Mort de Piem, dessinateur satirique du « Petit Rapporteur »


GUILLAUME SOUVANT / AFP

Piem, ici photographié en janvier 2015.

DÉCÈS – Le dessinateur humoristique Piem, qui croquait avec malice l’actualité dans l’émission des années 70 “Le Petit rapporteur”, est décédé ce jeudi 12 novembre, jour de son 97e anniversaire, a annoncé son fils aîné à l’AFP. 

“Dessinateur de presse, humaniste”, Piem, de son vrai nom Pierre Georges Marie de Barrigue de Montvallon, avait aussi “collaboré pendant 36 ans au Figaro, puis à La Croix”, a rappelé sa famille dans un communiqué. 

“Il est malin, il a décidé de partir le jour de son anniversaire, c’était quelqu’un d’étonnant, notre père” a déclaré à l’AFP le dessinateur Barrigue, le premier de ses sept enfants. 

“Beaucoup de tristesse”, a réagi sur Twitter Jean-Luc Roméro-Michel, le président de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) dont Piem “fut un militant”. “Il est dans mon cœur ”, a-t-il ajouté.

“Espiègle et généreux, il était d’une grande sensibilité”, a déclaré dans un communiqué le maire LR de Saint-Étienne Gaël Perdriau au sujet d’un “des plus fidèles participants” de la fête du livre stéphanoise. 

“Ce qui a marqué ma carrière c’est ‘Le Petit Rapporteur’, la télévision, le fait d’entrer chez les gens”, racontait le dessinateur.

Né le 12 novembre 1923 à Saint-Étienne, et bien qu’issu d’une famille ayant appartenu à la noblesse de robe d’Aix-en-Provence, cet artiste-peintre affichait clairement ses idées de gauche.

“Je n’ai jamais cessé d’être le vilain petit canard de la famille. Tous mes frères étaient bruns, moi j’étais roux”, plaisantait souvent ce fumeur de pipe invétéré, troisième d’une fratrie de cinq enfants.

Diplômé de l’École nationale des Beaux-Arts, il aimait à décliner en riant son nom d’artiste de la façon suivante: “Prodigieux, Irrésistible, Extraordinaire, Modeste”.

“Le Petit Rapporteur” marquera l’histoire de la télé par son impertinence

Dessinateur humoristique tout au long de sa vie, il exerça dans divers journaux, dont Le Point.

Il avait aussi “une vocation contrariée d’homme de spectacle”, raconte le journaliste Pierre Bonte qui l’a côtoyé dans l’aventure du “Petit Rapporteur”.

“Pour se défouler, il se produisait le soir dans des music-halls ou des cabarets parisiens comme La Tête de l’Art où il commentait l’actualité à sa façon”, poursuit-il.

C’est à Bobino, en 1974, où il faisait la première partie d’un spectacle de Jacques Martin qu’il est recruté par l’animateur pour entrer dans l’équipe de la nouvelle émission qu’il doit lancer sur TF1.

Diffusée en direct, chaque dimanche entre janvier 1975 et juin 1976, “Le Petit Rapporteur” marquera l’histoire de la télévision par son audace et son impertinence.

“La petite semaine de Piem”, revue de presse en dessins qu’il réalisait sous les yeux des téléspectateurs deviendra une chronique du programme et vaudra à son auteur une grande popularité.

Piem y côtoiera pendant dix-huit mois Pierre Desproges, Daniel Prévost ou Stéphane Collaro. Doyen de la bande du haut de ses 51 ans, le caricaturiste était à l’époque surnommé “l’ancêtre” à l’antenne par Jacques Martin.

Le concept du “Petit Rapporteur” fut repris par la même équipe sur Antenne 2, sous le nom de “La Lorgnette”, entre 1977 et 1978.

Piem vivait retiré depuis de longues années en Touraine, dans la petite commune de Notre-Dame-d’Oé. Il était commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.

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