Norman Thavaud répond aux accusations de racisme sur Instagram


ANTIRACISME – L’humour de Norman Thavaud n’est pas passé, cette fois-ci. Son dernier one-man show, “Le spectacle de la maturité”, tourne depuis un an, et il est disponible sur la plateforme Amazon Prime depuis le 4 décembre. C’est depuis ce support que la polémique est née.

Un extrait du spectacle a été diffusé sur Twitter et Instagram, et une des ses blagues est particulièrement mal passée. L’extrait en question est le suivant: “Alors la dernière connerie qu’ils ont trouvée pour lutter contre le racisme, c’est dans le prochain James Bond qu’ils tournent, là. Le prochain personnage de James Bond, Agent 007, sera incarné par une femme renoi. Est-ce qu’on n’est pas allé trop loin dans la lutte contre le racisme? ‘My name is Bond, Fatoumata Bond’. Non ça va pas du tout, je suis pas d’accord. OK?”

De quoi faire réagir sur les réseaux sociaux, où de nombreux tweets font part de leur indignation. La chanteuse Yseult a notamment accusé le Youtubeur de racisme et de misogynie ce 26 décembre.

Dans sa story Instagram, Norman se défend en disant qu’il s’agissait d’une blague sur l’hypocrisie de Hollywood qui change James Bond pour mettre en scène une femme noire, alors que la réalité est bien plus dure envers cette tranche de la population sur ce territoire. Qu’il ne s’agirait pour l’industrie du cinéma que de se donner bonne conscience.

Par cette défense, Norman tente sans doute d’inverser la tendance qui a consisté à voir partagé à de très nombreuses reprises le thread de “Décolonisons-nous”, un compte Instagram qui entend “décoloniser” les esprits, c’est-à-dire les rendre plus sensibles au racisme dit systémique dans le sens où il est ancré culturellement dans nos sociétés, notamment envers les populations qui ont été jadis colonisées. 

Ce compte Instagram prend soin de mettre l’extrait vidéo cité dans le contexte du spectacle, considérant à tort que rien ne rattrape l’humoriste.

Dans la suite du sketch, Norman dit: “James Bond, c’est un personnage, on l’aime comme ça. On doit pas le changer du jour au lendemain pour un quota. Ou alors OK. On dit que James Bond est une femme renoi. Mais alors le jour où on tournera le biopic de Michael Jordan au cinéma, je veux qu’on mette Thierry Lhermitte, et que tout le monde valide ça normal. Que genre la salle fasse ‘On est tellement ouverts…’”

“Je suis désolé de m’être moqué du prénom Fatoumata”

Alors, raciste ou pas raciste ? Du côté de Norman Thavaud, on est atterré par cette polémique. L’humoriste se défend de tout racisme dans une story Instagram publiée ce lundi 28 décembre peu après 17h. Il y présente ses excuses à ceux qui se seraient sentis offensés, pour le fait de s’être moqué du prénom “Fatoumata”. Mais il juge les accusations de racisme à son encontre malhonnêtes. Il égrène ainsi: “dans ce spectacle, je parle du privilège blanc, de la culpabilité blanche, de mes potes rebeu qui passent leur temps à se faire contrôler, des inégalités salariales… (…) bref, la liste est longue.”

Puis il ajoute en conclusion: “Le contenu du spectacle ne laisse planer aucun doute sur le fond de ma pensée et sur la sincérité de mon engagement antiraciste.”

Norman Thavaud/Instragram

Dans une story Instagram, Norman se défend de tout racisme dans son dernier spectacle.

En effet, sur plus de trois minutes de son sketch, l’humoriste star de Youtube s’épanche sur la difficulté de ses amis maghrébins à rentrer en boîte de nuit, ou bien encore sur sa femme de ménage qui coûterait plus cher parce qu’elle est blanche. Enfin, il admet l’existence d’un privilège blanc: “Nous les Blancs, on ne peut pas trop la ramener parce que c’est vrai qu’on est privilégiés, on appelle ça le privilège blanc. On en parle de plus en plus du privilège blanc, à cause de tous les jaloux qui aimeraient bien être à notre place.”

Au-delà de sa blague polémique sur James Bond, Norman Thavaud pointe ainsi du doigt dans son spectacle des énormités racistes. Mais le véritable enjeu se situe surtout sur la différence entre fiction et biographie. Norman compare James Bond à Michael Jordan et c’est sans doute là que le bât blesse. Car James Bond est une fiction, propre à s’adapter à tous les changements voulus par les scénaristes. Oui, aujourd’hui faire incarner ce personnage par une femme noire revêt une symbolique aussi forte que de mettre en scène un Noir américain président voilà quinze ans. En revanche, s’indigner qu’un biopic de Michael Jordan puisse être incarné par Thierry Lhermitte n’aurait aucun sens, parce qu’il s’agirait d’une biographie, qui a le devoir a minima de s’attacher aux faits.

Alors une erreur de comparaison vaut-elle la peine de créer une polémique ? Surtout quand tout le spectacle montre l’inverse de ce que ses détracteurs dénoncent.

A voir également sur Le HuffPost: Des archéologues ont découvert un restaurant de fast food dans les ruines de Pompéi.





Source link

Please follow and like us:

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.