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Benoit PEYRUCQ / AFP
CHARLIE HEBDO – Le procès des attentats de janvier 2015 touche à sa fin. Ce lundi 7 décembre doit commencer le réquisitoire à deux voix des avocats généraux Jean-Michel Bourlès et Julie Holveck doit commencer. Suivront les plaidoiries de la défense, avant le verdict le 16 décembre.
Initialement, les réquisitions étaient prévues le 2 novembre. Elles ont été reportées d’un mois en raison de l’état de santé de l’un des accusés, Ali Riza Polat, diagnostiqué positif au Covid-19 en compagnie de deux coaccusés puis victime de complications médicales.
Jugés depuis le 2 septembre devant la cour d’assises spéciale de Paris, les 14 accusés sont poursuivis pour leur soutien logistique présumé aux frères Saïd et Chérif Kouachi et à Amédy Coulibaly, auteurs des attentats de Charlie Hebdo, Montrouge et de l’Hyper Cacher.
Ces attaques, premières d’une vague sans précédent, ont fait 17 morts et semé l’effroi en France et dans le monde.
Des peines allant de dix ans de prison à la perpétuité
Âgés de 29 à 68 ans, ils encourent des peines allant de dix ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité. Trois d’entre eux sont jugés par défaut, dont Hayat Boumeddiene, ex-compagne de Coulibaly, introuvable depuis sa fuite en Syrie quelques jours avant les attentats.
Dans le box, Ali Riza Polat est celui qui risque le plus gros. Présenté comme “le bras droit” de Coulibaly et la cheville ouvrière des attentats, ce Franco-turc de 35 ans, jugé pour “complicité” de crimes terroristes, a multiplié à l’audience les invectives et les coups de sang.
Affirmant volontiers son penchant pour l’argent, les “escroqueries” et le trafic de drogue, cet ami proche du tueur de l’Hyper Cacher réfute toute responsabilité dans les attaques, assurant n’avoir rien su des projets mortifères de Coulibaly.
Une défense partagée par l’ensemble de ses coaccusés. Mis en cause pour avoir recherché et fourni des armes au trio meurtrier, ces délinquants multirécidivistes, jusque-là jamais condamnés pour terrorisme, ont nié toute radicalisation et proclamé leur innocence.
Deux filières identifiées par l’enquête
Simples lampistes ou jihadistes adeptes de la dissimulation? Au-delà du quantum des peines, le réquisitoire sera l’occasion pour l’accusation de démontrer le bien-fondé des charges retenues contre les accusés, malgré parfois le manque d’éléments matériels les concernant.
L’enquête menée par les juges d’instruction antiterroristes a permis d’identifier deux “filières” impliquées dans la fourniture des armes retrouvées en possession d’Amédy Coulibaly : l’une “belgo-ardennaise”, l’autre “lilloise”.
Plusieurs déplacements entre Paris, Lille et la Belgique ont ainsi été mis à jour à l’aide de la téléphonie, clé de voûte de l’accusation. Quelques traces ADN ont par ailleurs été retrouvées, ainsi qu’une liste d’armes signée de la main d’Ali Riza Polat.
Cette “liste de courses”, retrouvée dans le garage de Metin Karasular, un trafiquant de Charleroi, mentionne des kalachnikov, des chargeurs, des explosifs, un lance-roquettes, en demandant leur prix. Des types d’armes retrouvées en possession de Coulibaly et des frères Kouachi.
La façon dont cet arsenal a transité puis atterri entre les mains des terroristes reste toutefois peu claire. Et de nombreuses zones d’ombre entourent le dossier, que les débats devant la cour d’assises spéciale n’ont pas permis de lever.
“Des trous dans la raquette”
“Malgré quatre ans d’instruction, il y a peu de certitudes”, estime l’avocate de Polat, Isabelle Coutant-Peyre, qui rappelle que l’origine des armes des frères Kouachi n’avait jamais été établie. “Il y a des trous dans la raquette”, abonde sa consoeur Safya Akorri.
De quoi fragiliser l’ensemble de l’accusation? Pour les quelque 200 parties civiles constituées au procès, les mensonges et revirements répétés des accusés face à la cour prouvent cependant leur implication dans le dossier.
“Les accusés qui étaient si proches de Coulibaly vont nous faire croire qu’ils n’ont rien su? Ce n’est pas crédible”, a estimé lors de sa plaidoirie Marie-Laure Barré, avocate de plusieurs victimes de l’attaque de Charlie Hebdo, dénonçant un “déni de vérité”.
Un message relayé par Elie Korchia, avocat de deux otages de l’Hyper Cacher: “la vérité n’a pas jailli de nos débats, mais elle peut jaillir du verdict. C’est ce que nous devons aux victimes”.
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