Philippe Echaroux rend hommage aux Suruí au musée du Quai Branly


EXPOSITION – D’immenses visages nous observent depuis les arbres. “Dans la mémoire du monde” est une installation créée par le street artist marseillais Philippe Echaroux, exposée en nocturne durant tout le mois d’octobre au musée du Quai Branly, dans le 7e arrondissement de Paris, et visible depuis la rue de l’Université et le quai Branly. Le HuffPost a rencontré l’artiste et son oeuvre, dans une vidéo à découvrir en tête de cet article.

Philippe Echaroux rend hommage aux Paiter Suruí en projetant leurs portraits photos sur des arbres. Les Suruí font partie d’une tribu autochtone du Brésil qui luttent pour préserver l’intégrité de son territoire et le respect de son mode de vie. Habitants de l’Amazonie, ils sont en proie à la déforestation de leur foyer. 

“Malheureusement ces gens là sont dans une situation plus que critique. Je trouve ça important qu’ils appartiennent à notre mémoire. C’est une volonté de faire entrer ces indiens dans notre souvenir”, assure l’artiste. L’objectif de cette projection est de faire prendre conscience aux visiteurs les menaces qui pèsent sur ce peuple.

Une expo qui ne laisse pas de traces

Le Marseillais de 37 ans a décidé de projeter en lumière ses œuvres sur les feuillages des arbres afin de ne pas laisser de traces de son passage. “Je me suis dit que si je devais faire de l’art urbain je devais faire ça à ma propre manière. L’idée de la lumière m’est rapidement venue. Ça répondait à un cahier des charges que je m’étais fixé, que cela soit éphémère. Quand on défend l’écologie c’est très bien de produire quelque chose qui peut faire sens et qui laisse pas de traces”, explique Philippe Echaroux. 

Très sensible à la cause écologique et à l’environnement, l’idée du projet naît en 2014 lorsqu’il commence à projeter sur des murs et des arbres. “J’ai projeté sur un arbre à Marseille, il y avait du vent, j’ai trouvé ça intéressant. De fil en aiguille je me suis dit que ça serait bien de parler de déforestation et pour ça je me suis dit qu’il fallait taper sur des symboles que les gens connaissent déjà”, souligne l’artiste. 

Un voyage dans la forêt amazonienne

Deux ans plus tard, Philippe Echaroux se rend au Brésil, dans la région de l’Amazonie. Pour préparer son voyage et entrer en contact avec les Paiter Suruí, il s’est tourné vers l’association suisse “Aqua Verde” qui a fait le lien entre le photographe et la tribu. Là-bas, il est en immersion totale dans l’Amazonie.

“Ca s’est passé incroyablement bien. Ils nous montraient un tas de choses, ils nous amenaient à des endroits pour nous montrer des arbres, ils nous faisaient goûter de nouvelles choses. C’était un vrai échange de culture”, se souvient le street artist. Durant son voyage, l’artiste a seulement rencontré des problèmes techniques et matériels à cause de la pluie et de l’humidité. Le chef de la tribu Suruí avait assuré au photographe que si ce dernier était intègre et qu’il venait défendre la forêt, il ne lui arriverait rien. “Pas de piqûre d’insecte, pas de morsure, rien, il ne nous ait strictement rien arrivé”, affirme Philippe Echaroux. 

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