L’appli de lecture Rocambole, « dernière alternative pour lire » en plein confinement


Rocambole

L’appli française de lecture « Rocambole » propose un catalogue de 70 séries à lire à ses abonnés

LIVRES – Plus d’un Français sur deux (54%) a lu au moins un livre pendant le premier confinement, d’après un sondage de l’institut Harris Interactive. En sera-t-il de même pendant ce reconfinement imposé depuis dix jours par la propagation de l’épidémie de Covid-19? Alors que la fermeture des libraires puis des rayons culture des Fnac et des grandes surfaces prive une grande partie des Français d’un accès à la lecture, une petite application française veut nous ”(re)faire lire tous, tous les jours”. Une initiative séduisante, à condition évidemment, d’aimer lire des histoires sur un écran.

Tout le monde n’a pas forcément l’envie ni le courage de se lancer dans un pavé de 700 pages. Mais ce que tout le monde (ou presque) a, en revanche, c’est un smartphone et 5 minutes par jour à remplir sur un trajet en bus ou en métro, dans une file d’attente ou lors d’une pause café pour se changer les idées.

Camille Pichon et François Delporte, les cofondateurs de Rocambole – le nom du héros du roman-feuilleton Les drames de Paris de Pierre Alexis de Ponson du Terrail (19e siècle) – sont partis de ce constat pour créer leur appli au début de l’été 2018. Après une première version de l’appli à l’automne 2019, le hasard veut que le lancement officiel de Rocambole se fasse pendant le premier confinement, au printemps 2020.

Polar, SF, fantasy… 70 séries originales à lire

“Moins d’un an après notre lancement, notre catalogue propose 70 séries originales”, toutes décomposées en épisodes – des chapitres en somme – qui équivalent à 5 minutes de temps de lecture, explique au HuffPost François Delporte, cofondateur et directeur général de l’appli. Écrites par des auteurs “semi-professionnels, voire professionnels”, mais aussi des scénaristes venus du monde du cinéma ou des séries télé, toutes ces histoires sont inédites et proposées en exclusivités aux abonnés, pour 3,99 euros par mois ou 39,99 par an. On y a par exemple lu une courte aventure de Sherlock Holmes, L’affaire du petit canotier d’Aurore Kaé, en 25 minutes, ou le polar Le mystère de Chesnut Street de Pascal Cordier en un peu moins d’une heure.

Rémunérés avec à-valoir auxquels s’ajoutent 10% des droits d’auteur comme dans le circuit des maisons d’édition classiques, les auteurs et autrices gardent le droit de faire publier leurs livres en version papier ailleurs. “L’une de nos histoires originales va bientôt être publiée chez Hachette, une vraie reconnaissance de qualité”, assure François Delporte. 

Rocambole

Suspense, polar, SF, humour… Le catalogue de Rocambole balaie plusieurs genres littéraires

Passée un temps en version gratuite pendant le premier confinement, Rocambole a vu sa croissance multipliée par cinq à cette période. “Il y a eu un vrai boum, une redécouverte de la lecture numérique”, analyse le cofondateur. Alors que la France est reconfinée depuis le 30 octobre et que la fermeture des rayons culture des supermarchés s’est ajoutée à celle des librairies, l’existence de cette application française prend tout son sens.

“Objet de curiosité” ou concurrent?

″Évidemment que lire est une activité essentielle! Lorsqu’on interroge les 30 millions de Français qui lisent tous les jours, la raison principale qu’ils évoquent est: s’évader, soutient François Delporte. Rocambole se positionne comme un des derniers acteurs qui, si vous n’avez pas de livres chez vous, permet d’accéder à la lecture sans passer par Amazon. C’est la dernière alternative aujourd’hui qui propose de la lecture pour tous, tout le temps.”

Car si les librairies proposent le click and collect (avec des frais d’expédition pris en charge par l’État), elles sont loin d’être implantées uniformément sur tout le territoire français. “Une librairie française sur cinq [soit 700 des quelque 3200 recensées, NDLR] se tient entre les barrières symboliques du périphérique, c’est-à-dire sur une surface de 100 kilomètres carrés”, rappelle Slate

Certains acteurs du monde du livre ne pourraient-ils pas voir en Rocambole un concurrent? “On n’est pas là pour voler des auteurs ou des acheteurs aux maisons d’édition. Et on ne fait pas la concurrence déloyale aux librairies, dans le sens où on ne vend pas ce que les libraires vendent”, balaie François Delporte. “Notre envie c’est de permettre à toute une tranche de la population de retrouver le plaisir de lire des histoires et pour un prix accessible.”

Pour l’heure, le cofondateur de l’appli aux quelque 30.000 abonnés assure être vu comme “un objet de curiosité” par le monde de l’édition, plutôt qu’un concurrent ou un allié. ”Ça reste pour le moment un gros challenge de faire payer pour lire un format nouveau sur un support numérique”, concède-t-il. Selon le baromètre 2017 du Syndicat national de l’édition (SNE), 72% des Français n’envisagent pas de lire un ebook. Mais après les deux confinements vécus en 2020, cela pourrait peut-être changer.

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