Navalny affirme avoir piégé celui qui l’a empoisonné dans une vidéo


RUSSIE – L’opposant russe Alexeï Navalny a affirmé ce lundi 21 décembre avoir piégé au téléphone un agent du FSB, les services de sécurité russes, pour lui faire admettre qu’il avait bien été la victime d’un empoisonnement cet été en Sibérie.

L’ennemi juré du Kremlin, qui a publié la conversation sur son blog, explique avoir déguisé son numéro de téléphone et s’être présenté comme un assistant du Secrétaire du Conseil de sécurité russe et proche de Vladimir Poutine, Nikolaï Patrouchev, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article

Il aurait ainsi fait croire à Konstantin Koudriavtsev, présenté comme un expert des armes chimiques travaillant pour le FSB, avoir besoin de son témoignage pour rédiger un rapport sur la tentative d’assassinat de l’opposant.

Navalny n’apporte pas de preuve de l’identité de son interlocuteur, indiquant dans son blog que “toute expertise vocale démontrera qu’il s’agit bien” de Koudriavtsev. 

Une “provocation” pour le FSB

Les services de sécurité russes ont dénoncé comme une “falsification” et une “provocation” le piège téléphonique que l’opposant Alexeï Navalny assure avoir tendu à un agent russe ayant participé à son empoissonnement.

“La vidéo avec (cette) conversation téléphonique est une falsification”, a indiqué le FSB dans un communiqué, cité par les agences de presse russes, ajoutant que “la prétendue ‘enquête’ diffusée par Navalny” constitue “une provocation planifiée” qui n’aurait pas été possible “sans le soutien technique et organisationnel de services spéciaux étrangers”.

La Russie a toujours démenti que l’opposant ait été empoisonné à Tomsk le 20 août, affirmant que la substance toxique de type Novitchok détectée par des laboratoires occidentaux après son hospitalisation en Allemagne n’était pas présente dans son organisme lorsqu’il était traité en Russie.

Un “caleçon” empoisonné

L’agent russe supposé révèle ainsi à Navalny que ses vêtements auraient été enduits avec une solution, chaussettes et slip inclus. Il laisse également entendre qu’il n’a pas participé à l’empoisonnement lui-même, mais à la destruction de preuves a posteriori.  

L’opposant a obtenu, dit-il, le numéro de téléphone de l’agent via le site d’investigation anglais Bellingcat, qui a publié le 14 décembre, avec plusieurs médias, une enquête disant identifier huit agents du FSB, dont Konstantin Koudriavtsev, impliqués dans une filature de l’opposant depuis des années.

Navalny assure avoir appelé, en collaboration avec Bellingcat, toutes ces personnes, mais que “toutes ont rapidement raccroché”, jusqu’à la conversation avec Koudriavtsev. Ces appels ont eu lieu quelques heures avant la publication de l’enquête du site anglais.

Interrogé sur cette première enquête jeudi, Vladimir Poutine avait laissé entendre que Navalny était surveillé, mais démenti tout empoisonnement, estimant que si des agents russes avaient voulu le tuer, il serait mort.

Alexeï Navalny, opposant politique spécialisé dans les enquêtes sur la corruption des élites russes, accuse le président russe d’avoir commandité la tentative d’assassinat.

Au gré des versions, les autorités russes ont par le passé rejeté tout empoisonnement ou alors accusé tantôt les services secrets occidentaux, les proches de Navalny ou l’opposant lui-même d’en être les auteurs.

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