signé Instagram leur a indiqué que la photo “ne respectait pas les conditions d’utilisation de l’application en matière de nudité”, les empêchant ainsi d’aller plus loin.

Est-ce lié à la morphologie de Celeste Barber? La comédienne est en colère. “Revoyez vos normes de beauté discriminantes, les gars, écrit-elle en story. On est en 2020, faut se ressaisir.” Histoire d’en avoir le coeur net, elle se remet en scène, nue, ce lundi 19 octobre. Cette fois, pour imiter la pose de Bella Hadid. “Oh coucou, écrit-elle. Juste pour vérifier le ‘deux poids, deux mesures’.”

D’après un responsable d’Instagram, cet incident n’aurait jamais dû avoir lieu. La plateforme dit avoir directement présenté ses excuses à Celeste Barber. “Nous prévoyons d’actualiser très prochainement notre politique en matière de nudité, afin de permettre à toutes les morphologies d’être traitées équitablement”, a-t-on précisé à News.com.

Des accusations récurrentes

C’est loin d’être une première pour le réseau social. Une photo de la mannequin noire dite “grande taille” Nyome Nicholas-Williams a subi un traitement similaire, au mois de juin dernier. Une pétition et plusieurs dizaines de milliers de signatures plus tard, l’algorithme se rétractait.

Même cas de figure, en France, avec une couverture du magazine Télérama du mois de février dernier. Nue, une femme obèse cache ses seins sur la couverture. C’est Leslie Butch, une activiste et DJ parisienne connue pour son engagement contre la grossophobie, c’est à dire les stigmatisations et les discriminations subies par les personnes en surpoids ou obèses.

Pas un téton à l’horizon. Ni même de poil pubien ou un semblant d’organe génital. La photo, signée Jérôme Bonnet, s’arrête au-dessus de la taille. Pourtant, elle aussi, elle avait été suspendue temporairement.

Alors qu’au mois de février 2019, la plateforme de partage de photos avait supprimé l’image d’une mannequin “grande taille” en sous-vêtement pour “pornographie”, des utilisatrices, à l’instar de Gabrielle Deydier, avaient fait remarquer à leurs abonnés, un mois plus tard, que cette même application contraignait les internautes à s’abonner à certains hashtags, comme le mot “grosse”. La raison? Les publications qui lui sont liées encourageraient “un comportement pouvant nuire ou conduire au décès”, selon Instagram.

Ce mois-ci, rappelle le Guardian, le PDG d’Instagram Adam Mosseri a reconnu qu’il était nécessaire de réviser les principes de fonctionnement de l’algorithme et de modération en matière de harcèlement. L’exemple de Celeste Barber montre que rien n’a encore été fait.

À voir également sur Le HuffPostJames Corden dénonce les propos grossophobes d’un confrère



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