Macron conclut l’année De Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises


FRANCOIS MORI via Getty Images

Emmanuel Macron devant la statue du général de Gaulle à Paris à l’occasion de la commémoration du 8 mai. 

HISTOIRE – Et de trois. Emmanuel Macron est attendu ce lundi 9 novembre à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne) en début d’après-midi pour commémorer le 50e anniversaire de la mort du général de Gaulle, plus que jamais la figure tutélaire de la politique française. Point final de l’année de Gaulle, un cycle de commémoration dont les deux précédentes étapes avaient fait tiquer des historiens, cet ultime épisode sera sera célébré sobrement avec seulement 30 participants dans le petit village de 700 habitants, crise sanitaire oblige.

Côté programme, le Président se recueillera sur la tombe blanche où Charles de Gaulle repose aux côtés de son épouse Yvonne et de sa fille Anne, dans le cimetière qui jouxte l’église. Accompagné par les trois petits-fils de Gaulle, il sera accueilli à la Boisserie, la demeure où le général vécut les derniers 18 mois de sa vie après avoir quitté l’Élysée.

Il participera à une cérémonie militaire devant la Croix de Lorraine, immense monument en granit rose de 43,50 m, qui domine les bois et les vignes environnants. Aucun discours n’est prévu et la messe qui se déroule chaque année a été annulée en raison de l’épidémie. 

“Encaisser le tragique de l’Histoire”

Alors que certains de ses prédécesseurs, comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, se recueillaient tous les 9 novembre à Colombey, Emmanuel Macron ne s’y est rendu qu’une seule fois depuis le début de son quinquennat, le 4 octobre 2018, pour marquer le 60e anniversaire de la création de la Ve République par De Gaulle. Mais il a célébré à deux reprises ces derniers mois le souvenir de son illustre prédécesseur à l’occasion de l’année de Gaulle marquant les anniversaires de sa naissance il y a 130 ans, de l’Appel du 18-Juin il y a 80 ans et de sa mort.

À l’Élysée, on souligne que ce déplacement sera aussi un moyen pour le chef de l’État de montrer que, malgré la crise sanitaire, le cycle commémoratif demeurait ininterrompu. “Rien ne doit nous empêcher de partager une transmission, nationale et républicaine, les cérémonies sont maintenues”, soulignait l’entourage d’Emmanuel Macron en amont du déplacement. Il y a aussi un autre intérêt: invoquer l’esprit du général de Gaulle dans un contexte où le pays fait face à une crise sanitaire doublée d’une séquence terroriste. “Faire preuve de résilience et de volonté face au tragique de l’Histoire, les temps du moment nous le disent tous les jours”, indique encore l’Élysée.

En d’autres termes, souligner la capacité du pays à “encaisser le tragique de l’Histoire, à toujours se relever, et à toujours aller de l’avant”, souffle un conseiller élyséen cité par Le Figaro, qui ajoute: “il veut évoquer les deux qualités propres au peuple français dans les épreuves: la résilience et la volonté”. Pour autant, Emmanuel Macron n’a pas attendu ces difficultés pour adopter la geste gaullienne. 

Au début de son quinquennat, le jeune président -né sept ans après le décès du Général- avait multiplié les clins d’oeil, en posant, sur sa photo officielle, avec un volume des Mémoires de guerre ou en ajoutant la croix de Lorraine sur le blason de l’Élysée. Ses opposants politiques lui ont reproché de récupérer cette figure désormais quasiment incontestée, même à gauche. “Personne n’est dupe” de cette récupération, avait ainsi accusé en mai Christian Jacob, le président des Républicains, en soulignant que “beaucoup s’y sont déjà essayé… sans succès!”. Emmanuel Macron, c’est “l’anti-de Gaulle absolu”, a fustigé Marine Le Pen.

Semaine mémorielle

Pour Emmanuel Macron, la semaine qui s’ouvre sera très mémorielle: après Colombey, il commémorera mercredi matin l’Armistice du 11 novembre 1918, une cérémonie qui marquera le centenaire de l’inhumation du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Puis, en fin d’après-midi, il présidera l’entrée au Panthéon de l’écrivain Maurice Genevoix, auteur de “Ceux de 14” sur les combattants de la Grande Guerre.

Une “célébration innovante” qui se déroulera devant et dans “le temple de la République” qui accueillera, pour la première fois en un siècle, de nouvelles œuvres artistiques pérennes: six données par l’artiste allemand installé en France Anselm Kiefer et une oeuvre sonore de Pascal Dusapin qui comprend la lecture des noms de 15.000 soldats morts en 14-18.  

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