Le ministère des Outre-mer rappelle « l’obligation » de se faire tester pour s’y rendre


ASSOCIATED PRESS

Pour se rendre dans les collectivités et territoires d’Outre-mer, le test de dépistage du Covid-19 est obligatoire. Mais les populations locales n’en sont pas moins inquiètes face à l’afflux de touristes. (photo d’illustration prise à Orly le 6 novembre 2020)

CORONAVIRUS – Le timing est tout sauf un hasard. Ce jeudi 24 décembre, le ministère des Outre-mer a tenu à rappeler “l’obligation” d’avoir un test négatif au coronavirus pour voyager de la France hexagonale vers les territoires ultramarins, alors que les interrogations sur les risques provoqués par ces afflux de population sont nombreuses. 

Depuis le mois de juillet, toute personne quittant la France hexagonale pour se rendre dans les Outre-mer est obligée de présenter un test négatif à l’embarquement. Le test PCR, le plus fiable, reste le plus recommandé. Toutefois, face aux difficultés à se faire dépister dans les temps, les tests antigéniques sont également acceptés, à condition qu’il soit sensible à la nouvelle souche du coronavirus découverte au Royaume-Uni, précise le ministère, qui fournit une liste des tests aux normes.

Dernière option, les passagers pris de court peuvent également se rendre dans les centres de dépistage mis en place à l’aéroport de Paris-Orly ou de Paris-Charles de Gaulle. Ils devront prendre rendez-vous en ligne et compter 2 heures entre l’arrivée au centre de dépistage et la remise du résultat. Comprendre: il vous faudra arriver très en avance à l’aéroport si vous vous faites tester le jour même de votre départ.

“Alors que la saison touristique débute en Outre-mer, le ministère des Outre-mer rappelle cette obligation: les contrôles seront systématiques pour s’assurer qu’elle est bien respectée”, insiste le ministère dans son communiqué. 

Une insistance qui se veut rassurante, et pour cause: depuis plusieurs semaines, une partie des Ultramarins se montre très inquiète des risques sanitaires engendrés par les arrivées massives de population. 

En effet, à l’inverse de la France hexagonale, encore soumise à de nombreuses restrictions, les collectivités et territoires d’Outre-mer reprennent peu à peu une vie quasi normale: les restaurants ont rouvert, le couvre-feu n’a pas cours, les plages sont accessibles… De quoi attirer les touristes, Français comme internationaux. “Il y a eu une ruée de dernière minute vers les Antilles, ce sont des destinations soleil, abordables, les restaurants sont ouverts et c’est la France”, explique Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme. 

Ruée vers l’Outre-mer, une bonne nouvelle…ou pas

Pour les acteurs du tourisme, c’est plutôt une bonne nouvelle. Après une saison estivale en berne, un léger rebond pour la fin de l’année est évidemment plus que bienvenu: les comités du tourisme régionaux, soutenus par le gouvernement, multiplient depuis plusieurs mois les appels de phare, sous forme de publicités télévisées, à destination du public hexagonal.

Mais tout le monde n’est pas aussi ravi. En Guadeloupe, mais aussi en Martinique, seul territoire d’Outre-mer à avoir subi un deuxième confinement en novembre, de nombreuses voix se sont fait entendre pour dénoncer une politique incohérente et dangereuse pour les populations locales, notamment au vu des moyens limités en termes de prise en charge hospitalière dans certains territoires.

Malgré les consignes gouvernementales, une partie de la population pointe en effet le risque réel de se retrouver avec des tests trafiqués, le non-respect des gestes barrières – notamment le port du masque – par les nouveaux arrivants sur place, ou encore le faible nombre de personnes qui acceptent de se soumettre à un second dépistage 7 jours après leur arrivée. À noter que celui-ci est fortement recommandé par les autorités sanitaires, mais n’a rien d’obligatoire.

Interrogé par Europe 1, André Cabié, chef du service des maladies infectieuses du CHU de Martinique, reconnait que l’afflux de personnes est “un risque supplémentaire”. Mais “il faut arriver à organiser les choses et que tout le monde se responsabilise”, estime-t-il. 

Du côté des autorités, on veut pourtant rassurer, à grand coup de campagne de sensibilisation, y compris dans les aéroports et par les acteurs du tourisme. Mais ces mesures sont loin d’apaiser certaines colères, exacerbées par le climat de défiance vis-à-vis de l’État qui se manifeste fréquemment et depuis plusieurs mois en Martinique comme en Guadeloupe.

“Nous ne pouvons pas comprendre que le gouvernement, qui dit lui-même être dans une situation très alarmante vis-à-vis du virus, ouvre la Guadeloupe aux touristes”, dénonçait ainsi mi-décembre Élie Domota, le leader de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), connu pour son rôle dans la grève contre la vie chère de 2009. “Alors que dans le même temps, ils interdisent aux Français d’aller dans les stations de ski, à l’étranger en Europe, pour barrer l’avancée du virus.”

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